CHAPITRE
LES GROTESQUES
Je réunirai sous ce titre les œuvres artistiques qui, dans l'intention bien arrêtée de leur auteur, ont été conçues dans le but manifeste de se servir de la difformité pour provoquer le rire. Ce n’est peut-être pas une forme très élevée de l’art, mais elle intéresse tout particulièrement le savant parce que l’artiste a bien souvent puisé’ dans la nature même les traits de ses figures, et, ainsi que nous le disions en commençant, ce - qu’on pourrait prendre pour le produit d’une imagination pervertie n’est parfois qu’une copie littérale de la réalité.
Un des plus beaux exemples de cet art caricatural et réaliste à la fois est un mascaron grotesque de l’église Santa Maria Formosa, à Venise, que le professeur Charcot remarqua dans un de ses voyages (Fig’. 95). L'illustre maître fut d’autant plus frappé à la vue de cette figure grimaçante qu’il venait quelques jours auparavant de retracer, devant son auditoire de la Salpêtrière, les symptômes de l’affection morbide qu’elle reproduit.
Ce mascaron grotesque appartient à l’art de la décadence italienne.
LES GROTESQUES
John Rustin,- qui en parle -dans son ouvrage, les Pierres de Ven ise,t l’apprécie fort •sévèrement. ■
« Une tête; énorme, • inhumaine et monstrueuse-, dit-il, ricanante, d’une expression qui la ravale au njve'au de . la brute, trop abjecte pour être représentée ou décrite, et.qu’onnq saurait contempler au delà de quelques instants...