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SUZANNE

M. Th. BARRAU ( Exposition des Champs-Elysées )

L’idée qui préside k la conception du sculpteur est de faire oublier la froideur du marbre et, par une coloration légère et toute de convention qu’il applique sur le modèle tout en restant dans les grandes et belles lignes sculpturales ; il arrive k un relief qui fait pour ainsi dire concurrence k la nature.

Al. Barrau voulait un prétexte k la nudité absolue tout en exprimant une idée ; il a choisi pour sujet Suzanne. — Agé de quarante-cinq ans, très remarqué au Salon des Champs-Elysées dans maintes occasions, et surtout lors de son exposition du groupe intitulé Matho et la Salammbô ; l’artiste a aussi obtenu un succès réel avec la Poésie française, la Vanneuse et la statue du général Kellermann. AL Barrau est un élève de Jouflroy, l’auteur du Premier Secret, et aussi de M. Falguière.

L’Aube (Petite Fresque);

M. Charpentier. — Illusion , Marbre) E. Aizelin. — Esclave (Plâtre E. Fontaine. — Fascination (Plâtre)

H, Lo.muari). — Diane (.Marbre) Vital Cornu. — Une femme (Marbre) Ri.ynùs y Guugui. — Jou-Jou (Plâtre

Jeunesse

Nous avions autrefois un peintre, célèbre, très célèbre, bien mort hélas, bien oublié; dont on ne revoit jamais les tableaux, qui ne figurent, que je sache, dans aucun musée officiel ; et qui a fait se iorclre de rire deux générations consécutives. C’était Biard, le célèbre Biard, qui peignait le Mal de Mer, ou Messieurs...

On ferme ! et Avant la Soirée, et Après la Soirée... enfin cinquante autres toiles qui étaient la gaieté du Salon. Un grand nombre de visiteurs, dès qu’ils entraient, s’écriaient : Allons d’abord voir les Biard ! Un certain nombre de visiteurs d’aujourd'hui cherchent consciencieusement les Brispot, elles demandent aux gardiens de salle ; mais M. Brispot, dont nous publions ici la toile Chez le Barbier, n’est pas un Biard; celui-ci visait à la caricature et excellait dans l’expression du ridicule, tandis que M. Brispot représente, dans une mesure qui se rapproche autant que possible de la vérité, l’observation attentive et exacte des épisodes de la vie du populaire et de la petite bourgeoisie ; on ne se tord point devant ses toiles, on rit, ou même ce qui est plus fin et marque bien la nuance: on sourit. Il y a certainement en M. Brispot du vaudevilliste, mais il y a encore plus en lui du peintre de mœurs.

Ce doit être un dimanche, par un beau temps, entre neuf et dix heures, les vieux du pays, anciens petits cultivateurs, qui ont du bien, comme on dit, attendent leur tour chez le barbier. C’est bien la tenue et l’aspect, tous sont en bras de chemise, assis sur un banc, devant, non point la boutique, mais la maisonnette du barbier, un rez-de-chaussée tout ouvert, avec une seule grande baie qui nous laisse voir le patient qu’on rase. Tout cela est gai, il fait soleil, la vigne grimpe le long de la muraille, les roses trémières vont fleurir ; et pour que la pointe comique ne manque point, le dernier rasé, plus jeune que tous ceux qui vont lui succéder, se caresse le menton en sortant des mains du barbier en passant devant la glace suspendue à la porte, et se montre assez satisfait de lui-même.

M. Brispot, né à Beauvais en 1847, es^ un élève de M. Bonnat, scs toiles les plus remarquées sont intitulées : En Province, — Noce surprise par l’orage, — Une Maîtrise, toile aujourd’hui au musée de Dieppe, — le Boi boit! — le Bon Bourgeois. Après avoir obtenu une médaille de troisième classe en i885, l’artiste a mérité une médaille d’argent à l’Exposition universelle.

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