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HORS DE COMBAT

P. GROLLERON

( Exposition des Champs-Elysées)

La journée a été chaude: la grosse cavalerie a dû. charger, dragons et cuirassiers ont laissé sur le champ de bataille bien des leurs, l’infanterie qui les soutenait a souffert aussi. Loin de tout village, dans la plaine où a eu lieu l’action il y a quelques heures à peine, quelques soldats de la ligne sont restés étendus morts ; au milieu de l’action on n’a pu ramasser les cadavres. Un cavalier isolé s’avance, le bras droit en écharpe, conduisant son cheval par la bride. La pauvre bête elle aussi est blessée, et cavalier et monture sont hors de combat. Le blessé va chercher secours au prochain village.

\I. Paul Grolleron, né en i85o a Seignelay, département de l’Yonne, est fidèle aux épisodes militaires, il est élève dcM. Bonnat. A trois reprises différentes il a mérité des récompenses au Salon ; la première lui a été décernée en 1882, a l’Exposition universelle il a été aussi distingué par une médaille de bronze. En i893, il avait aussi deux sujets militaires, les Frères d’ Armes et Au Bivouac.

C’est la un des mille petits épisodes de la vie militaire, qui fournit à nos peintres de bataille une source inépuisable. Vingt-cinq années de paix sous la menace constante de la guerre ; des incidents de frontière qui peuvent mettre à tout moment le feu aux poudres; une armée formidable, prête à toute heure à courir à la frontière ; c’est là une situation qui permet encore aux artistes voués à la peinture militaire de recueillir quelques suffrages dans les expositions ; mais on remarquera que depuis une dizaine d’années les artistes retournent en arrière et, en fait de compositions guerrières, demandent leurs inspirations à l’Empire et aux mémoires de cette époque.

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