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RAPPORTS

DIMENSION DU PHOTOTYPE

23,9'iX31,92

Si l'on veut faire l'agrandissement sur plaque au lieu de le faire sur papier, on mettra la plaque au lieu et place de celui-ci; mais, en refermant le châssis, on supprimera la planchette intermédiaire dont le secours n'est plus nécessaire dans l'espèce, puisque la plaque est plane d'elle-même et d'une épaisseur suffisante.

h' amplificateur à bonnettes, à commande automatique et à agrandissements variables est donc un progrès réalisé dans la pratique des agrandissements faciles. Le seul défaut que je lui reconnaisse, au point de vue de l'art absolu, c'est de ne pas donner à l'image agrandie tout le relief qu'elle pourrait avoir, à cause de l'emploi de petits diaphragmes. Défaut facilement réparable pour un constructeur.

Mais voyons plus à fond la manière d'opérer.

Lorsque le phototype, bien et dûment recouvert sur la tranche d'une couche de vernis noir pour empêcher l'intrusion de la lumière diffuse dans la couche vitreuse, partant dans l'intérieur du châssis, sera à sa place, dans l'un des intermédiaires du sommet, gélatine en dessous; lorsque le papier au gélatino-bromure, destiné à recevoir directement la photocopie, se trouvera étendu dans le châssis de la base, gélatine en dessus, maintenu rigoureusement plan par le poids de la glace sans tain, que ce châssis renferme, vous

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rabattrez le volet du sommet et vous tirerez le rideau du châssis de la base, et, l'amplificateur sous votre bras, vous pourrez sortir du laboratoire obscur, où vous avez fait toutes ces opérations, pour aller tranquillement au dehors procéder à l'insolation.

Afin que cette insolation soit fructueuse, vous devrez tout d'abord songer à bien régler l'entrée de la lumière à travers le phototype. Si cette lumière n'était pas identiquement la même sur tous les points du phototype, il y aurait forcément des inégalités dans l'impression de la photocopie.

Gomment donc régulariser cette lumière? Oh! très simplement! Portez l'amplificateur à bonnettes en plein air, à V ombre et à une distance suffisante de tout objet, pour que cet objet ne soit pas compris dans le champ de l'objectif de l'amplificateur à bonnettes, puis posez celui-ci sur sa base, parallèlement au sol et de façon que son sommet regarde le zénith. Au lieu de sortir, voulez-vous travailler de l'intérieur de votre atelier ? Vous pouvez diriger obliquement le sommet de l'amplificateur vers le ciel. En d'autres termes, le champ de l'objectif ne doit embrasser que du ciel. Toutefois, dans cette position, la partie du phototype la plus rapprochée du sol ne recevra pas une lumière égale à celle qui frappera la partie la plus éloignée de ce môme sol. Pour annihiler cette différence, il faudra désorienter l'appareil pendant toute la durée de l'insolation.

On obtient pratiquement cette désorientation en tenant l'amplificateur à bonnettes dans ses mains, et en le faisant tourner, sur son grand axe, pendant toute la durée de la pose. Si elle doit se prolonger quelques heures, mieux vaut un autre moyen. C'est celui d'ailleurs qu'il vous faudrait employer bon gré, mal gré, si, dans la position oblique de l'amplificateur à bonnettes, l'objectif de celui-ci rencontrait, dans son champ, des objets opaques, à plans différents masquant tout ou partie du ciel. Le voici : Poser l'appareil horizontalement sur une fenêtre ouverte du côté de l'ombre et de manière que son sommet déborde cette fenêtre, puis placer devant ce sommet un petit miroir regardant le ciel sous une inclinaison de 45°. De cette façon la lumière tombant perpendiculairement du ciel frappera perpendiculairement aussi le phototype négatif. Ceci fait, vous ouvrirez le

rideau du châssis de la base, puis le volet protégeant le phototype. Yous le laisserez ainsi pendant le temps nécessaire à une bonne impression, et vous refermerez premièrement le volet du phototype, secondement le rideau du grand châssis. Tout cela est d'une simplicité enfantine, sauf... le temps nécessaire à une bonne impression.

