‹ L'Art et l'archéologieChapitre 32 sur 102 · De Bell, Jud,, iv, c · texte numérisé non relu

De Bell, Jud,, iv, c

■*1. Ant,Jud., I, C, 8, 3.

f04 ARCHKOI.OGIE ORIENTALE.

contre lequel, depuis longtemps, la critique prend ses précautions; s’il s’est fait tort dans l’esprit de ceux qui sont ses juges naturels en matière d'archéologie sacrée, parce qu’il donne aux récits qu’il tire de la Genèse un faux air classique, il n’en est pas moins vrai que ses Antiquités attestent une plus grande maturité, des recherches plus approfondies; que c’est son dernier mot, ou plutôt un effort suprême pour retrouver les titres de la nation juive et marquer sa place au milieu des gentils. Du reste, l’opinion de Josèphe sur la disparition des villes coupables se trouve confirmée par un savant géographe de la fin du V® siècle, par Étienne de Byzance, qui, parlant de Sodome, s’exprime ainsi: « Elle était la métropole de dix cités qui furent ensevelies dans le lac Asphaltite. » Il est impossible, on le voit, de tirer des écrivains sacrés et profanes des preuves suffisantes à l’appui de l’opinion que M. de Saulcy cherche à faire prévaloir. Les souvenirs de son voyage sont-ils plus concluants? C’est à la pointe nord de la montagne de sel que M. de Saulcy aurait retrouvé les ruines de Sodome. Entre tous les voyageurs qui ont passé au pied du promontoire d’Usdom, il est le seul qui ait eu le bonheur de les apercevoir. Seetzen,Irby, Mangles, Robinson et Smith, puis M. Lynch, qui, dans la relation de son voyage, nous a donné une vue de la montagne de sel, ne paraissent point avoir eu la moindre révélation de ces décombres immenses qui ont si vivement frappé l’attention du savant académicien. Tout ce que le docteut Robinson, passant dans le même endroit, aurait aperçu ne serait rien autre qu’un gros monceau de pierres

JÉRUSALEM ET LA MER MORTE. 10,=i

[heap of stones). C’e.st ce monticule, avec ses pierres brutes et à l’aspect calciné, qui a mis sans doute M. de Saulcy sur la voie d’une hypothèse contre laquelle l’érudition d’un orientaliste des plus compétents a pu élever des arguments d’une force évidente : nous voulons parler du débat que l’exposé fait par M. de Saulcy des résultats de son voyage a suscité entre lui etM, Quatremère. Ce savant* s’est étonné des rapports que l’on prétendait établir entre les ruines massives aperçues près de la moiflagne de Sodome et les misérables villes de la Pentapole. Qu’était-ce, en effet, que ces villes dont les vainqueurs furent vaincus euxmêmes en une nuit par les trois cents hommes que commandait Abraham? Ou doit croire que, de même que la plupart des villes de l’Orient à cette heure, elles étaient bâties en terre. Chez les Hébreux, à l’époque où ils vinrent dans le pays de Chanaan, et bien longtemps après, on n’employait pour la construction des édifices publics ou privés que de détestables matériaux, la terre ou le bois. C’était par une tour de bois que la ville de Sichem était défendue. En cent endroits de la Bible, on trouve la preuve de l’état misérable de ces constructions. En voici deux exemples : la loi mosaïque flagellait le voleur qui perçait un mur en une nuit, preuve flagrante du peu de solidité des murs dans la terre de Cbanaaii ; et l’on remarque dans le livre de Job, qu’il arrivait quelquefois que le vent du désert renversait ces pauvres cabanes. Qu’est-il résulté de cette absence de bons matériaux? L’impossibilité

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