‹ L'art en FranceChapitre 53 sur 92 · L. PERRAULT · texte numérisé non relu

L. PERRAULT

(Exposition des Champs-Elysées)

Il est difficile de ne pas penser à M. Bouguereau quand on regarde la Petite Mendiante de M. L. Perrault, et effectivement, quand on recherche à quelle Ecole l'artiste a étudié, on trouve le nom de M. Bouguereau à côté de celui de M. Picot, membre de l’Institut, qui florissait encore vers 1800, et à l’atelier duquel les plus fins d’entre nos peintres d’histoire de la période des Baudry et des Cabanel, se flattaient d’avoir étudié. C’est donc bien en face d’un classique que nous nous trouvons ici ; et de fait, l’artiste a les qualités de ces peintres voués à l’amour de l’antiquité, à l’étude du nu et aux sujets épiques. En réalité les deux personnages qui composent ce petit groupe sont bien étudiés, le peintre ne prend de la misère que ce qui est pittoresque et provoque la pitié, et la mendiante est charmante.

Si on nous demande pourquoi les jeunes peintres du salon du Champ-de-Mars sont rebelles à cette façon de peindre et affichent un certain mépris pour celte conscience dans l’exécution et ce fini de la forme qui dit tout ce que le pinceau peut dire ; c’est que leur idéal, à eux, est le mouvement et la vie, et qu’il croient y arriver par des soubresauts et des violences. La rapide impression leur suffit, tandis que le lent effort, l’expression achevée, le dessin et le modèle serrés, la recherche du détail, enfin le choix du sujet gracieux ; sont les vraies préoccupations des artistes de l’Ecole opposée.

Né à Poitiers vers i833, M. Perrault a été médaillé en i864. et décoré de la Légion d’honneur en 187Ü. Comme tout bon classique, il a beaucoup sacrifié à l’amour : l'Amour Vainqueur ; l'Amour Endormi ; le Réveil de V Amour ; la Toilette de Vénus; le Triomphe de l'Hyménée sont ses œuvres les plus connues.

Page 1