Ce dernier point est loin, très loin même d'une simplicité enfantine, au moins de prime abord. C'est justement la connaissance mauvaise ou insuffisante de ce temps nécessaire à une bonne impression qui fait dire à ceux-ci, que l'agrandissement est difficile; à ceux-là qu'il ne produit jamais rien de bon, que tout agrandissement est grenu et sans modelé. C'est que ceux-ci et ceux-là ne se sont pas donné la peine d'étudier sérieusement ce temps nécessaire.

Si vous vous souvenez de ce que j'ai écrit au sujet du temps de pose pour l'obtention d'un phototype nettement défini dans toutes ses parties et d'une complète harmonie dans son ensemble \, vous savez que j'estime ce temps de pose très long par rapport à celui, très court, des épreuves instantanées que nous prenons le plus souvent avec nos petits appareils. Pour tâcher de récupérer la définition nette, en même temps que l'harmonie complète, j'ai préconisé, dans ce dernier cas, le développement lent. Je pourrais peut-être agir de même, dans l'agrandissement, mais je n'en vois nullement l'utilité puisqu'il nous est ici permis de poser aussi longtemps que nous voudrons, et que d'autre part, avec le développement lent on court, plus ou moins, les risques de colorer la gélatine, ce qui peut-être sans inconvénient pour un phototype, mais serait désastreux pour une photocopie.

Si, dans la pratique, j'indique, pour tel sujet pris dans certaines conditions déterminées, une demi-seconde de pose, par exemple, on peut certes prendre, en un soixantième de seconde, le même sujet dans les mêmes conditions et obtenir, par des habiletés de développement, une définition nette dans les deux cas. Toutefois, un œil vraiment habitué aux choses d'art reconnaîtra que l'harmonie n'est pas aussi complète, quoiqu'elle le paraisse, dans le cas de l'instantanéité.

\. Voir : La Pratique en photographie.

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Il y aura semblance et non identité. Ou bien, si cette identité existe, c'est que les habiletés de développement auront été très grandes et suffisantes pour égaliser les différences de pose.

En d'autres termes, dans toute durée d'exposition, on peut admettre qu'il y a un maximum et un minimum et qu'en opérant entre ces deux limites extrêmes, un bon praticien peut toujours obtenir des épreuves se valant. J'ajouterai cependant que le maximum est toujours ce qui donne la meilleure épreuve avec le moindre effort et la plus grande certitude. Si cela est vrai pour l'obtention du phototype, cela demeure bien plus vrai, si possible, pour la photocopie agrandie.

Trouver le maximum de la durée d'exposition, et largement poser pour ce maximum, puis développer avec un bain faible mais développant très vite, par cela même que la pose a été au maximum, voilà tout le secret pour faire de l'agrandissement, ne présentant pas de grain apparent, offrant toutes les finesses et toute l'harmonie de l'épreuve primaire. Cette affirmation, j'en suis sûr, vous cause quelque trouble.

Je m'explique.

Notre phototype est formé de molécules, comme qui dirait d'un assemblage de globules infinitésimaux. En son lieu et place, mettons une plaque de verre et recouvrons toute sa surface de perles colorées. Qu'arrivera-t-il? Ces perles ne se toucheront que par quatre points et laisseront entre elles des espaces vides. Si nous exposons à la lumière, et pendant un temps très court, ce phototype d'un nouveau genre, le papier sensible ne recevra que les rayons qui passeront par les espaces vides. Développons-le. Nous aurons l'image de notre plaque, mais en points. Recommençons en posant davantage. Les rayons passeront et par les espaces vides et par les points tangentiels. Nouvelle image encore en points, mais moins espacés et moins noirs aussi... Continuons à augmenter la pose , nous finirons par obtenir une teinte aussi uniforme d'aspect que ]e phototype l'est lui-même.

Rappelez-vous la théorie de la surexposition que je vous ai signalée. Elle se résume en ceci : la lumière agissant sur un sel haloïde d'argent détruit, peu à peu, son premier travail au point de ramener, à la longue, la couche sensible à

son état primitif et par conséquent au point de la rendre susceptible de recevoir une nouvelle impression.

