ENTRE DEUX ONDÉES
M. Georges LÀUGÉE
(Salon du Champ-de-Mars)
On dirait que M. G. Laugée a prévu pour en faire une actualité les circonstances dans lesquelles nos pauvres cultivateurs ont eu à rentrer les récoltes en cette saison entrecoupée d’ondées qui dix fois par jour mettaient leur bienêtre en question. On les voyait dans la plaine épier «entre deux ondées» le moment où ils pourraient soustraire les gerbes de blé et les bottelées de foin ou de luzerne à l’action désastreuse de la pluie.
La belle fille des champs est occupée à ce rude labeur et pousse vaillamment sa charretée. Elle arrivera à temps. Là-bas, à l’horizon, une vachère diligente courbe le dos comme les bêtes qu’elle ramène à l’étable, et le ciel est noir; et tout à l’heure une nouvelle ondée va fondre sur la plaine, le soleil reparaîtra encore. C’est le temps de l’année où les grands arcs-en-ciel apparaissent un instant, promesse d une journée meilleure et plus propice à la rentrée de la moisson et des fourrages
Elève de son père, dont on n’oublie point le nom, élève aussi de Henri Lelimann, M. G. Laugée fait une honorable carrière. On lui doit deux œuvres, l’une au Musée de Boulogne, En octobre, l’autre au Musée de Nantes, le Préféré. Le nom de M. Laugée est celui d’un artiste sérieux, qui pendant plus de trente ans a affronté toutes les expositions.