‹ L'Art et l'archéologieChapitre 21 sur 102 · L’ÉCOLE FRANÇAISE D’ATHENES. HI · texte numérisé non relu

L’ÉCOLE FRANÇAISE D’ATHENES. HI

promet de nous livrer prochainement, l’aidera sans doute à marquer sa place dans la science. Je dois noter aussi ses travaux sur l’histoire de la langue car il me semble être du nombre de ceux qui pourront faire refleurir, dans notre École française, une branche d’étude trop négligée, la philologie.

Voit-on maintenant clairement là marche en spirale de l’École d’Athènes? L’étude du grec est la pensée qui préside à sa fondation ; toutefois, l’admiration entraîne au milieu d’une nature pleine de noblesse, qui encadre de beaux monuments. C’est la période esthétique des Émile Burnouf et des Charles Lévéque. Avec M. Beulé, sonne l’heure de l’archéologie élégante, qui fouille les détails d’architecture ; puis l’étude de la géographie comparée arrive à son tour. Commencée par M. Mézières et M. Bertrand, elle se continue et se prolonge pendant dix années. C’est dans cette période, remplie de recherches épineuses, que deux jeunes missionnaires de la science, MM. Ileuzey et Perrot^, se préparent à cette tâche d’explorateurs officiels qu’ils rempliront plus tard avec tant de succès, le premier au profit du Louvre, le second au profit de i’épigraphie latine ; enfin, de détours en détours, l’École est sur le point de retrouver son point de départ, en retournant à la philologie. Ne nous étonnons point de ces circuits ;

t. Ce travail, dans le dernier rapport relatif à PÉcole d’Athènes, rapport lu à l’académie des InscripUoiid, est indiqué sous le titre suivant : Üecherches philologiques sur rhistoire de la langue grecque.

11 nous sufDra* de rappeler la mission deThesgalie, de Macédoine et d’Ëpire, par M, Heuzey, et l'exploration archéologique de la Galalle et de la Billïvnie, par M. G. Perrot.

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aurait-elle eu toujours pour boussole une savante Academie, il lui était impossible de les éviter, car entre l’École de Rome et l’École d’Athènes, que souvent on compare, il existe une différence notable ; à Rome, les vocations arrivent toutes faites ; à Athènes, elles se font.

Cette rapide esquisse des travaux de notre colonie universitaire serait par trop incomplète, si je ne signalais pas ici un trait caractéristique. L’esprit français domine dans la jeune École, et par l’esprit français j’entends l’amour de la forme, la crainte d’ennuyer même en instruisant, crainte que l’érudition allemande n’éprouve jamais; ces louables qualités distinguent les publications émanées de l’École d’Athènes, et je pourrais montrer plus d’un filon d’or sillonnant cette masse de travaux spéciaux et solides.

Est-ce là cette flcole que certains esprits prévenus nous représentent languissante et maladive? Certes, elle n’a rien à craindre du grand jour de la publicité : maintenant elle est aguerrie; à Athènes comme à Paris, elle peut avoir à souffrir par suite des révolutions, elle peut se trouver entravée, elle n’en sera point troublée profondément. Ne l’avons-nous pas vue poursuivant sa route, fidèle à ses engagements envers la science et envers d’éminents protecteurs? Qui S'ait- si l’avenir ne lui réserve pas de compter uii jour pour quelque chose dans la fortune littéraire de la France? (Jue ne peut-on pas espérer d’une colonie savante placée au milieu des fils d'une race à laquelle le prince des orateurs de Rome accordait le charme du langage, la finesse de l’esprit, la richesse de l’éloquence : Non

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