‹ L'art et la médecineChapitre 56 sur 191 · John Ruskin, les Pierres de Venise, III, p · texte numérisé non relu

John Ruskin, les Pierres de Venise, III, p

FIG. 90. — IIKM1SPAS.ME GI.OSSO-LABJÉIIVSTISRIQI K A DROITE.

(Chez un malade de la Sftlpèlfïèrê.)

sculpture, nous pensons qu’il n’est peut-être pas sans intérêt d’exposer les quelques réflexions que son étude, à un point de vue purement médical, nous a suggérées.

A notre avis, cette déformation des traits, qùi donne au masque un aspect si g’rotesque et si hideux, n’est point le résultat d’une simple fantaisie artistique. La nature, dans l'infinie variété des formes, est une mine d’une richesse inépuisable où se mêlent le beau et le laid,

l'harmonieux et le difforme avec les degrés intermédiaires. L’artiste de Santa Maria Formosa, en quête d'un type grotesque, nous paraît l’avoir rencontré sur son chemin, vu de ses yeux, saisi au passag’e et reproduit avec une fidélité qui nous permet aujourd’hui cl’y retrouver les marques d’une déformation pathologique, d’une affection nerveuse nettement définie et dont nous avons eu sous nos yeux, à la Salpêtrière, des exemples fort intéressants (Fig.

96 et 97).

Il s’agit d’un spasme de la face d’une nature spéciale, coexistant souvent, chez les sujets hystériques mâles ou femelles,

Page 1