L’ÉCOLE FRANÇAISE D’ATHÈNES. HJ
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Un fait va nous donner la mesure de l’action puissante de la terre classique sur des esprits cultivés, sur des natures distinguées. Athènes, placée aux confins de la civilisation européenne, pourrait sembler un lieu d’exil à de jeunes Français, et cependant tous les anciens membres de l’École regrettent ce séjour sévère mais délicieux pour des âmes généreuses. Sans cesse leur pensée se reporte vers cette patrie du beau et de l’idéal, vers cette « source même de l’esprit, » selon l’heureuse expression d’un ministre, homme de cœur et de talent, appelé à continuer l’œuvre de M. de Salvandy et à la perfectionner. Un d’eux* exprimait, il y a quelques années, cette émotion et ces regrets :
« Pour moi, disait-il, ce sera toujours avec un sentiment de reconnaissance que je me rappellerai ces longues heures passées dans un repos fécond, au pied des colonnades; cette première et vivifiante haleine de Vembat (le vent de la mer), m’apportant sur son aile, avec la fraîcheur des golfes voisins, les parfums subtils de la plaine; les nuits surtout, ces nuits délicieuses où, cachée encore par l’IIymette, la lune blanchissait peu à peu des clartés de sa douce aurore le faîte brisé des frontons. Comment oublier ces beaux lieux qui, après avoir ravi l’esprit, s’emparent du cœur et le retiennent par d’intimes attaches? Parmi ceux qui ont le sentiment de l’antique et de l’art, nul ne les habite