‹ L'art en FranceChapitre 74 sur 92 · UN DEFI · texte numérisé non relu

UN DEFI

M. G. CASTIGLIONE (Salon du Champ-de-Mars )

M. Castiglione a toujours vécu dans le passé, il s’est plu depuis le premier jour dans les intérieurs de la Renaissance, il lui faut des Marbres, des Etoffes soyeuses, des Vertugadins, des Gentilshommes et des Précieuses, des fonds de Tapisserie, en un mot des Palais, et des scènes où ses personnages vêtus de satin et de velours puissent se mouvoir à l’aise. Le Défi, qui au milieu d’une brillante assemblée met en présence l’épée à la main deux gentilshommes qui se sont sans doute disputé le même cœur, n’est, comme toujours, qu’un prétexté à satisfaire le goût de l’artiste pour le faste et les représentations luxueuses. Le personnage « qui a pris la mouche » comme on dit, tout vêtu de satin blanc, est en train de répondre au Cardinal qui voudrait empêcher l’effusion du sang.

Celui qui sur la gauche se courbe avec obséquiosité, est, semble-t-il, prêt à servir de témoin et déclare le champ ouvert. Les dames s’effarent, les cavaliers prennent parti, une dame supplie en croisant les mains. On ne sait pas encore si tout s’arrangera.

M. Castiglione se réclame comme parenté du fameux Baldassare Castiglione, l’Exilé de Mantoue réfugié à la Cour d’Urbain, qui a lait un livre immortel Le Corlegiano. Né à Naples, l’artiste est fixé à

Paris depuis trente-cinq ans ; il a dépassé la soixantaine. Il a fait un portrait de l'Impératrice Eugénie, et on connaît de lui nombre tic scènes élégantes de la vie passée, entre autres Une Matinée che: le Cardinal Rezzonico. Très apprécié dans sa patrie, M. Castiglione, chevalier des Ordres d’Italie, est aussi chevalier de la Légion d’honneur.

Page 1