RÉVOLTE DE RAVIE
Emile boutigny
(Exposition des Champs-Elysées)
Bonaparte s’était emparé de Pavic ; si la marche avait etc rapide et la surprise générale, la soumission à l'invasion française ne s’imposait que par la force et une incessante pression sur les vaincus. Selon l’expression du grand tragique Alfieri, les Pisans pouvaient dire :
« Oui, nous sommes esclaves, mais des esclaves toujours frémissants. »
La révolte couvait, elle éclata, et Bonaparte dut une seconde ibis se réemparer de la ville. M. de Norvins, l’historien de cette période, s’exprime ainsi : « Le jour venu, pendant que l’artillerie française balaye les remparts avec la mitraille et les obus, les grenadiers brisent a coups de hache les portes de la ville... Pavic resta livrée pendant quelques heures à l’execution militaire; mais cédant aux prières du clergé et des magistrats, le général en chef révoqua
l’ordre de l’incendie.
front
Bonaparte, les lèvres serrées, s’avance au-devant des dignitaires prosternés; un moine frappe du , ia tcrre : le clergé, la croix en tête, est venu supplier le vainqueur de pardonner à ces citoyens exaltés par la servitude et qui brûlaient de chasser l’oppresseur.
M. Boutigny est né en i854 à Paris; il est élève de Cabanel; depuis quelques années chacune de ses compositions porte sur le public; l’an dernier, il nous montrait l’Empereur venant saluer le Brave des Braves, le maréchal Lannes, au moment où il vient de subir 1 amputation.
Les jurys ont distingué l’artiste dès i884 et il a obtenu trois médailles successives.