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LE VACCIN DU CROUP

ANDRÉ BROUILLET

(Exposition des Chàmps-Élysées)

La peinture française reflète la vie; l’Ecole moderne a même proscrit tout sujet qui appartient au passé. Sans revendiquer pour la France seulement, et pour M. Pasteur seul, la découverte qui est regardée comme un bienfait pour l’humanité tout entière, il est bien certain que la méthode d’expérimentation du grand chimiste auquel on devait déjà la découverte des germes qui déterminaient la fermentation de la bière, le principe des microbes, source de toute une série de maladies, et le vaccin de la rage, avait été pour beaucoup dans la direction donnée à leurs études par quelques médecins allemands. La France est entrée immédiatement dans la voie; le docteur Roux, chef des laboratoires de l’Institut Pasteur, a agi sous la haute direction du maître, et toute une école s’est formée. Il fallait, pour venir en aide au mouvement et faire passer l’idée dans la pratique, constituer un fonds d’études d’abord, puis un second fonds d’application, acheter des chevaux, les préparer au service singulier qu’on attend d’eux; on a eu recours aux souscriptions publiques, et un seul journal, le Figaro , a recueilli près d’un million. Avec une incroyable rapidité, le service a été constitué; aujourd’hui on opère dans toute la France et on peut dire que la diphtérie est presque vaincue, ou, tout au moins, n’est plus mortelle.

Il est donc bien naturel que la grande découverte de l'application du sérum , comme « vaccin du croup » ait tenté un jeune peintre « dans le mouvement ». M. André Brouillet a consacré à cette représentation une large toile où il nous montre, dans une salle de l’hôpital Trousseau, le docteur Roux assistant à l’injection du sérum à une flllelle de deux à trois ans, injection faite parle docteur Moizard entouré de tous les jeunes docteurs du service de l’hôpital . Ce sera encore une des attractions du Salon pour ceux qui ont avant tout le souci du sujet, mais l’œuvre du peintre a aussi sa valeur comme œuvre d’art.

M. Brouillet, élève de M. Gérùme et de M. J. -P. Laureris, tous deux membres de l’Institut, est tout à fait de la jeune école par ses tendances, mais il n’en a pas adopté les exagérations. Cet artiste est âgé de trente-six ans; il a débuté en j 884 par une médaille de 3e classe, en 1886 il en a obtenu une seconde, et aujourd’hui il est chevalier de la Légion d’honneur.

Stella Maris

Bataille de fleurs

Le Général Macart (1796)

Une invasion

TEXTE DES GRAVURES

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