C. Eau 100 cm
Bichlorure de cuivre 2 grammes.
Vous remarquerez qu'il s'agit cette fois de ferrocyanure et non plus de ferri. Tout comne précédemment vous remouillez votre photographie durant quelques minutes et vous la plongez dans la solution A. L'image se brouille, blanchit et disparaît. Cette disparition effectuée vous retirez votre photo-
LES TIRAGES ARTISTIQUES
copie et vous la lavez à fond pour la plonger ensuite, quelques minutes seulement, dans la solution B. Vous lavez encore très à fond et vous immergez finalement l'épreuve dans la solution C. L'image réapparaît formée par des sels de cuivre qui jouent assez bien l'aspect sanguine.
Je n'hésite pas à vous prévenir que si cela est très simple à dire ce n'est pas aussi simple à faire. Pour obtenir une image dont les blancs ne soient pas teintés en rose, il ne faut opérer qu'à une très faible lumière blanche, et mieux encore à la lumière jaune, et ne pas oublier la recommandation de laver à fond. En dehors de l'image redevenue latente, il ne faut pas qu'il reste sur ou dans le papier la moindre trace de sels de cuivre, autrement le rosissement des blancs a lieu. Quand on parvient à éviter cet accident on est payé de ses peines.
Toujours est-il qu'avec ces divers procédés vous pouvez obtenir une grande variété d'effets artistiques sur un papier qui est certainement un des meilleurs comme durée et un de ceux de l'avenir, puisqu'il se prête à l'agrandissement direct qui reste un des plus sûrs moyens d'atteindre à l'Art photographique.
J'ai signalé, en dehors du papier au gélatino-bromure, celui au platine comme fournissant des tirages artistiques.
La platinotypie est surtout très en vogue en Angleterre. Il est donc tout naturel que l'on s'inquiète, dans ce pays plus qu'ailleurs, des moyens de faire varier la teinte noire, mais un peu froide et un peu grise, de l'image obtenue par ce procédé. Les virages au ferrocyanure d'urane, que nous venons de passer en revue peuvent être employés, mais il est un virage, celui au cachou, qui amène, dans les épreuves au platine, un changement de teinte très caractéristique, tenant, à la fois, de la sépia colorée et du brun rouge.
Le cachou, très communément employé dans l'industrie, pour la teinture en brun des matières textiles, est facile à se procurer. Donc on peut aisément et sans grands frais tenter l'essai. Ce produit présente une très grande affinité avec tout dépôt métallique de platine. De là, possibilité de faire varier la teinte des images formées par ce dépôt.
En considération de l'affinité très grande du cachou pour 1 image platinique, il faut tout d'abord que celle-ci ne pré-
sente pas la plus petite trace de voile. Si léger fût-il, le cachou agirait sur lui et donnerait aux blancs de la photocopie une coloration marquée.
Faits à retenir : les anciennes épreuves se virent beaucoup mieux que les épreuves récentes ; l'adjonction au développement, de substances organiques telle que la glucose, le sucre ou le miel, augmente d'une façon sensible le pouvoir absorbant du platine.
Ceci posé, voyons à quelles manipulations nous devons nous livrer.
Nous composerons, tout d'abord, notre bain de développement comme suit :
Eau distillée 14 parties,
Oxalate neutre de potasse 7 parties,
Sucre de canne 1/3 de partie.
Pendant 5 à 10 minutes nous ferons bouillir le tout ensemble, et lorsque ce liquide ne sera plus qu'à 30° G, nous développerons, soit en y plongeant l'image, soit en la faisant simplement flotter.
Notre solution de cachou sera faite avec 7 grammes de cachou finement pulvérisé, mêlé à d'autres matières colorantes, suivant notre goût ou nos besoins, et 14 centilitres d'eau. Ce mélange devra bouillir pendant 3 à 4 minutes. Après refroidissement complet on y ajoutera 3 centilitres d'esprit-de-vin. Dans des flacons bien bouchés, cette solution se conserve très longtemps.
Quand il s'agira de virer la platinotypie obtenue, on portera 60 centilitres d'eau à la température de 35° C, et on y ajoutera 15 à 20 centilitres de la solution de cachou. Cette mixture sera versée sur l'épreuve et l'on aura soin de maintenir sa température jusqu'à l'obtention de la teinte voulue.
Quelques minutes suffisent en général.
Ce virage peut s'effectuer à froid. Dans ce cas, la durée d'action se trouve augmentée, et peut atteindre une heure environ.
Si le virage venait à rougir par trop on y ajouterait un peu d'oxalate neutre de soude ou d'oxalate de potasse.
