FIG. 63. — SAINT BENOIT DÉLIVHE UN MOINE POSSÉDÉ DU DEMON
(Gravure extraite d’une Vie de saint Benoit ,
démoniaque. Cette figure est plus proche de la fantaisie que de la réalité.
Le démoniaque de la seconde gravure n’est guère plus expressif (Fig. 64). L’idée de violence et d’agitation est cependant mieux rendue, les aides qui maintiennent le patient sont au nombre de quatre, mais l’attitude garde dans son ensemble quelque chose de théâtral et d’apprêté, sans aucun signe précis et caractéristique.
L’histoire de cette gravure est la suivante :
« En ce même temps il arriva qu’un ecclésiastique de l’église d’Aquino fut cruellement tourmenté du démon. Le vénérable Gostanza Yescovo de cette église, 1 avait déjà fait conduire aux divers lieux consacrés aux saints martyrs
pour obtenir sa délivrance, mais c’était en vain. Or tout le monde savait l’éminente grâce que Dieu avait accordée à saint Benoît. Le possédé fut conduit à l’homme de Dieu qui aussitôt implora Notre-Seigneur Jésus-Christ et chassa l’antique ennemi du corps du malheureux. »
Nous voyons en effet sur la gravure que saint Benoît est en prière, pendant que les diables sortent du corps du malheureux. On en compte quatre. Dans un lointain qui représente plusiéurs épisodes du même fait, on distingue le
possédé en proie aux agitations de son mal.
Saint Benoît avait recommandé à cet ecclésiastique guéri de ne plus se présenter aux ordres sacrés ! sous peine de retomber au pouvoir du démon. L’histoire rapporte que plusieurs années après, cet homme, oubliant la recommandation du saint, recevait les ordres sacrés :
mais « a-u même moment, le démon, qui l’avait laissé libre jusqu’alors, lui rentra dans le corps et ne cessa de le tourmenter, jusqu’à ce qu’il lui eût arraché lame ».
Dans un livre . consacré aux saints de la Bavière et illustre de nombreuses gravures1, nous avons trouvé deux scènes ae possession, l une, relative à saint Virgilius (Fig. 65); l’autre, à saint Bertoldus.
La première est la plus intéressante. Nous en. donnons ici la reproduction.
Saint Virgile, évêque de Salisburg, bénit un possédé maintenu par deux hommes vigoureux. Au-dessus du démoniaque, dont l'agitation ne présente
1. Bavaria Scinda Maximiliani sereniss, .principis, imperii, comilis palatini rheni utriusç. Bav. Ducis auspiciis cœpta, descripta, eidemq. nuncupata à Matthaeo Radero de Soc. J. CD.DC.XV. Raphaël Sadeler Antuerpianus Sereniss. Maxil. Chalcographus tabulis areis expressi et venum exposuit.
LES DÉMONIAQUES