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développement au pyrogallol ne pourrait devenir meilleur en le complétant par les qualités que présentent d'autres révélateurs. Cette étude m'a semblé fort intéressante dans le cas surtout des instantanées. Lorsque l'on pose, le phototype harmonieux, ainsi que je l'ai démontré, peut assez facilement s'obtenir toujours par une surexposition plus ou moins longue suivant l'accentuation du sujet. On atteint même ainsi à l'orthochromatisme. Dans le cas de l'instantanéité nous n'avons jamais que de la sous-exposition, ce qui amène presque fatalement aux phototypes heurtés. Pour détruire ces oppositions trop violentes entre les lumières et les ombres, il fallait donner une certaine transparence aux noirs du phototype. L'iconogène me semblait tout indiqué, puisque sa plus grande caractéristique est de présenter des noirs très clairs. De plus il fouille aussi bien que le pyrogallol et, comme lui, laisse à l'argent déposé un grain extrêmement fin, alors que le grain de l'argent déposé par l'hydroquinone est gros et empâté. J'ajouterai encore que l'iconogène semble encore mieux fouiller les ombres sousexposées que ne le fait le pyrogallol.

De plus le carbonate de soude ne donne pas dans le développement à l'acide pyrogallique des résultats identiques à ceux du carbonate de potasse. Celui-ci fouille plus profondément et intensifie à la manière de l'ammoniaque, alors que celui-là fouille moins, mais donne beaucoup plus de douceur. J'ai donc songé aussi à allier, en parties égales, les carbonates, en tenant compte toutefois des équivalences.

Pour une plaque 13 X 18 un bain normal à l'acide pyrogallique comprend à peu près :

Eau 100 cm3.

Acide pyrogallique , . 0 gr. 5.

Carbonate de soude ou de potasse . . 0 gr. 5 à 2 gr.

Sulfite de soude anhydre 1 gr. 8.

Par bain normal, j'entends celui qui doit agir sur une plaque normalement posée et représentant un sujet normalement en valeurs. Il s'agit donc de combiner l'iconogène, le pyrogallol et les carbonates de façon à constituer un bain normal, tels que les révélateurs et les alcalis y entrent approximativement dans les proportions ci-dessus. Pour

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atteindre ce but voici les solutions auxquelles je me suis définitivement arrêté :

A. Eau chaude ayant bouilli 400 cm3.

Solution de sulfite de soude anhydre à 15 p. 100. 600 — Iconogène 15 grammes.

B. Solution de sulfite de soude anhydre à 15 p. 100. 100 cm3. Acide pyrogallique 5 grammes.

G Eau chaude ayant bouilli 100 cm3.

Carbonate de potasse 15 grammes.

Carbonate de soude 31,5.

On remarquera que, quelle que soit l'eau employée, je la fais toujours préalablement bouillir pour la débarrasser des gaz qu'elle contient et qui nuiraient à la bonne conservation des solutions.

Pour la composition d'un bain normal destiné à développer une plaque 13 X 18, je prends :

Eau 75 cm3.

Solution A 20 —

Solution B 5 —

Solution C 5 —

Un léger calcul vous montrera que les proportions des constituants sont sensiblement les mêmes que dans le bain à l'acide pyrogallique ordinaire. Si l'on a des phototypes trop denses, on peut augmenter la dose d'inconogène, ou celle de pyrogallol si les phototypes sont trop faibles. C'est donc une ressource de plus que dans le développement ordinaire. Les épreuves négatives obtenues par ce procédé sont très brillantes, étonnamment modelées dans les noirs. L'intensité et la tonalité de ceux-ci sont telles que toutes les nuances de ce modelé viennent sur les photocopies et avec un très beau relief.

Le fixage se fait dans le bain d'hyposulfite de soude ordinaire. Cependant, dès que la couche laiteuse du phototype a disparu, au lieu de laisser le phototype dans ce bain je préfère le plonger dans un second bain d'hyposulfite de soude un peu plus dilué que le premier et additionné d'environ 5 cm3 de bisulfite de soude liquide du

commerce par 100 cm3 du bain. Le brillant du phototype est plus beau et les transparences des noirs sont plus accusées.