Puisque nous en sommes aux épreuves sur papier au platine constatons que, même en employant, suivant les cas,
LES TIRAGES ARTISTIQUES
le développement à chaud ou le développement à froid, il faut pour la platinotypie des phototypes possédant encore une certaine intensité. Or le papier kallitype, tout en offrant les qualités du papier au platine, a sur lui l'avantage de donner des photocopies bien brillantes avec des phototypes de trop mince intensité. Sa préparation est assez facile et à la portée de tous.
On fait, tout d'abord, une solution sensibilisatrice composée de :
Eau 30 cm3.
Oxalate ferrique . 5 grammes.
Azotate d'argent 2 —
Avec un pinceau plat ou même simplement avec une touffe de coton, on étend cette solution aussi régulièrement que possible sur le papier que l'on a choisi et, une minute après l'étendage complet, on sèche rapidement devant un bon feu pour empêcher la solution de pénétrer dans le papier. A. l'abri de la lumière et enfermé dans un tube contenant du chlorure de calcium, le papier ainsi sensibilisé peut se conserver plusieurs mois.
L'insolation se fait de la même façon que celle du papier au platine, et l'image apparaît également jaunâtre et très faible.
Pour composer le bain de développement on prend 100 cm3 d'une solution saturée de borax dans laquelle on fait dissoudre 100 grammes de tartrate double de potasse et de soude. Ce bain peut servir pour plusieurs épreuves, cependant il doit être rejeté dès qu'il se colore.
Pour obtenir des tons bruns il suffit de diminuer la quantité de borax.
On peut employer, comme retardateur, une dizaine de gouttes d'une solution de bichromate de potasse à 1 pour 100. Au demeurant, l'effet le plus certain de ce retardateur est de conserver la pureté des blancs. Si le phototype dont on tire une photocopie est par trop faible, on peut même porter jusqu'à trente gouttes la dose de la solution de bichromate. Il est possible ainsi d'obtenir une photocopie très brillante alors qu'avec tout autre procédé elle n'eût été que grise et veule.
La durée du développement est d'environ quinze à vingt minutes.
Aussitôt après, on lave dans une cuve dont on change l'eau trois ou quatre fois et l'on plonge, pendant un quart d'heure, dans une solution d'ammoniaque à 1 pour 100.
Après un lavage d'une demi-heure à l'eau courante, vous faites sécher en suspendant, et l'épreuve est bonne à être coupée et montée.
J'aurais bien encore comme tirage artistique à vous parler de celui aux encres grasses avec épreuve primaire sur gélatine bichromatée et connue sous le nom de photocollographie. Mais, bien que ce procédé soit actuellement simplifié au point d'être, sans grands frais, à la portée de n'importe quel amateur, j'estime qu'il reste plutôt un procédé industriel par le trop grand nombre d'épreuves identiques qu'il permet de tirer.
C'est un des bons procédés de tirages artistiques de l'industrie, mais qui reste, en notre art ce que, dans la peinture, la gravure est au tableau ou au dessin.
LES AGRANDISSEMENTS
Qualités de l'épreuve agrandie — Dans quelles limites peut se faire l'agrandissement — Disposition d'une pièce spéciale pour ce travail. — Les châssis amplificateurs. — Amplificateur à bonnettes, à commande automatique et à agrandissements variables. — Nécessité d'une impression plutôt longue que courte. — Tableaux de temps d'exposition. — Comparaison des révélateurs que l'on peut employer. — Les insuccès. — Emploi de la lumière artificielle. — Agrandissements indirects et leurs avantages. — Changement de couleur des épreuves agrandies.
J'ai exposé que le moyen pratique le plus sûr et plus commode d'atteindre à l'Art en photographie était l'agrandissement de l'épreuve normale à deux fois et demie ou trois fois au plus de son diamètre. Mes expériences continues, aussi bien que celles de mes amis lancés dans cette voie ouverte, m'affirment, de plus en plus, dans mon idée. Il est absolument incontestable que si l'épreuve perd un peu cette finesse si chère à ceux qui sont plus photographes qu'artistes, elle gagne en enveloppement atmosphérique, en profondeur, partant en relief et en perspective aérienne. L'épreuve agrandie ne ressemble pas plus à l'épreuve primaire, qu'un large dessin de maître ne ressemble à un pignochage de fillette, péniblement amené à l'effet par la pointe du crayon.
