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FIG. 281. — LE PÉDICURE, PAR A. BRAUWER

(Gravure de Corn Vischer, Cabinet des Estampes.)

gauche malade repose sur son genou droit. Et sa physionomie exprime la douleur sous une forme très différente de celle du tableau précédent. Les sourcils sont légèrement froncés. La bouche est entr’ouverte et les lèvres tendues en avant, circonscrivant l’orifice buccal arrondi, expriment une souffrance à demi contenue qui se répand en bruyants soupirs mais qui ne crie pas encore.

Le tableau du musée de Vienne se rapproche un peu plus du premier que nous avons étudié. Le pédicure est d’apparence plus cossue. Gomme ceux de

Teniers, il porte le bonnet à fourrures et le petit tablier blanc. Le patient lève la tête en poussant cette fois les plus affreux gémissements. L’expression caricaturale y est. plus’ accentuée. Quant à la vieille,- elle découpe en ricanant un nouvel emplâtre avec des ciseaux, car nous assistons encore, ici, non pas à une .opération, mais' à une simple scène de pansement.

Uii quatrième personnage complète ici le trio habituel. Derrière le chirurgien, un brave paysan, courbé en avant, les deux mains appuyées sur son bâton, contemple la scène et sa physionomie exprime une compassion comique.

Le Dr Meige nous a fait connaître deux autres œuvres de Brauwc.r se rapportant aux pédicures : un tableau dè Francfort-sur-le-Mein et un dessin du musée des Offices à Florence. Ils diffèrent notablement de ceux que nous venons d’étudier. Le premier est une scène de pansement, le second une opération, le grattage d’un cor. Toujours les trois mêmes personnages : l’opéré, l’opérateur, la vieille. Toujours ainsi la tendance au burlesque. Le barbier de Francfort-sur-le-Mein est ■ bien misérable et d’une laideur insigne avec ses petits yeux bridés, son gros nez épaté et sa mâchoire sans dents ». Quant a la vieille, elle est purement grotesque, louchant, brèche-dent, revêche et grognon.

Dans le dessin à la plume du musée des Offices représentant un Pédicure , le ridicule est moins marqué. Il effleure seulement le barbier brèche-dent et muni de grosses lunettes, mais dont l’attitude ne perd rien de son naturel et de son. sérieux. II est gravement occupé à racler probablement un cor sur le côté du gros orteil avec un court bistouri. Quant à la pose de l’opéré, elle est d’une fine observation. « Le corps renversé en arrière, les bras repliés contre la poitrine, . les poings fermés, les doig’ts crispés, le rude villageois se raidit contré la douleur, fronçant les sourcils, fermant les yeux, pinçant les lèvres pour ne point crier. Sa mimique n’a rien de grotesque, car elle traduit un violent effort de volonté1. » La jambe droite se cache sous le fauteuil, mais la gauche demi-nue et demi-allongée est solidement maintenue au-dessus de la cheville par une vieille femme à la mine apitoyée.

Le musée du Louvre possède un petit tableau de Brauwer qui, pour n’être

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