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L’Art byzantin, p

3. Les exemples du Christ élevé sur la croix avec ses habillements sont nombreux parmi les monuments des vine, ixe et xe siècles.

Plus tard, au xue siècle, la tunique commence à s’écourter, les manches disparaissent, et la poitrine se montre à découvert. Enfin, au xive siècle, le Christ sur la croix n’a plus qu’un morceau d’étoffe autour des reins, et encore cette étoffe devient-elle une gaze légère dont la transparence ne masque point les formes du corps, ainsi qu’on peut le voir sur deux tableaux attribués à l’École française et conservés au musée du Louvre; mais cet usage n’a point prévalu, et les artistes ont ceint le corps du Christ d’un linge blanc, tel que nous le voyons dans les œuvres modernes.

LES MORTS

Van der Veyden (vers 1400-1464) nous en montre deux exemples très finement observés, dans deux Descentes de croix , dont l’une est à Vienne (Fig. 309) et dont l’autre se voit au musée du Louvre.

Par contre, Rembrandt (1606-1669) nous représente le cadavre du Christ à

l’état de résolution la plus complète. Il est difficile d’accentuer avec plus de vigueur et de réalité que dans sa Descente de croix du musée de Munich (Fig\ 310) cet état de flaccidité absolue du corps dont les muscles ont perdu toute leur tonicité.

Généralement, les artistes chrétiens ont saisi, avec une grande justesse, le

FIG. 310. — DESCENTE DE CROIX, PAR REMBRANDT. (Musée de Munich.)

faciès cadavérique. Le visage qui conserve après la mort l’empreinte de la souffrance, montre ses yeux caves et demi-clos, le nez effdé, les pommettes saillantes, les lèvres pendantes et la bouche entr’ouverte par la chute du maxillaire inférieur. J’en donnerai deux exemples empruntés à l’art italien (Fig. 311 et 312).

Rubens (1577-1060) a peint un Christ pleuré par les siens, conservé au musée de Vienne, qui mérite d’être cité (Fig. 313). C’est un Christ

affreuse grimace, les plaies et les meurtrissures ont été multipliées à l’envi et de longues traînées sanglantes ont rayé le corps du divin crucifié. Le peintre espagmol Moralès (1509 ?-1586), surnommé « le divin », est célèbre par ses Christs sanglants et décharnés que la Mère de douleur arrose de ses larmes. Ses élèves, ou plutôt ses imitateurs, ont encore accentué ces tendances vers l’horrible dont l’exagération finit par toucher au grotesque.

L’école allemande a aussi ses Christs, copiés sur la nature. Aux stigmates de la mort, au détail des plaies, s’ajoute la vulgarité du type. Le crucifié de

charnu, ainsi que le devait comporter la manière habituelle du maître anversois, et qui par là contraste avec le type généralement adopté. Mais la face, vue en raccourci, est un chef-d’œuvre d’observation délicate, d’un réalisme consciencieux. La bouche est béante, et l’œil gauche, entr’ouvert et vitreux, se voit dans l’ombre de la main de la sainte femme qui se dispose à qbaisser la paupière. L’œil droit est déjà

Mais de nombreux artistes ont renchéri encore sur le lugubre spectacle de la mort. L'expression de douleur s’est transformée en

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