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POUR L’HUMANITÉ ET POUR LA PATRIE

J. -J. WEERTS (Salon du Champ-de-Mars.)

Le souvenir du grand drame du Golgotha, vieux de dix-neuf siècles, s’allie ici, par un anachronisme qui est bien fait pour frapper la foule, au souvenir de la fameuse charge de cavalerie de « la bataille de Reichshoffen», un des plus cruels et des plus glorieux épisodes de la guerre francoallemande de 1870-1871. L’originalité du tableau réside dans le contraste qui place au pied de la croix, signe de rédemption, ce soldat français qui meurt pour la patrie en portant haut son drapeau. Le Christ qui meurt sur la croix rachète l’humanité, le simple soldat donne sa vie pour son pays. Le cheval mort sous son cavalier l’a entraîné jusqu’au pied du Calvaire et son dernier soupir s’exhale en même temps que celui du modeste héros.

Le peintre J. -J. Weerts est né en France, en 1847 '■> lauréat de l’Académie de Roubaix, il a montré des dispositions telles que le conseil municipal de la ville a voté une pension qui lui a permis de parfaire ses études à Paris, où il a suivi l’atelier d’Alexandre Cabanel. Dès 1869, l’artiste débutait au Salon des Champs-Elysées, et il obtint bientôt sa première médaille. Depuis cette époque il n’a cessé d’exposer avec succès; chevalier de la Légion d’honneur en 1884, il fut chargé en 1892 de peindre pour le plafond de l’Hôtel des Monnaies de Paris une grande décoration : « la Glorification de l’Exposition universelle de 1889 ».

Charles YRIARTE.

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