P. QUINSAC
(Exposition des Champs-Elysées)
La Déesse du Soleil s’est mise un instant h l’ombre des pommiers d’avril dans un de ces jardins aux fleurs éclatantes, comme on n’en voit que dans les légendes japonaises ou dans les poésies des poètes pei’sans. Autour d’elle, ses femmes portent le parasol, et, de toutes parts, les ferventes de la Déesse accourent à elle les mains pleines de fleurs. Ce joli panneau décoratif, peint par M. Quinsac pour un salon particulier, est certainement bien fait pour égayer la vue et faire naître des idées heureuses, mais on a trouvé que ces belles créatures, ces liouris délicieuses aux chairs nacrées, aux teints roses, qui effeuillent des orchidées aux pieds de la Déesse, n’avaient peut-être pas, au point de vue ethnographique, le type d’une race qui est désormais si connue des Européens, depuis que les œuvres des grands peintres Hokousaï et Yosaï sont sur les tables de la plupart de nos amateurs. C’est un Décaméi’on de jolies femmes costumées à la japonaise.
M. Quinsac est né à Bordeaux en i858, il est élève de M. Gérômect a gardé quelque chose de son maître dans la précision de son exécution. Il a exposé sans interruption depuis 1880 jusqu’en i895 et obtenu successivement deux médailles, et la « Bourse de voyage », qui permet aux jeunes artistes d'aller étudier pendant une ou deux années au dehors sans souci de la vie matérielle.