‹ L'art et la médecineChapitre 72 sur 191 · FIG. 122. — NAIN · texte numérisé non relu

FIG. 122. — NAIN

(Terre cuite de Tanagra, de la collection Camille Lécuyer et Charles Toclié.)

La collection des terres cuites de Myrina renferme un type remarquable de nain, grosse tête, jambes cag’neuses 1.

Il existe dans la collection Camille Lécuyer et Charles Toché, une petite terre cuite de Tanagra dans laquelle les signes de rachitisme sont très fidèlement rendus (Fig. 122] . C’est un nain à demi drapé et qui montre à découvert ses deux jambes cagneuses, dont l’une est plus courte que l’autre.,

. X° 332 du catalogue.

LES NAINS, LES BOUFFONS, LES IDIOTS

Un ventre proéminent, un déhanchement notable à droite complètent le tableau. La pose est pleine de mouvement et d’expression comique.

La collection de terres cuites antiques de O. Rayet renfermait une statuette de nain, trouvée à Pergame et décrite ainsi dans le catalogue : « N0' 118. Nain grotesque, nu, le crâne chauve, le visage difforme, les jambes courtes. Il marche vivement vers la gauche et ouvre la bouche très grande pour crier : on dirait un capitaine de pygmées menant sa troupe au combat. »

En effèt, la légende des pygmées, dont Homère a chanté les combats contre les grues, a laissé dans l’art antique des traces nombreuses. Des peintures de vases, des verreries, des bas-reliefs de terre cuite, des statuettes célèbrent leurs exploits. On trouve fréquemment les pygmées et les .g’rues dans les peinturés d’ornementation des maisons de Pompéi et d’IierCuIanum. Le musée du Louvre possède un certain nombre de statuettes en bronze représentant dés pygmées, et dont la provenance inconnue ne permet pas de les rattacher avec précision à l’art grec ou à l’art romain. Toutes lés probabilités sont cependant pour la seconde hypothèse. Nous en parlerons ici avec quelque détail.

Il convient de diviser, au point de vue morphologique, les pygmées du musée du Louvre en deux catégories. Les pygmées de la salle des bronzes offrent les caractères du nain et ne sont pas sans analogie avec le dieu Bes, dont j’ai longuement parlé plus haut. Le torse est long, charnu, les membres sont courts, ramassés, et les jambes, chez quelques-uns, offrent la courbure rachitique. Ils n’en présentent pas moins une morphologie très

Page 1