‹ L'Art et l'archéologieChapitre 53 sur 102 · T. XIV, 1863, p · texte numérisé non relu

T. XIV, 1863, p

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2f)0 ARCHÉOLOGIE ORIENTALE.

verteSï, rectifié les nombreuses erreurs de Tcxier, complété Hamilton et Barth, mesuré, dessiné, photographié assez de monuments pour pouvoir publier quatre-vingts planches, et rapporté un véritable joyau épigraphique, je parle — si on fait exception de celle de Velléia — de la plus longue des inscriptions connues, du testament politique d’Auguste, gravé en latin et en grec sur les murs du temple élevé par la ville d’Ancyre à ce rusé demi-dieu.

Un juge excellent, M. W.-H. Waddington, a signalé dernièrement devant l’Académie des Inscriptions les principaux résultats du voyage et des recherches de M. l’crrot. Il s’est attaché à montrer la géographie, la chronologie et l’histoire de l’Asie Mineure singulièrement enrichies par ce grand travail; la liste des légats romains de la Galatie augmentée, l’influence assyrienne en Cappadoce clairement démontrée , et les monuments de cette province, peu connus jusque-là, soumis pour la première fois à une étude approfondie et presque définitive; mais M. Waddington n’a point parlé devant la docte compagnie de la critique savante, de la patience d’antiquaire, de la finesse d’interprétation de M. Perrot placé en face d’un des plus vieux et des plus énigmatiques monuments de toute l’.à.sie, et, comme la chose en vaut la peine , je demande la permission de m’y arrêter un instant.

Les Turcs donnent le nom A' lasili-kaïa (la pierre écrite) à des rochers couverts de bas-reliefs situés au bout de la Cappadoce. On dirait que ces panathénées barbares — et Ton voit en elîet la rencontre des deux cortèges conduits par des dieux ou des rois — que

LE TESTAMENT D’AÜGOST A ANCYRE. 2til

ces soixante ügures rongées par les siècles ont été sculptées pour donner des tortures aux Saumaises de nos jours. Ainsi , là môme où Raoul-Rochette ' et Lajard^ reconnaissent les deux grandes divinités de la religion assyrienne, Sandon et Mylitta, Texier ’ voit la réunion des Paphlagoniens et des Perses, Hamilton * un traité entre un roi de Perse et un roi de Lydie, Kippert^ des Scythes cimmériens, etBarth® le mariage du fils de Cyaxares, roi des Mèdes, avec la fille d’Alyate, roi de Lydie.

M. Perrot commence par écarter l’interprétatiou historique. Pour lui, ce monument est un monument religieux. Il y a, dit-il, dans ces bas-reliefs, un goût pour l’étrange, un tour d'imagination, un choix de symboles qui font plutôt penser au culte matériahste de la Syrie.

Or les Cappadociens, qu’IIérodote appelle Leuco- Syriens (les Syriens blancs), étaient de race sémitique. Un aurait donc ici un sanctuaire syrien, assez voisin de la ville cappadocienne de Pteria, sanctuaire consacré à l’adoration d’un de ces couples divins nommés Baal et Astarté, Tammouz et Baaltis, Sandon et Mylitta, Reshep et Analt, ou, comme disaient les "Grecs, Adonis et Aphrodite.

1 . S«r l'Hercule phénicien et assyrien; Mémoires de l’Institut, 1848, l. XXVII, p. 180.

2. Sur leculiede Vénus en Orient et en Occident, Paris, 1837-1849, p. 129.

3. Description de l’Asie Mineure (Paris, 1839), t. I"', p. 219. — Toutefois, il est juste d’ajouter que Texier, un peu plus tard, a cru pouvoir reconnaître ici la déesse Anaïtis arrivant d’Orient et reçue par tes Cappadociens.

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