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ORANGS-OUTANGS ET SAUVAGE DE BORNÉO

M. M. E. FRËMIET

(Salon des Champs-Élysées)

Le sculpteur auquel on doit cette composition énergique est un des Animaliers qui représente le mieux cette spécialité depuis la mort de Barye, si apprécié dans toute l'Europe. Après M. Mène et le sculpteur Caïn, il reste presque seul à soutenir la renommée de l'Ecole Française. Mais M. Frémict ne s'est pas borné a représenter des animaux, il s'est mesuré avec la figure humaine, et on lui doit quelques statues équestres, la Jeanne cl’Arc de la place des Pyramides k Paris, le Velasquez du Jardin du Louvre et le Rajjet, peintre militaire, placées au Jardin de l'Infante et groupées autour de notre Musée national.

La composition qu’on met sous les yeux du lecteur fait partie d’un ensemble destiné k la décoration du Muséum d’histoire naturelle dont M. Dutert est l'architecte, elle est destinée au Jardin des Plantes, où on s’attache k représenter plastiquement le règne animal et le règne végétal, elle nous montre un orang-outang luttant avec les nègres de Bornéo, et il y a lk un drame palpitant. Poursuivi dans son icpaire par un des naturels du pays, l’orangoutang, dont la force est terrible, a triomphé de l’homme et le tient sous sa patte puissante; ses petits, alléchés par la vue d’une proie qui ne saurait leur échapper, montrent leur joie et s’apprêtent k prendre part k la victoire remportée sur le Roi de la création.

M. Frémiet est tout k fait célèbre aujourd’hui, et a obtenu toutes les plus hautes récompenses des Jurys d’exposition, et il a couronné sa carrière en obtenant une place k l’Académie des Beaux-Arts, section de sculpture. Il est âgé aujourd’hui de soixante ans. Il a accompli une évolution rare dans la vie d’un artiste ; classé comme sculpteur animalier, il a voulu conquérir le titre de sculpteur, sans épithète ; le voilà désormais désigné lorsqu’il s’agit d’élever une statue équestre.

COCKERS AU MARAIS

M. J. Bertrand GÉLIBERT (Salon des Champs-Élysées)

La Chasse au Marais deM. J. Bertrand Gélibert est plutôt un carnage qu’un divertissement de chasseurs. Les cockers nageaient paisiblement dans le marais, les chiens les ont. poursuivis b vue et, avant que les chasseurs aient pu les tirer, il se sont élancés dans les roseaux et semblent les dévorer k belles dents. Il y a lk beaucoup d’entrain et de verve, et l’épisode est très vif. M. Gélibert, qui est élève de son père dont le nom est très apprécié, est hors concours dans nos expositions; c’est un artiste qui dépasse maintenant la soixantaine. Un grand nombre de ses œuvres sont classées dans les châteaux et les rendez-vous de chasse, on voit une série de ses œuvres cynégitiques au château de Saint-Gerand-du-V aux, chez M. Collas ; il a décoré aussi le château de Chamant du vicomte Grcfï’ulhe, celui du prince de Wa°ram, et le château des Carayon-Latour ; enfin après avoir orné l’église de Cap-Breton dans les Landes” pays où il a pris naissance, l'artiste a travaillé pour l’Ecosse, pour l’Amérique et pour la Russie.

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