‹ L'art en FranceChapitre 72 sur 92 · ECOLE DE MISERE · texte numérisé non relu

ECOLE DE MISERE

Mr P. M. BEYLE (Salon des Champs-Elysées)

A la porte d’un village français, des Forains, de ceux qui voyagent à petite journée dans des voitures qui contiennent toute leur fortune et offrent un abri à la famille souvent très nombreuse, se sont arrêtés et fontdes préparatifsde fête. Le chef de la Troupe, qui fait un peu tous les métiers, même au besoin celui de peintre d’enseigne, prépare un gigantesque programme de la séance extraordinaire qu’il donnera le jour même. C’est le matin, on est sorti de bonne heure de la maison ambulante, et tout le monde est à l’œuvre. Celle-ci prépare le tambour, celle-là les instruments de musique ; la mère donne à téter à son dernier-né, le fils aîné surveille le pot-au-feu, et l’imprésario, grimpé sur une échelle, dessine d’une main sûre le portrait de « la Belle Falhmmah, âgée de dix-huit ans qui pèse trois cenls hilogs d'an seul bloc ». Il ne faut pas laisser ignorer à la foule qui cette après-midi va se presser autour des tréteaux que « celte superbe personne fut honorée par te sultan Moucharabi II el par la faculté de médecine de Tombouctou » .

Ecole de Misère, tel est le titre que l’artiste donne à son sujet, mais c’est une misère à l’air libre, et celle vie de bohème a de l’attrait pour tout ce monde-®

« France. — 10.

Mr P. M. Beyle est très connu et apprécié; hors concours depuis huit années il a obtenu sa première médaille en 1881 : il cherche l’anecdote, excelle dans les types, et ses œuvres ont souvent eu les honneurs de la gravure. Les plus connues sont : la Dernière Etape de Coco, Sur la Falaise, Pêcheuses de moules, le Baiser . du départ, les Brûleuses de varech, et la Mauvaise Nouvelle.

Page 1