On ne saurait toutefois admettre que l'agrandissement soit sans limites. Ces limites mômes sont assez restreintes, en principe. D'une part le phototype négatif, si net soit-il, n'est pas d'une netteté absolue. Le maximum généralement atteint est d'un dixième de millimètre. D'autre part, l'émulsion au gélatino-bromure d'argent possède un grain qui, grossi par l'agrandissement, peut nuire aussi à la netteté de l'image. Le docteur Eder estime qu'un phototype au gélatino-bromure d'argent ou au collodion humide ne saurait supporter un agrandissement supérieur à 4 ou 6 fois la plus grande longueur linéaire de l'image primaire. C'est même, à mon avis, faire une part trop belle au gélatinobromure. Trois fois et demie la longueur linéaire est gêné-
paiement assez. Soit au maximum environ 50 X 60 pour un 13X18.
Toutefois on peut tourner la difficulté et augmenter ces limites. Si le gélatino-bromure d'argent donne un grain évalué par le docteur Eder à trois ou quatre centièmes de millimètre, celui du collodion humide n'est plus que de un à. deux centièmes de millimètre. Le grain des émulsions au collodio-bromure d'argent est encore plus petit, mais
Appareil d'agrandissement s'adaptant à la chambre noire.
demeure cependant sensiblement plus gros que celui des émulsions au gélatino-chlorure et au chloro-bromure d'argent, généralement employées pour les plaques diapositives. Notons encore que le grain d'une émulsion au chloro-citrate d'argent est particulièrement petit, et que celui d'une couche albuminée argentifère n'est même pas visible pour un agrandissement au centuple.
Donc si nous voulons faire subir à notre épreuve des agrandissements considérables, nous la tirerons d'abord sur des plaques diapositives au chlorure ou chloro-bromure d'argent, avec développement, ou sur une émulsion au chloro-citrate d'argent avec ou sans développement. On pourra même encore employer les papiers en pelliculant la couche sensible après l'obtention de l'image. D'après ce que je viens de dire, il est certain par exemple que le papier au pyroxylo-chlorurc d'argent, rendu pelliculable, devra
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nous donner des résultats remarquables du moment qu'il sera bien couramment et nettement rendu pelliculabîe.
Au demeurant, je n'ai point à insister outre mesure sur les limites des agrandissements. L'amateur lorsqu'il agrandit ne va guère au delà de 4 à 6 fois l'épreuve primaire. Il reste donc dans les limites données par le docteur Eder
Grande chambre noire constituant un appareil d'agrandissement, avec godet pour brûler du magnésium devant le phototype.
pour l'agrandissement du phototype au gélatino-bromure et emploie de préférence des dimensions fixes en se servant des châssis amplificateurs.
Toutefois, si l'on dispose d'une pièce spéciale, on peut aisément la convertir en chambre d'agrandissement. Pour cela on prend une chambre noire carrée pour le format 18 X 24 munie de son objectif et on ferme hermétiquement les volets de la pièce que l'on possède. Dans l'un de ces volets, nous découpons un carré de la dimension de l'arrière de cette chambre noire et nous encastrons cet
arrière dans ce carré, après avoir eu soin, si cet arrière est mobile sur le chariot, de retourner ledit chariot pour que ce soit l'avant qui devienne mobile. Nous montons l'objectif sur sa planchette. S'il s'agit d'un anastigmat qui n'est pas un objectif symétrique, nous le montons en sens inverse de telle sorte que ce soit la partie considérée d'ordinaire comme l'avant, qui devienne l'arrière, en d'autres termes la partie qui se trouve la plus rapprochée du verre dépoli de la chambre noire. Ce sera, en effet, au lieu et place du verre dépoli actuel que vous placerez à l'aide d'un cadre construit ad hoc le motif à prendre, c'est-à-dire le photototype que vous voulez agrandir. En face de la chambre noire ainsi montée et bien perpendiculairement à la fenêtre, placez deux rails sur le sol, et faite glisser sur ces rails un cadre vertical portant un verre dépoli. Suivant la distance du phototype à l'objectif et de l'objectif à ce nouveau verre dépoli vous verrez se dessiner sur celui-ci l'image nette et plus ou moins grande du phototype. Si donc vous substituez une glace sensible à ce verre dépoli ou une planchette sur laquelle vous aurez appliqué, à l'aide de punaises, une feuille de papier au gélatino-bromure d'argent, vous laisserez agir la lumière pendant au temps dépendant de l'heure du jour, du mois, de rapidité de la surface sensible, et de l'ouverture de l'objectif, et la surface sensible recevra une image latente agrandie et positive que vous n'aurez plus qu'à développer. Vous pouvez de la sorte faire des agran-
dissements grandeur nature et au delà. Si vous n'avez pas d'assez grandes cuvettes pour les développer, vous ferez apparaître l'image latente au pinceau, à l'aide d'un bain très dilué. Si encore des arbres ou des murs avoisinants masquent un peu le plein air qui se trouve devant l'ouverture de votre volet, accrochez devant cette ouverture un miroir incliné à 45° pour régulariser l'introduction de la lumière à travers le phototype...
