‹ L'art et la médecineChapitre 57 sur 191 · FACIAL A DROITE · texte numérisé non relu

FACIAL A DROITE

LES GROTESQUES

membres et présentant des caractères si tranchés qu’il est impossible de lè confondre avec une autre affection spasmodique faciale.

Avec des traits d’une laideur moindre, nous retrouvons chez nos malades atteints de cet « hémispasme glosso-labié » dont nous venons de donner une description sommaire, une déformation en tous pqints semblable à celle du mascaron de Santa Maria Formosa. Le spasme est localisé à une moitié de la face. Il envahit l’œil qui se Louve clos en partie ou complètement, ainsi que le nez fortement dévié et dont la narine du même côté est tirée par en haut. Il envahit également la partie inférieure du visage ; et la commissure labiale ainsi que le menton se trouvent violemment tirés sur le côté. Enfin la langue sortie de la bouche est déviée, la pointe dirigée du côté où le spasme existe et avec une exagération qui constitue par elle-même up des traits les plus caractéristiques de l'affection.

Sans avoir à m’étendre ici sur ce que la réunion de ces différents signes présente de caractéristique pour spécifier une affection et la différencier d’autres plus ou moins analogues, il nous semble impossible d’attribuer au hasard seul les similitudes sur lesquelles nous venons d’insister.

Non seulement l’artiste vénitien né s’est pas abandonné aux caprices de son imagination, mais il a en quelque sorte rompu avec la tradition du grotesque, pour imprimer à son œuvre ce caractère cle réalité saisissante. Cette face large, hideuse, aux traits grossiers, nez camard, bouche lippue, qui se retrouve fréquemment dans l’ornementation grotesque du moyen âge, descend en ligne

droite de la Gorgone des Grecs, et du dieu Bes des Égyptiens. La saillie de la langue vient compléter la ressemblance, mais, dans ces types antiques, elle pend large et droite,, nullement tirée de côté.

C’est ainsi qu’on voit un des diables des tours de Notre-Dame de Paris tirer une langue droite et pointue (Fig. 98). Un des diables fantastiques de la cathédrale de Bourges (bas-relief du tympan de la porte centrale, façade occidentale) qui conduisent les damnés dans 1 éternelle chaudière, laisse pendre hors de sa bouche une grosse

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