LE RÉVÉREND PÈRE ÉTOURNEAU DES FRÈRES PRÊCHEURS
PIERRE HUAS
( Exposition du- Champ de Mars)
Le Révérend Père Étourneau appartient à l’ordre des Frères Prêcheurs : comme tout ecclésiastique modeste confondu dans les rangs d’un ordre religieux, il ne se réclame point de vains litres, on le connaît en France pai ses prédications, le reste de sa vie appartient à son ordre dont il est une illustration.
Sa physionomie énergique a été très bien rendue par M. Pierre Iluas.
L'artiste est désormais regardé comme un portraitiste avec lequel 1 faut compter. Destiné d’abord il la carrière d'ingénieur, il devint 1 élève d Élio Dclaunay et. de Fromentin, morts tous deux et tpii ont laissé un grand nom dans l'École moderne. La vocation l'emporta et il se voua particulièrement au portrait ; on a de lui quelques effigies connues, un bon portrait du grand médecin D’Ricord, celui de M” Broisat, du Théâtre Français, celui de M. Fiat, le sculpteur. Il a exposé vingt-neuf fois, et depuis est passé des Cliainps-Élysées au Cliamp-dc-Mars il y a trois ans; c'est là qu’il expose le portrait actuel. On doit aussi au même artiste un grand portrait en pied de M»’ Ourjr, évêque de Dijon. M. Huas a une spécialité de portraits dessinés à la sanguine et au pastel, et dans cet ordre d'idées il compte déjà une galerie de cinq cents portraits d'enfants.
M. Levasseur est né en i853, il est élève de Delaplanche et de Dumont, il a obtenu sa première récompense au Salon de 1883, en 1887 il recevait une médaille de deuxième classe, et à l’Exposition universelle de i889 il a été distingué par une médaille nouvelle.
Scs œuvres antérieures les plus connues sont Après le Combat qui figure au Musée du Luxembourg 1 e Buste dé Th. Rousseau au monument du Parc du Luxembourg, et diverses œuvres commandées ou achetées par la Ville de Paris.
Chez Alphonse Lemerre, à Ville d’Avray
La Source
Saison du Merlan, le cueillag*
Révolté de Pavie (1796)
Portrait du R.
Etourneau
TEXTE DES GRAVURES
LE DECOUPLE
P. TAVERNIER (Exposition des Champs-Elysées)
C’est le commencement de la chasse ! Les piqueux ont amené les chiens tenus en laisse et accouplés ; on est arrivé jusqu’au bord de l’étang1 où, dans un bas-fond légèrement déprimé à la lisière du bois, on les a attachés un instant à un tronc. Déjà les chasseurs sont prêts, on va lancer la meute, on la découple. C’est une Opération difficile ; dans leur impatience d’entrer en chasse, les chiens tirent sur la laisse au point de la briser et le piqueux a peine à se défendre de ces soubresauts ; les bêles montent l’une sur l’autre, c’est a qui sera libre le plus lot, et chaque mouvement secoue celui qui les délivre, déjà très embarrassé, de sa trompe, qui est passée autour du cou, et de sa casquette, qui a roulé sur le sol. Un autre piqueux à cheval assiste à la scène et les chasseurs invités, au bord de l’étang, n’attendent que le départ pour prendre le galop. Ce ne sont qu” aboiements confus qui vont cesser un instant, mais qui reprendront de plus belle quand les chiens, en liberté, auront senti la bonne piste.
M. Paul Tavernier est né à Paris en 1 85 2, il a étudié sous Alexandre Cabanel et M. Guillaume!, et a suivi son penchant pour la chasse ; a l’heure qu'il est, il compte parmi les meilleurs spécialistes, il allie a la connaissance technique des choses de ce sport, des qualités de peintre qui nous le font apprécier. L’artiste a obtenu une médaille en i883 dans une spécialité à laquelle on 11e les prodigue point. Scs œuvres les meilleures sont intitulées : A Gauche eu Batterie — Retour de Destruction — Après la Chasse. M. Tavernier vit surtout a Fontainebleau; c’est son vrai centre d’étude ; la ioret est propice aux peintres de la vénerie qui ont perdu sans doute cet atelier toujours ouvert pour eux aux temps des chasses royales, mais qui trouvent des ressources dans les forêts voisines.