‹ L'art en photographieChapitre 12 sur 55 · NIA · texte numérisé non relu

NIA

LES CIELS

devons, dans la mesure de nos moyens, procéder, comme procède le graveur à l'eau-forte.

L'acide pyrogallique ne se comporte-t-il pas, du reste, sur le gélatino-bromure d'argent un peu à la manière de l'acide azotique dilué sur la plaque de cuivre?

Si certains d'entre vous m'ont trouvé un peu vif dans la condamnation que j'ai portée sur les révélateurs automatiques ', je me plais à espérer qu'ils reconnaîtront le bien fondé de mon arrêt, en envisageant la question du développement au point de vue que je viens d'indiquer.

Le révélateur, en effet, agit-il d'un seul coup et durant un temps relativement très court, il deviendra matériellement impossible de se livrer à cette sorte d'essai de morsure dont je vous parle. Au contraire, prenons-nous un révélateur, dilué, lent, présentant assez de souplesse pour être renforcé à plusieurs reprises et presque indéfiniment, il nous restera tout le temps d'agir et de tenter l'expérience proposée.

Ceci aura lieu avec le développement raisonné à l'acide pyrogallique.

Lors donc que nous avons un beau ciel dans le motif, attaquons la plaque en douceur, par un bain dilué, et voyons si le ciel vient en teinte plate ou par masses détaillées.

Dans le premier cas, qui est celui d'un motif avec ciel uniformément bleu, il n'y a qu'à continuer le développement sans s'occuper du ciel.

Dans le second, on laisse venir jusqu'au moment où le motif se silhouette sur la plaque, de façon qu'on sache nettement la place qu'il occupe.

Alors vous inclinez votre cuvette de manière que le révélateur baigne seulement les parties limitées par cette silhouette; vous agitez vivement le bain pour activer son action; vous le renforcez au besoin, toujours en laissant le ciel à découvert. Celui-ci, imprégné de révélateur, continuera à se développer sous l'action oxydante de l'air ambiant, mais cette action, si continue qu'elle soit, sera beaucoup plus lente que celle produite par le révélateur sur les parties de la plaque qu'il baigne complètement, parce que le révélateur ne sera sur le ciel qu'en très petite partie et non remué.

Voir : La Pratique en photographie.

Quoique cette manière de faire, en agitant le bain, ne laisse pas souvent de marques entre les deux parties de la plaque inégalement révélées, on peut encore éviter que ces marques se dessinent en passant un blaireau tout le long du bain confinant la partie de la plaque laissée à l'air libre, exactement comme si vous vouliez fondre une teinte sur les bords d'un dessin au lavis.

Il existe encore un autre procédé qui peut s'employer pendant le développement pour retarder la venue des ciels et des grandes lumières. Lorsque celles-ci apparaissent, sans qu'il y ait encore aucun détail dans les parties moins éclairées, on arrête le développement en lavant vivement le phototype. On le laisse ôgoutter, puis on touche les grandes lumières avec un pinceau imbibé de la solution suivante : bromure de potassium, 4 grammes; citrate de potasse, 2 grammes; eau, 100 c. c. On continue ensuite le développement comme d'habitude. Il y a arrêt de développement dans les parties ainsi traitées et l'on peut, par suite, pousser sans crainte les détails dans les ombres.

C'est un tour de main fort ingénieux. S'il ne donne pas des résultats complètement satisfaisants, il n'en ouvre pas moins une voie dans laquelle on peut s'engager pour tenter d'arriver à ces différences de morsures dont je parlais tout à l'heure.

En mettant toute votre intelligence et tout votre soin à un pareil développement, vous obtiendrez des nuages qui s'imprimeront sur la photocopie en même temps que le reste du motif. Si cependant l'impression des nuages n'était pas absolument ce qu'elle devrait être au moment où l'intensité de Timpression du motif exige qu'on arrête l'insolation, on pourrait cacher le motif et laisser l'insolation continuer sur le ciel.

Dans l'espèce, le meilleur, le plus simple et le plus pratique des procédés consiste à recouvrir le dos du phototype avec un collodion plus ou moins coloré, suivant les différences d'impression existant entre les terrains et le ciel, et à enlever au grattoir, ce collodion, sur toutes les parties correspondant au ciel1.

Ce petit truc ne sera presque jamais nécessaire lorsque, au

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