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L'Archéologie étrusque el romaine, p

2. Le musée du Louvre en possède un spécimen fort beau portant le n° 341 du catalogue de M. W. Frôhner.

fig. 308. — l’exposition du mort. (Peinture sur un lécythe blanc, musée du Louvre.)

Toutefois, à ses débuts, l’art chrétien, qui prit naissance dans les catacombes, ne représente pas la mort. La peinture chrétienne revêt des formes symboliques ou allégoriques . Les sujets sont tirés du Nouveau et de l’Ancien Testament, et l’artiste y cherche surtout un enseignement moral qui, par les yeux, s’adresse à l’àme. « Si l’on rappelle sans cessé l’intervention salutaire du Christ, dit M. Bayet, on ne retrace jamais sa passion, non plus que les souffrances des martyrs '. »

Les sarcophages chrétiens du ive et du vü siècle, dont le musée de Latran, à Rome, et le musée d’Arles, en France, offrent de si nombreux spécimens, sont décorés de bas-reliefs fig'urant également des scènes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament. C'est beaucoup plus tard que l’on reproduisit les traits du défunt sur les tombeaux.

C’est dans ce dernier ordre de spécimens artistiques, dans les images tombales, que nous trouverons les documents les plus intéressants relatifs à la représentation du cadavre. Mais l’art chrétien devait trouver, dans l’histoire du Christ et des martyrs, bien d’autres occasions de représenter la mort. Sur la croix, les artistes nous ont montré le Christ, tantôt mourant, jetant au ciel son grand cri : Consommation est , tantôt la tête pendante, ayant exhalé le dernier soupir. Mais dans la Descente de croix , dans la Vierge pleurant sur le corps de son Fils , dans la Mise au tombeau , sujets qui ont défrayé la peinture religieuse de plusieurs siècles, la représention du mort tient le premier rang’. Nous ne saurions nous étendre long'uement sur un sujet où l'abondance des documents devient un embarras et qui, par une voie détournée, ne nous conduirait à rien moins qu’à refaire l’histoire de l’art chrétien. Mais, sans sortir du domaine spécial où nous nous enfermons, il nous a paru utile de donner une rapide esquisse sur la façon dont le Christ mort a été représenté.

Au temps de la primitive Égdise, on voit la croix, mais sans lé Christ. Au dire d’Émeric David, c’est Jean VU, Grec de naissance, élu pape en l’an 705, qui paraît avoir le premier consacré le Crucifix dans l’église de Saint- Pierre.

Il fit représenter ce sujet dans une chapelle dédiée à la Vierge. « On y voyait

. Bayet, Précis d'histoire de l'art, p. 110.

LES MORTS

Jésus vêtu d’une tunique qui descendait jusqu’aux talons; au pied de la croix étaient deux bourreaux, dont l’un perçait le corps du Sauveur d’un coup de

>Ii(etkhe, phot.

FIG. 309. — I.E CHRIST MORT, PAR VAN DER WEYDEN. (Musée de Vienne.)

lance, et l’autre lui présentait une éponge imbibée de vinaigre; à sa droite était saint Jean, à sa gauche la Vierge, tous deux debout; le soleil et la lune se montraient dans les airs, comme pour être témoins du sacrifice de l’Homme- Dieu. Mais cet être divin ne paraissait point souffrir; sa tête était droite; ses yeux ouverts offraient en quelque sorte un emblème de son immortalité 1 . . . »

I. Émeric David, Histoire de la peinture au moyen âge , p. 61.

« Le génie des Grecs, dit le même auteur, semblait se refuser à peindre ^Jésus-Christ, couronné d’épines, percé d’un coup de lance,, épuisé par l’agonie. Les Latins eux-mêmes, qui connurent plus tôt que les Grecs ces peintures lugubres, paraissent ne les avoir adoptées qu’à regret. Longtemps encore, après avoir peint Jésus souffrant, ils le représentèrent sur la croix, jeune, sans barbe, inaccessible à la douleur, coiffé d’un bandeau royal, d’une mitre ou d’une tiare, et, quelquefois même, assis au milieu de ce bois mystérieux, comme sur un trône 1 . »

Un triptyque du Cabinet des médailles du xie ou du xnc siècle nous montre qu’à cette époque, ainsi que le fait remarquer M. Ch. Bayet2, les artistes n’avaient pas encore imaginé de placer sur la croix un Christ amaigri dont les membres sorit tordus par les convulsions de l’agonie; le corps à demi nu présente au contraire 'des proportions assez exactes et un modelé assez juste3.

Le Christ, d’une effrayante maigreur, déformé par le jeûne et la souffrance, est le type qui a prévalu dans la suite. Bien rarement il est idéalisé, et souvent la peinture du cadavre est poussée jusqu’au réalisme. Il j faut arriver aux xv1' et xvj® siècles pour constater un retour Aux anciennes traditions, et trouver dans leé œuvres de la Renaissance italienne des tableaux d'ans lesquels l’artiste [cherche à donner au Christ mort la beauté des formes que la Grèce donnait à ses. dieux.

Dans cette longue série d’œuvres d’une valeur d’ailleurs bien inégale au point de vue de l’art,, nous avons à relever plus d’un détail intéressant.

Parfois, le Christ mort est représenté alors que la rigidité musculaire a envahi tous les ••membres. Le cadavre roidi se tient tout d’unepièce, ainsi que

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