FRANCK R. STOCKTON
qu'il raconte. Elles ne perdent pas trop, d'ailleurs, à èlre imprimées. Ses plaisanteries sont autre chose que des jeux de mots soulignes de grimaces ; il y met toujours un art et un sentiment à la fois littéraires et humains, qui les sain cul. Il a remporté de grands succès de conférencier, en compa ''ri'h,, gnic du poète James AN hiteombe Rilc\ .
Plus jeune que les écrivains dont nous venons de parler , puisqu'il n'a que quarante-cinq ans, Edgar l'nwcel est né à New Y ork et \ passe tout le temps qu'il n'est pas en Angleterre. Son père était anglais, et son extérieur de clubman correct ne dément point son origine. 11 a beaucoup écrit sur la haute
société de New-York dont il fait partie; mais, par une opposition assez fréquente, que la Sagesse des nations a mise en formule quand elle a dit : les extrêmes ^e loin lient, il a aussi peint de main de maître les bouges et les enfers de la mande cité. Deux de ses œuvres récentes : A New-York Family et The Evil that men do, montrent ce qu'il sait faire dans cette direction. I ne fois par semaine il reçoit, dans son appartement de garçon, les gens de lettres, ses confrères, sans s'occuper de leur position sociale et de leur savoir-vivre mondain; ses invitations se portent même, de préférence, si l'occasion s'en offre, sur ceux dont le caractère est excentrique et l'extérieur négligé. Quoi qu'il en soit, ses soirées sont les plus littéraires de New-York. On y rencontre souvent Edgar Saltus, jeune écrivain fortement influencé
L'AIiT ET L'IDEE.
par les écoles modernes françaises, dont les récents récits ont pour sujet presque unique la femme, sans aucune des réserves que le cant impose, et qui, à la richesse des images et des épithèlcs, joint le don de concision et d'intensité d'effet qui fut chez nous l'apanage de Maupassant.
Ancien prêcheur méthodiste, Edward Eggleston a rédigé en
chef le New York Independent et liearth and Home. Deux de ses romans : The Hoosier Schoolmaster et Tlie Graysons, sont devenus populaires, et tout dernièrement, le Centnry Magazine en publiait un autre, intitulé : Failli Doctor.
cpii ne peut qu'ajouter à sa réputation.
Cet écrivain, né en i83y, est une des colonnes du Century Club où la superbe EbGAB iv. ut. crinière grisonnante
qui se dresse sur sa tète énorme a un effet étrangement décoratif.
Le fils de Nathaniel Hawthornc, Julian, écrivain prolifique en plus d'un genre et qui a le talent nécessaire pour porter dignement le nom de son père sans le faire oublier, demeure à quelque distance de New- York, à Sag-IIarbour, Long-Island. Son beau-frère, George Parsons Lathrop, d'un an plus jeune que lui, — il est né en 1847, - — habile New London, tout près de New- York, et s'est l'ait une grande réputation de poète, qui se répand lentement eu Europe.
Une femme qui signe Julien Gordon, Mrs \an Rensselaer Gruger, d'extraction hollandaise, comme son nom l'indique, a
eu, dès ses premiers romans, un succès qui ne fait que grandir, grâce à la vérité et à la vie des personnages qu'elle met en scène. Une autre million1*.-:, Mrs. Harrison, s'est aussi fait une place distinguée parmi les romanciers du temps par ses scènes de la vie populaire dans la A irginie il \ a quelque trente ans.
H.-C. Bunncr, le rédacteur en chef du Pack, le Punch amé ricain, de même que le Punch est le Charivari français, auteur de nouvelles remarquables i'l d'une pièce de vers que tout le monde, là-bas, sait par cœur : Tlw way to ircady, s'est retiré à la campagne et ae vient plus guère à New-York que pour affaires. An contraire, le jeune Richard Harding Davis, rédacteur en chef du Harper's Weekly el an leur du roman intitulé : Gallegher, aime New- York pour les succès mondains qu'il y trouve. C'esl le lion littéraire de la ville; cl quand on considère sa robustesse élégante, sa grande taille, ses traits énergiques et réguliers qu'illumine parfois un sourire charmant, on reconnaît que l'engouement ne s'est pas, celle fois, égaré.
L'auteur amusant de Miss .\obo<ly of nowhere a résoin le problème d'exploiter lui-même ses ouvrages. Sa femme est en permanence à un bureau où elle vend ses livres, el s'occupe de tous les détails de la comptabilité avec un zèle fructueux. Aussi est-il cité parmi ceux qui tirent le plus gros revenu de leurs ouvrages. Un roman, Mr. Bar nés, qui n'avait été accepté par