Le Dr Meige les a aussi décrites
gravure nous révèle d’une façon indiscutable son existence, et nous pensons, telle est la similitude entre l’esquisse et le tableau, qu’au lieu de se trouver en présence d’un projet du maître, M. Gilles de la Tourette a eu sous les yeux un croquis rapide, soit du peintre lui-même, soit d’un de ses élèves, d’après un troisième tableau complètement achevé, qui n’est, ni celui de Vienne, ni celui de Munich et que nous ne connaissons que par la gravure qui le reproduit.
La description que donne M. Gilles de la Tourette de l’esquisse ne demande qu’à être légèrement modifiée pour s’appliquer à la gravure en question, i
Dans l’échoppe d’un rebouteur, barbier-chirurgien quelconque, un pauvre diable, tâcheron ou paysan, est assis sur une chaise dont l’un des montants supporte son chapeau de feutre. Le pied gauche repose sur un billot carré, les-deux mains se joignent en anse sous le creux du jarret. La figure exprime la souffrance. Elle se traduit par le plissement du front et l’ouverture de la bouche qui laisse échapper des gémissements.
C’est que le maître du lieu, le chirurgien de campagne, est occupé à pratiquer sur le pied du patient une opération, bien simple d’ailleurs, et qui n’est autre qu’un pansement, l’enlèvement d’un emplâtre. Mais cette opération ne va pas toujours sans douleur, quelque soin qu’y mette le vieux praticien. C’est, en effet, un homme d’âge, tout voûté, d’aspect ridicule avec sa taille sous les bras, son nez volumineux, son menton de galoche et son béret enfoncé jusque sur les yeux. Près de lui, à terre, quelques instruments et, plus loin, le soulier éculé du voyageur.
Au deuxième plan, la maîtresse de céans assise devant un comptoir contemple la scène tout en faisant chauffer un nouvel emplâtre au-dessus d’un petit réchaud. Sa physionomie ne respire point la compassion, elle paraît furieuse et doit à coup sûr gourmander le patient en l’invitant à se taire. La gravure porte une légende peu charitable et qui semble dictée par cette mégère. « Chirurgien, dit-elle, brûle, taille, purge, soigne ; il faut que le patient apprenne par expérience que la médecine ne va pas sans douleur. »
Le tableau du musée de Munich est plus important et plus intéressant encore. Il n’est pas sans analogie avec le Teniers de Cassel; dans les deux tableaux la scène est double ; au premier plan, le pédicure, plus loin le barbier barbant. Je n’insisterai pas sur les analogies qui existent, dans toutes ces œuvres, entre les poses des différents personnages. C’est toujours, à peu de
LES MALADES ET LES MÉDECINS
chose près, la même attitude. Je louerai ici le naturel du barbier qui incise la chair; moins grotesque que le précédent, le nez sur son ouvrage, il tient le bistouri le plus correctement du monde, « comme une plume à écrire ». Quant à la vieille qui fait encore chauffer l’emplâtre, sa figure n’est guère moins rébarbative, mais elle est distraite par un nouvel arrivant qui entr’ouvre la porte.
La pose du blessé diffère de celles que nous avons vues jusqu’ici. Son pied