PHYSIOLOGIE DE L'ICONOPH ILE
les gravures qvii, de près ou de loin, peuvent se rapporter au texte, sont encore nombreux. Mais j'ai parlé ailleurs de celte race enfouisseuse d'estampes et destructrice de livres.
En même temps que le collectionneur changeait de manière, le marchand changeait d'allures et d'aspect.
Quel serait l'élonnemcnt de Delpech. le marchand en vogue vers 182Ô, s'il voyait les salons où se tiennent, élégants, courtois et corrects, les employés de ses successeurs directs, sinon inmiédiats, MM. Boussod et Valadon?
Où retrouver l'équivalent de la l)outi(|ue de Guihaut, qui Ilorissail en i83o?
Et le grand Yignères, que plus d'un colleclionncur vivant a connu, se contenterait-il en notre fin de siècle de l'échoppe qu'il occupait au milieu des baraques de la place du Carrousel, au lenqis où le « Château )) s'accommodait du voisinage de ce cloaque?
Les boutiques sont devenues des magasins. Le client y entre d'un air affairé, explique ce qu'il désire, attend qu'vm commis lui apporte ce (pi'on suppose lui convenir, et, quand il a l'ail son choix et débat lu le prix, dit : « Vous m'enverrez ça. » Si im confrère en iconophilic de sa connaissance entre pendant qu'il est encore là, ils échangent un bonjour, et chacun vaque à son aflaire de son côté, ne parlant qu'à demi-voix au commis qui le sert.
Que sont devenues les rencontres, fortuites, sans doute, mais si régulières qu'on les eût prises pour des rendez-vous, des amis et des érudils de l'estampe, chez Clément, le marchand attitré de la Bibliothèque impériale ou royale, — nationale quand même, autant qu'aujourd'hui? Les nouvelles, les potins, les découvertes, les renseignements judicieux et savants
marchand d'estampes
de la Nationale.
s'y croisaient clans une conversation pleine d'abandon et d'entrain. C'était la petite Bourse des gravures, comme c'était naguère, chez Rouquettc, la petite Bourse des livres. Bouillon, son successeur, a vu graduellement ce beau feu baisser et s'éteindre, et il reste seul à sa table, lamentable vestale d'un fover mort.
Le magasin de Rapilly, le marcliand d'estampes, ne diffère point du magasin de Porquet, le marchand de livres. L'un n'est pas plus animé que l'autre. L'un et l'autre pourtant sont bondés de richesses et ont pour clients les gros acheteurs du monde entier. Mais les affaires s'y font comme chez un conliseur ou un bijoutier. Ce n'est pas la faute des marchands, toujours prêts à mettre avec bonne grâce leur expérience au service de qui ne craint pas d'y avoir recours. Mais l'acheteur fait le vendeur à son image, et le bon ton chez l'acheteur, c'est d'être froid, boutonne, gommé, dédaigneux.
C'est au point qu'un des plus importants printsellers des quais va faire l'économie de son magasin à devanture et conduire dorénavant son commerce en chambre.
Pour les amateurs rebelles au bon ton, — l'espèce n'en est pas tout à fait perdue, — il reste certains coins curieux et libres, où l'on peut fureter et causer, où l'on ne sent pas le poids des yeux étonnés d'employés graves, qui vous regardent de l'air hostile dont un chien guette une grosse mouche bourdonnant dans une carafe. Chez Sapin, qui vend aussi des auto- Cii ARLES CiiiNciioLLE, gTaphcs ct des livrcs ; chcz
ex-directeur du journal l'Estampe. Sagot, OÙ SC rendent ,
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LES ANCIENS VENDEURS D'ESTAMPES Boutique de Rickner, éditeur, marchand d'estampes, iSilt. Panoramas du Boulevard.
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LES ANCIENS VENDEURS D'ESTAMPES Boutique de Gihaut, marchand d'estampes et éditeur, vers i835. Boulevard des Italiens.
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LES ANCIENS VENDEURS D'ESTAMPES Boutique de Vignères, éditeur d'cslampes. liaratjues de la place du Carrousel, vers i84y.
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