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DANTE ET LES AMIES DE BEATRICE

MARCEL RIEDER

(Exposition des Champs-Elysées)

C’est, le moment où le Dante, clans la Selva, rencontre, assises sur le tronc d’un arbre noueux dont les branches les recouvre comme un berceau, les amies de Béatrice. Le Poète voit en elles comme un reflet de celle en qui il a mis sa pensée secrète. La figure du Dante est celle qu’a consacrée la tradition, celles des compagnes de Béatrice appartiennent plutôt à notre monde réel qu'à celui où évolue la pensée du Poète. L’artiste n’a rien emprunté aux Primitifs, aux devanciers de tous les peintres, et aux contemporains du Grand Florentin.

M. Riccler est jeune , il est né en i863 à Tbann, dans le Haut-Rhin ; il a étudié le Dante et lui demande ses inspirations, l’année dernière il avait encore un souvenir du Poète, et avait exposé un Dante pleurant Béatrice. Le sujet est éternel. Chaque année, en Italie, en Angleterre, en France, on est sûr devoiraux expositions quelque épisode de la vie de l’auteur de la Divine Comédie: ils ne manquent point aux Champs-Elysées où M. Henri Martin, l'un de ceux qui a le plus souvent pris ses sujets dans les œuvres du Grand Florentin, a encore une fois pris sa figure austère pour symboliser l'Inspiration, et nous a conduit, lui aussi, dans cette foret de la Pineta, à la porte de Ravcnne, immortalisée par le poète dont les cendres ont été recueillies dans la ville de Théodoric. Et c’est ainsi que depuis la chapelle du Barjello de Florence, où, dans des fresques exécutées au quatorzième siècle, un peintre inconnu représenta pour la première fois les traits du Dante, toutes les générations dans les deux hémisphères transmettent à celles qui les suivent une image nouvelle du Grand Exilé.

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