En suivant l'exemple que j'ai pris, les points provenant de rayons lumineux, passant par l'intervalle de nos perles et leurs parties tangentielles, cesseront de s'impressionner, diminueront même progressivement de valeur par l'augmentation de la pose nécessitée par la traversée des ventres des perles. Donc il arrivera un moment, moment psychologique au premier chef, où tous les points formant l'image positive auront la même valeur, et se fondront, par conséquent, en une teinte uniforme, ne produisant à l'œil aucune sensation de grain

C'est ce moment qu'il faut saisir, c'est le temps que l'on aura mis à l'atteindre, que nous devrons considérer comme la durée de pose nécessaire, utile et suffisante. Déterminer cette durée mathématiquement est chose difficile, quasi impossible. Par bonheur nous ne sommes pas forcés d'arriver à cette justesse mathématique. Une approximation sérieuse suffira à nous donner l'aspect de teinte uniforme, partant sans grain, que nous cherchons. Les illusions d'optique sont là pour nous y aider. Une teinte peut paraître uniforme sans l'être. Les peintres qui raisonnent sur leur art connaissent bien ce phénomène et le désignent sous le nom de vibration du ton sur ton. Delacroix l'employa largement. Tels de ses tableaux montrent des ciels bleus d'une parfaite uniformité et d'une intensité de ton considérable. Les débutants, qui, au Louvre, veulent copier ces ciels, essayent vainement toutes les teintes plates imaginables. Ils restent constamment au-dessous du modèle. C'est que Delacroix est arrivé à son effet non par une teinte plate, mais par une multiplicité de touches bleues d'une valeur différente et l'uniformité s'est produite grâce à la vibration du ton sur ton.

En passant, remarquons que cette vibration du ton sur ton ne donne pas seulement l'uniformité optique, mais une intensité très supérieure à toute teinte réellement uniforme. Notre photocopie agrandie acquerra donc son maximum de beauté et de valeur un peu avant la durée maxima de la pose, alors que les teintes ne seront pas encore uniformément mathématiques mais simplement uniformément

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optiques, c'est-à-dire formées de points assez fondus pour n'être pas visibles à l'œil nu, mais assez réels pour que la vibration des uns sur les autres nous donne la sensation de l'uniformité.

Ceci posé, voyons comment nous pouvons calculer notre temps de pose pour atteindre à ce double but.

Lorsque nous déterminons la durée de la pose, au moment de l'obtention du phototype négatif, nous cherchons à le faire de façon que les transparences des diverses parties du phototype à obtenir soient inversement proportionnelles aux éclats des parties correspondantes du motif. Nous devons, pour la définition nette et l'harmonie complète de notre photocopie agrandie, obéir à la même préoccupation.

Or en appliquant à l'amplificateur à bonnettes des calculs semblables à ceux qui nous ont servi pour le temps de pose des phototypes négatifs, on trouve qu'avec le papier Morgan et Kidd, blanc émail, employé dans mes essais de contrôle, et un phototype négatif en bonne valeur, clair et très brillant, susceptible de fournir une excellente image par un tirage sur papier albuminé, les durées d'exposition maxima seraient, pour les différents rapports de grandeur :

Rapport 2 durée de l'exposition 8m268.

Il nous devient dès lors très facile d'en déduire le temps de pose nécessaire pour d'autres surfaces sensibles, en tenant compte de données établies avec l'exposomètre Watkins.

D'après cet exposomètre, si le coefficient de scnsibilitcdela plaque Lumière étiquette bleue est représenté par 65, nous aurons pour les papiers au gélatino-bromure : Morgan et Kidd, 15 ; Eastman, 6 ; llford rapide, 30 ; Anthony rapide, 50. Et pour certaines plaques au gélatino-chlorure : llford spéciale, 6; Fry, 13; Garbutt A, 18. J'ajouterai que mes expériences personnelles m'amènent à donner environ 6 aux plaques Cadett et Neal pour tons noirs.

Ces temps de pose représentent ceux qui sont nécessaires et suffisants au solstice d'été à midi. A toute autre époque de l'année et à toute autre heure de la journée il y a lieu de la multiplier par les chiffres de mes tableaux auxiliaires de

pose ' ou par l'un des coefficients du tableau approximatif ci-dessous :

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