Revue des Deux mondes, mai
jours que les Qbour-el'Molouk soient le tombeau des rois de Judas, il répond : « Plus que jamais aujourd’hui. y>
M. de Saulcy a donc une entière confiance dans ses découvertes. Il a raison, car (je le reconnais franchement) elles seront, on peut le prévoir, de moins en moins contestées. Un homme d’un beau talent, et dont personne ne peut nier la compétence en architecture, M. Viollet-le-Diic ', a complètement adopté les opinions de M. de Saulcy sur la date probable des débris d’édifices hébraïques que renferme encore Jérusalem. Guidé par d’excellentes photographies, il admet (pour* ne citer qu’un exemple) que les énormes blocs de la plateforme sur laquelle s’élevait le temple de Salomon sont antérieurs à la domination romaine.
Toutefois, je ne puis m’empêcher de le dire, entraîné par l’ardeur de la défense, l’habile avocat de M. de Saulcy va trop loin. Ainsi il prétend reconnaître un ar( local dans ces tombeaux qui entourent Jérusalem, et dont les triglyphes appartiennent évidemment à la Grèce. Pourquoi mettre en avant une hypothèse qui repose sur le vide, et venir prétendre, sans en donner la moindre preuve, que les Grecs ont emprunté certains détails du dorique aux Phéniciens ou aux Juifs? N’est-il pas plus naturel, car ici nous devons aller du connu à l’inconnu, de croire, comme je l’ai cru, comme je le croirai jusqu’à preuve du contraire, que cette ornementation nous montre l’art grec, fourvoyé en Syrie, à une époque de décadence, peut-être