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EDGAI PiWCET,
aucun éditeur, s'est vendu à un nombre considérable d'exemplaires, et, découpé en pièce de théâtre, a rapporté à l'auteur près de vingt mille livres sterling ( f>oo,ooo fr.). Est-ce là ce qui rend Arcbibald Clavcring-Gunlcr exubérant et jovial? En tout ai--, la mélancolie n'est pas son fait.
Le doyen des poètes américains — après Oliver W cndcll Holmes, maintenant que Whittier est mort — est né en 1825, et s'appelle Richard-Henry Stoddard. Il fut d'abord fondeur en fer, puis rédacteur en ebef de plusieurs journaux; il dirige maintenant le Mail and Express. Ses vers l'ont fait connaître depuis quarante ans ; la puissance lyrique s'y déploie librement. Bien que plus jeune que Longfellow et son groupe, — il est né en 182.0, — c'est à eux qu'il se rattache pour l'inspiration
non moins que pour les procédés d'exécution.
L'homme qui a peut-être le plusd'autorité dans les cercles littéraires de New- York est Edmund- Clarence Stedman , poète et critique. Il n'est guère de fête nationale ni de circonstances importantes dans la vie sociale de sa cité où sa voix ne se fasse entendre.
Tour à tour correspondant de journaux, banquier et auteur, il avait amassé une vaste fortune, qui a disparu dans un des krachs financiers de ces dernières années. Depuis ce désastre, il s'est retiré dans un faubourg, à l'ouest de la ville, et ses soirées littéraires du samedi, si brillantes et si courues, sont, comme
EDMUBD-CLAKEHCE STEDMAN, né Cil l832.
UN CENTRE LITTÉRAIRE AUX ÉTATS-UNIS. 3i7
on dit là-bas, une chose du passé, a thing of the past. Sa ruine n'a d'ailleurs rien que de relatif, Je ne sais si les deux grandes publications où il a pu mettre en lumière son rare talent de critique documenté et consciencieux : The Poets of imerica et The Library of American Literature, continuent à être nue source de revenu pour lui, comme elles le son!
I 1 r s ce ri a i ne ni en I pour ses éditeurs; mais il a récemment donné, à John's Hopkins l niversil \ , une série de conférences sur la nature et les éléments «le la poésie qui, publiées d'abord dans une revue, puis en volume, ne lui rapporteront , selon les prévisions les plus modérées, pas moins
de deux mille livres sterling, soii plus de cinquante mille francs'. Le rédacteur en eliei du Cenlwy Magazine, Richard A\ ;i l ^i >i i Gilder, a été imprimeur, puis soldai ; il est resté un homme intelligent, cultivé, actif, serviable, plein d'enthousiasme et fait pour exciter la sympathie. Les loisirs que lui laisse l'importante revue qu'il dirige, il les partage entre les soins que demandent l'aménagement et la décoration intérieure de sa maison de ville el île sa maison des champs, auxquels il préside lui môme avec un goût original et hardi, et la politique. Démocrate anlent. il n'en marche pas moins d'accord avec les républicains de New- York pour tout ce qui touche les intérêts de la ville. Ses réceptions du vendredi soir son I liés sui\ics. Sa femme, Mrs. Gilder, artiste dont les dessins prouvent un talent à la Ibis gracieux et
forme, et sœur du poêle De Kay, en fait les honneurs avec une affabilité bienveillante qui gagne les cœurs. M. Gilcler a pour collègue au Century, un autre poète, Robert Undervoord Johnson, qui s'est mis naguère à la tète du mouvement en faveur de la propriété littéraire et a su le faire heureusement aboutir, doublions pas Mrs. Sangster, qui dirige le Harper's Bazaar,
et dont le talent de poétesse est reconnu et admiré de tous.
Le critique dramatique le plus influent, celui dont les jugements dans le journal la Tribune font et défont les réputations, William YV inter, est un Francisque Sarcey qui serait poète. C'est dire combien il diffère — quels que soient d'ailleurs les autres points de rapprochement possibles — du cher et illustre critique du Temps. Celui qui connaît le mieux avec lui le monde dramatique aux Etats-Unis, et même en Angleterre où il vient souvent et a beaucoup d'amis, est Laurence Hutton, gentleman d'origine écossaise, de goûts et de manières cosmopolites, mais ardemment Américain au fond du cœur. Il fréquente assidûment le « Players'club » ou club des acteurs, est un bibliophile et collectionneur de bibelots passionné, et reçoit le dimanche soir tout ce que New- York contient de notabilités dans tous les ordres de l'activité humaine. Lawrence Hutton a écrit, sur le vieux Londres et le vieil Edimbourg, des livres qui l'ont rendu aussi célèbre de ce côté-ci de l'Atlantique que de l'autre.