‹ L'art et la médecineChapitre 161 sur 191 · FIG. 328. — LES TROIS AGES · texte numérisé non relu

FIG. 328. — LES TROIS AGES

(École allemande du xvi° s., musée du Prado, Madrid.)

Sur le tombeau du maréchal de La Palice, dont les débris sont au musée d'Avignon, la Mort était représentée par un cadavre décharné et ouvert au milieu du ventre d’une large blessure, armée d’un dard menaçant. Dans un curieux tableau de l’école allemande du xvi° siècle, au musée du Prado à Madrid et intitulé les Trois âges de la vie humaine (Fig 328), on voit aussi la Mort sous l’aspect d’un cadavre momifié. Elle saisit par le bras une femme d’âge mûr, laquelle met la main sur l'épaule d’une jeune fille qu’effraye un semblable voisinage. Ici le lugubre décharné entraîne la vieillesse déjà proche de la tombe. Ailleurs il fauche la jeunesse en sa fleur. Mais en aucun cas, la Mort ne se présente le regard tourné vers le ciel dans l’attitude de la supplication ou de la prière. L’éternelle moissonneuse accomplit sa lugubre besogne, sourde aux plaintes ou aux objurgations. Son geste' est celui du commandement on de la menace. Son attitude dit la puissance à laquelle rien ne résiste ici-bas.

Ce n’est pas seulement dans les représentations funéraires que les artistes du xiv* siècle et des siècles suivants ont figuré la mort et ses affreux ravages.

Qui ne connaît la célèbre fresque du CampoSanto de Pisc, représentant le Triomphe de la Mort (Fig. 329), longtemps attribuée, sur la foi de Vasari, à Ohcagna, et qui semble devoir être restituée à l’école sicnnoise, peut-être aux Lorenzetti 1 (commencement du xiv” siècle).

Voici la description qu’en donne M. G. Lafenestre dans son livre sur la peinture italienne :

« Le Triomphe de la Mort porte le même titre que le poème de Pétrarque. Dans la fresque, comme dans les vers, la grâce et la vigueur avec lesquelles

recouverte par les téguments qui se continuent avec ceux de la nuque et du dos et rattachent ainsi la tête au tronc. Le crâne est supporté par une sorte de colonne qui s’enfonce dans le thorax et dont il est difficile de dire si elle représente la trachée ou le rachis. Une large éventration ouvre l’abdomen et permet d’apercevoir, dans sa profondeur et dans celle du thorax, le rachis et la face interne des côtes. Aux bras et aux jambes on aperçoit les os du squelette par les hiatus creusés dans les chairs en pourriture ; quelques’ loques de peau couvrent encore une partie des pieds et les chevilles. En plusieurs endroits, notamment sur la tête et sur l’abdomen, se voient « les vers du tombeau » assez longs, sinueux et ayant en somme toute l’apparence de petits serpents. Les mains et les poignets sont encore revêtus de quelques lambeaux des téguments, la gauche tenait suivant toute vraisemblance une faux, la droite un sablier, mais ces attributs manquent actuellement. La figure repose sur un petit tertre gazonné.

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