Il va de soi que, suivant les besoins, on peut toujours employer avec un bain normal une solution de bromure de potassium à 10 pour 100 ou de bromure d'ammonium de préférence. Ceux qui veulent bien me lire savent que je suis toujours partisan de cet emploi. Avec l'acide pyrogallique aussi bien d'ailleurs qu'avec l'inconogène, les bromures alcalins agissent à double titre : ils retardent l'arrivée de l'image et empêchent la montée des voiles avant l'achèvement complet du développement.

Je ferai remarquer que c'est à ce manque de voile, en d'autres termes à la grande clarté obtenue dans les ombres par l'addition du bromure, qu'on a dû de croire, et que j'ai cru longtemps moi-même, sur la foi des traités, que le bromure rendait le phototype heurté. Je me suis depuis longtemps convaincu de l'inanité de cette croyance. Le bromure retarde surtout la venue des parties très exposées, et permet, par conséquent, pendant ce temps, aux détails des ombres de monter. Il tend donc plutôt à l'harmonie qu'au heurté. Dans le développement des instantanées effectué avec le pyrogallol seul ou le pyrogallo-iconogène, que je préfère à tout autre développement, parce que l'iconogène fouille peut être mieux encore, je le répète, que l'acide pyrogallique les détails dans les ombres, je suis d'avis d'employer le bromure à des doses relativement assez fortes pour éviter justement la dureté de l'image produite par l'instantanéité même et l'amener le phototype à l'harmonie. Le développement est alors extrêmement long; on peut, pendant une heure et plus, le laisser agir sans qu'il soit besoin de le surveiller, mais on est récompensé par la pureté, le détail et l'harmonie du phototype. Notez bien que je parle de l'acide pyrogallique et de l'iconogène, car, à part l'oxalate ferreux, les bromures alcalins ne se conduisent pas tout à fait de la même façon avec les autres révélateurs.

Mais revenons à notre pyrogallo-iconogène. Je viens de vous donner la composition d'un bain normal pouvant être applicable aussi bien au paysage qu'au portrait. Toutefois j'estime que pour ie paysage, on peut réduire à 10 cm3 la

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quantité de la solution A, alors que pour le portrait on la portera à 30 cm3 en réduisant les solutions B et G chacune à 3 cm3. Au demeurant vous pouvez faire varier tous vos constituants suivant vos besoins en vous souvenant de la façon dont chacun d'eux agit, façon que je vous ai indiquée1, en vous parlant du développement à l'acide pyrogallique et à laquelle vous pouvez ajouter que la solution d'iconogène intensifie sans empâter les noirs.

Si le développement à l'acide pyrogallique, partant celui au pyrogallo-iconogène est d'une souplesse extrême, et que l'on puisse modifier à loisir, sa constitution, pour obtenir plus sûrement tels ou tels effets, je ne dissimule pas que ces dosages savants exigent un certain tact provenant de l'habitude et dont les commençants ne peuvent être, de prime saut, en possession.

Il ne me semble donc pas inutile de leur indiquer une méthode de développement artistique que j'emploie toujours lorsque je me trouve en présence d'une plaque dont j'ai omis de noter les conditions d'exposition, ou d'un développement qu'un ami me prie de lui faire sans que je connaisse ces mêmes conditions. Je veux parler du développement à deux cuvettes. Cette méthode a l'avantage de s'appliquer à tous les révélateurs en deux solutions, aussi bien qu'à tous les genres d'exposition.

Vous prenez deux cuvettes A et B, d'une propreté absolue. Dans A vous constituez un bain de développement dans lequel n'entre que le révélateur ; dans B un second bain dans lequel n'entre que l'alcali. Théoriquement cela suffit. Pratiquement il est bon d'ajouter à A 3 à 5 centimètres cubes de B et vice versa.

Prenons donc notre pyrogallo-iconogène que je tiens pour un révélateur excellent en tous points. Soit aussi une plaque 13 X 18 à développer.

Dans A vous verserez 100 cm3 d'eau de dilution, 20 cm3 de la solution d'iconogène et 5 cm3 de la solution de pyrogallol.

Dans B vous verserez 100 cm3 d'eau de dilution, 5 cm2 de la solution de carbonate.

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