‹ L'art en FranceChapitre 80 sur 92 · M. B. DE GIRONDE · texte numérisé non relu

M. B. DE GIRONDE

( Salon du Champ-de-Mars )

En peignant une jeune femme nue, parée de sa seule beauté, assise au bord de l’eau vers laquelle s’avance un cygne qui semble vouloir lutter de blancheur avec ce beau corps, M. de Gironde a certainement pensé à la Léda de la fable, victime de la perfidie de Jupiter qui emprunta, au dire des Mythes de l’antiquité, la forme du bel oiseau pour la séduire. C’est un thème éternel pour les peintres de tous les pays et de tous les temps, et il est difficile de trouver deux éléments plus propices et plus dignes de leur pinceau. Longtemps éloigné des expositions après y avoir obtenu des succès, M. de Gironde cherche aujourd’hui une gamme nouvelle; sa palette change, sa principale préoccupation est de rendre la nature dans son aspect le plus tranquille et le plus simple ; et il a raison de croire qu’un panneau décoratif doit être conçu dans une gamme claire. C’est une heureuse transformation qui lui a valu un succès.

Né en 1 843 à Montauban, la patrie de Ingres, le peintre de la Slratonice, M. de Gironde a été plusieurs fois récompensé par les Jurys. L’Etal lui a acheté sa Judith. L’artiste est discret, il expose depuis bien des années déjà, mais la nature de ses sujets n’est pas faite pour exciter la curiosité ; il faut regarder attentivement ses œuvres toujours conçues dans une gamme douce, d’un dessin serré; M. de Gironde, en un mot, n’est pas de ces peintres qui tirent les visiteurs par la manche pour les forcer à regarder leur œuvre.

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