AU PASSAGE DE L'TLE PRENEUSE
M. J. -F. BOUCHOR (Salon des Champs-Elysées )
M. Bouchor, un nom bien connu, est un poète du pinceau, il demande ses sujets à la vie agreste ; la Normandie le séduit, son quartier général est à Freneuse dans la Seine-Inférieure. Là il a peint d’après nature le Passage du Bac, plus tard la Cueillette; aujourd’hui, sous des pommiers en ileurs, trois jeunes filles sont assises dans le repos, au bord d’une eau paisible, au printemps où tout est joie, où tout est espérance. C’est une œuvre douce, paisible, empreinte de poésie, une chose vue et sentie, qui n’a pas d’histoire et qui plaît aux âmes recueillies éprises de la nature.
M. Félix Bouchor est âgé de quarante ans, il est le frère d’un poète musicien, qui a fait revivre avec beaucoup de grâce et de piété les Marionnettes animées, mises au service de l’idée religieuse. Elève de Benjamin Constant et de Jules Lefebvre, M. Félix Bouchor ne se fixe pas toujours en France. 11 voyage volontiers, et dans ces derniers temps il a visité Constantinople d’où il a rapporté de bonnes études. L’Efat et diverses villes de France ont acheté quelques-unes de ses toiles : Pêcheurs aux verveux, pour le Musée de Lille; la Bollelée d’herbes, pour le Musée de Marseille, et les Paysans sarclant leur champ, pour le Ministère des Travaux Publics. Au fond M. Bouchor est bien à l'aise dans la campagne française et dans le village français dont il connaît les mœurs et sent bien la poésie.