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BABIL D’OISEAUX

G. ROCIIEGROSSE (Salon clés Chain ps-Elysées)

Après Anclromaque, après la Chute cle Bahylone, la Mort de César , la Jacquerie, toutes œuvres (le haute portée, et. compositions de dimensions considérables, M. Rochcgrosse nous montre aujourd’hui un intérieur de harem en quelque pays imaginaire où l’a porté sa fantaisie; il le peint dans les dimensions d un petit tableau de chevalet, et il l’intitule Babil d'oiseaux. C’est une sorte de cage dorée, en effet, que celle où sont emprisonnées, pour les plaisirs de quelque seigneur oriental, ces belles esclaves Géorgiennes, Turques, Arméniennes ou Slaves, enlevées aux frontières par les Kurdes ou les Albanais. Elles n’ont qu’à babiller et à s’habiller tout le jour, et se groupent autour de la plus bavarde, empêchant les oiseaux rares emprisonnés dans les cages du harem de s’entendre entre eux.

M. Rochcgrosse est né k Versailles; il n’est âgé que de trente-huit ans. Après avoir étudié chez J. Lefebvre et G. Boulanger, il a vécu près du poète Théodore de Banville, son beau-père, et c’est certainement là que s’est développée la haute fantaisie qui caractérise toutes ses œuvres. M . Rochcgrosse a suivi la filière et a rapidement conquis une à une les médailles décernées au Salon; il est chevalier de la Légion d'honneur depuis i892.

LES PARNASSIENS JARDIN DE il. ALPHONSE LEMERRE PAUL CHABAS

(Exposition des Champs-Elysées)

Celle toile est pleine d’intérêt pour l’histoire littéraire de la poésie contemporaine, et la période de 1 8Go à la fin du siècle ; on voit là réunis tous les membres du cénacle littéraire qui, sous le nom de Parnassiens, se constitua à Paris sous la présidence d’un maître impeccable au point de vue de la forme, Lcconte de L’Isle, disciple et admirateur de Victor Hugo, le très personnel auteur des Poèmes barbares et des Poèmes antiques.

Reconnaissant envers les lettrés dont il s’était fait l’éditeur, M. Lcrnerrc à voulu consacrer le souvenir de ceux qui, après lui avoir coûté au début de lourds sacrifices, finirent par l’enrichir; ils avaient été ses clients, tous sont devenus scs amis.

Dans l’œuvre commandée à TL Paul Chabas, un portraitiste déjà connu par de bonnes toiles, on voit réunis : MM. Alphonse Daudet, François Coppée, Lecontc de L'Isle, Paul Bourget, de Hérédia, Sully Prud’homme, Paul Hervieu, Marcel Prévost, Paul Arène, Jules Breton, Cazalis, Léon Dicrx, Lafenestre, Paul Bonnelain, M. Lemouel cl le directeur des Beaux-Arts M. Roujon, en villégiature chez leur Mécène, entouré de sa propre famille, dans le jardin de la maison du bord de l’étang de Yille-d’Avray où a si longtemps vécu le grand peintre Corot.

M. Paul Chabas est un homme bien jeune encore ; il n’a que vingt-sept ans ; élève de M. Bougucreau et de Tony Robert-Fleury, il appartient plutôt, par scs tendances, à la jeune école. Celte toile, peinte en plein air, est intéressante par la difficulté vaincue de grouper un si grand nombre de personnages, tous connus et tous ressemblants.

La Source, do M. Tanzi pourrait représenter une de ces parties de la foret de Chantilly où on voit au malin les biches, les cerfs et les daims venir boire a la mare formée par les eaux de la Nonette, la jolie rivière qui arrose les domaines de Mfc'r le duc d’Aumale. On remarquera dans ce paysage les parties marécageuses si bien rendues, où la lumière qui perce à travers les baliveaux vient se refléter dans les flaques fangeuses.

Trois biches sont aux aguets, elles boivent à la source, et de lemps en temps dressent l’oreille.

M. Tanzi (Léon) est né à Paris, il est élève de MM. Bouguereau, J. Lefebvre et Benjamin Constant. Coté déjà comme un bon paysagiste, l’artiste est représenté au musée du Luxembourg par une belle composition, le Soir, et i acheté sa toile : l Sainl-Cucufa. Dès 1886, il a obtenu une médaille de troiîérité en 188!) une médaille d’argent. Cette année, à côté de son paysage il a exposé encore une petite toile exquise intitulée l'Etang.

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