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A. Malati, Il mito di Filotlele

LES MALADES ET LES MÉDECINS

puyant de la main droite sur un long- bâton et le regard fixé sur son pied gauche blessé qu’il tient soulevé à la hauteur des mains de Machaon, afin que ce dernier puisse le panser commodément. De Machaon, il ne reste que la partie inférieure du corps drapée et les deux mains qui bandent le pied de Philoctète. Entre le médecin et le patient est placé un diphros oklndias (siège) sur lequel se trouve un pot de baume et une éponge : à terre, à droite de Philoctète, un serpent se contourne. Sans aucun doute le vase renferme le remède employé par Machaon pour la guérison de cette cruelle blessure, et l’éponge a servi à laver sa plaie. Quant au reptile, inutile pour caractériser notre héros, il ne peut servir qu’à rappeler la nature et la cause du mal.

On trouve encore une scène du pansement sur une pierre gravée antique qui montre un chirurgien liant le genou d’un blessé avec un bandage. Parmi les basreliefs de la colonne Trajane, on voit un infirmier bandant la cuisse d’un soldat (Fig. 251).

Mais le spécimen le plus curieux, à ce point de vue, est une coupe de Sosias du musée de Berlin. Olivier Rayet en parle comme un des chefs-d’œuvre de la céramique grecque. Elle appartient à la période des vases à figures rouges de la fin du v9 et du vie siècle. La scène qui occupe tout le fond de la coupe se compose de deux personnages. Achille panse le bras de Patrocle blessé. Assis sur son bouclier, le jeune héros, tout en soutenant de la main droite son membre blessé, témoigne, par des signes non équivoques, la plus vive douleur, pendant qu’Achille, un genou en terre, avec un calme qui contraste avec l’agitation de son ami, exécute sur le bras malade un très habile pansement en croisant en sens inverse les tours d’une bande dont il tient les deux extrémités de chaque main.

Les peintures sur vases nous offrent encore une scène d qne autre nature, mais qui mérite également d’être citée ici. Le génie grec avait parfois de singulières audaces. Dans le fond d’une coupe dont les bords représentent une, scène

FIG. 251. — LES soins! aux blessés (Bas-relief de la colonne Trajane.)

de banquet somptueuse avec les musiciens' et les courtisanes, l’artiste a figuré, en manière de morale, sans doute, la suite trop naturelle de ces orgies. Un malheureux convive est pris de l’indisposition la plus vulgaire, la plus triviale, figurée avec tout le réalisme voulu. Penché sur le bord du lit, le front appuyé dans sa main gauche, il est dans l’attitude d’un homme qui ressent dans son estomac surmené les signes avant-coureurs de la débâcle. Sa main droite se

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