Mais cette installation n'est pas à la portée de tout le monde, et comme je l'ai dit, l'amateur emploie de préférence des châssis amplificateurs, ou des chambres noires spécialement aménagées.
Le châssis amplificateur imaginé par M. J. Garpentier comme complément à ses photo-jumelles donne un agran-
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dissement direct. En un mot, pour avoir une photocopie agrandie, point n'est besoin en principe de faire une photocopie diapositive du phototype obtenu, ni une photocopie négative agrandie de cette diapositive.
Le châssis amplificateur de la photo-jumelle se compose d'une boîte de bois et d'un tube de métal, dans lequel se trouve fixée une lentille. On place dans le fond de la boîte une feuille de papier au gélatino-bromure d'argent et on l'y maintient plane en posant dessus un cadre de zinc. Le phototype obtenu directement avec la photo-jumelle est placé, gélatine en dessous, dans l'ouverture rectangulaire incisée à l'extrémité supérieure du tube de cuivre. L'exposition se fait à la lumière diffuse et de façon que les rayons lumineux pénètrent le phototype normalement. Pour cela, on dirige le tube de cuivre vers le ciel.
A ce sujet, je remarquerai que si parfaits que soient ces châssis amplificateurs, ils ne donnent l'image agrandie qu'en une seule grandeur nettement déterminée et invariable. Or depuis longtemps nous demandons un châssis amplificateur qui, tout en demeurant avec des dimensions fixes, puisse nous permettre de faire varier le rapport de l'image agrandie à la petite épreuve. Souvent, en effet, des phototypes présentent un centre intéressant avec des alentours qu'on peut sacrifier sans inconvénient. Il est donc tout à fait agréable, en faisant le sacrifice de ces alentours, d'avoir le centre intéressant plus grand que ne le donne le rapport immuable des images dans un châssis amplificateur de telle ou telle dimension.
Le problème se posait donc ainsi : construire un châssis amplificateur invariable dans sa forme et permettant néanmoins de faire varier les rapports de l'image.
M. L. Gaumont est arrivé à le résoudre en employant des lentilles additionnelles connues sous le nom de bonnettes d'approche.
\J amplificateur à bonnettes, à commande automatique et à agrandissements variables que M. L. Gaumont a construit, affecte la forme d'un tronc de pyramide rectangulaire. Sa base est formée par un châssis de plaque 18 X 24 à rideau R, et son sommet par une série I d'intermédiaires permettant de mettre dans leurs feuillures, depuis et inclus
les phototypes 9 X 12 jusqu'aux 4,5 X 6. Un volet D les recouvre lorsque l'appareil doit être porté à la lumière diurne.
Dans le châssis de la base est une glace 18x24 sans défaut, rigoureusement plane sur ses deux faces et sous laquelle on applique la feuille de papier au gélatino-bro-
Châssis amplificateur.
mure d'argent. Au dos de la feuille de papier et pour la mettre bien en contact avec la glace, on met une planchette, puis un volet à ressort fermant par trois petits verrous.
La première planchette, au lieu d'être en un seul morceau, est constituée par un cadre intermédiaire muni, dans son évidement, d'une planchette 13 X 18. Ce qui permet, au besoin, de faire une photocopie de cette dimension.
A l'intérieur de ce tronc de pyramide existe une planchette que l'on peut déplacer par un bouton extérieur B et
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au centre de laquelle est vissé un objectif rectilinéaire 0 couvrant parfaitement la grandeur maxima des phototypes à agrandir. En môme temps des bonnettes munies des diaphragmes correspondants montées sur une lame d'acier L se meuvent quand on agit sur le bouton et viennent, suivant les cas, s'appliquer au centre du diaphragme.
Amplificateur à bonnettes, à commande automatique et à agrandissements variables.
Ce même mouvement du bouton B entraîne encore celui d'un disque extérieur P portant une flèche dans le sens d'un de ses rayons, et qui se meut concentriquement à un cercle gradué G, présentant les différents rapports des
images entre elles.
Faisons-nous tourner cette aiguille de façon, par exemple, qu'elle vienne pointer vers le repère portant le chiffre 4 et que Von entende le léger bruit d'un déclic, la bonnette nécessaire et l'objectif se seront déplacés automatiquement aux fins de nous donner une image agrandie, dont les dimen-
sions extrêmes seront, linéairement, quatre fois celles de l'épreuve à agrandir, et nous aurons, de cet agrandissement, toute la partie centrale délimitée aux dimensions maxima 18 X 24.
Au demeurant, en indiquant les grandeurs des images correspondant aux différents rapports cette disposition permet de se rendre compte tout de suite de ce que l'on peut prendre dans un phototype.