LA MURAILLE
J.-PAUL LAURENS (Exposition des Champs-Elysées)
Aux premières années du treizième siècle, à l’époque où le Midi de la France, bien loin d’avoir constitué son unité, était encore divisé en comtés, la ville de Toulouse avait soutenu contre le comte de Montfort un long et pénible assaut qui s’était terminé par une soumission dont les habitants supportaient d’autant plus malle joug, que le vainqueur leur avait inspiré la dure condition de raser leurs murailles. Ouverte de toutes parts, la ville était ainsi à la discrétion du vainqueur, et, dans les luttes sans cesse renouvelées que se livraient entre eux les chefs des comtés voisins, elle pouvait à toute heure devenir la proie de l’ennemi. Le peuple, pris d’une patriotique ardeur, résolut de relever ses murailles au cri de « Mort a Montfort », et hommes, femmes, enfants s’employèrent avec le plus complet désintéressement à cette noble tâche.
La composition de M. Jean-Paul Laurens, destinée à orner l’une des faces de la grande salle du Capitole, nous montre tout ce peuple en action; pour symboliser le sentiment qui anime ceux qui sont à la Muraille, l’artiste n représenté, planant dans le ciel, les saints protecteurs qui tiennent l’étendard au cri de mort contre l’ennemi. Les tours de défense s’élèvent, on dirait une Tour de Babel; la superposition des plans, la fidélité archéologique, les formes précises de cette fortification adoptée aux usages du temps, ces lointains horizons bleuâtres qui font contraste avec un mouvement et une vie intense, ces détails si précis qu’on les dirait copiés sur nature ; constituent une grande page d’histoire digne en effet d’un Capitole.
M. Jean-Paul Laurenseslun enfant delà Haute-Garonne, il a atteint la soixantaine et est en pleine force de production ; c’est le peintre d’histoire dans toute l’acception du mot, ses grandes pages la Prédication de Sainte-Geneviève et sa Mort, au Panthéon, ses tableaux nombreux, tous épisodes de nos annales, pages ou feuillets de mémoire ; ont établi sa réputation. L’artiste est sur la brèche depuis quarante ans. Officier de la Légion d’honneur en 1878, il est Membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis i89i .
Découplés
La Sèvre Nantaise à Clisson
Dante et les amies de Béatrice
Bonaparte en Egypte
Hors de Combat
|| 'pi 1 p p Les Stratégistes (Guerre de Trente Ans)