‹ L'art et la médecineChapitre 8 sur 191 · FIG. 12. — LE FILS POSSÉDÉ · texte numérisé non relu

FIG. 12. — LE FILS POSSÉDÉ

(Miniature. Manuscrit de l'empereur Olton conservé à la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, xic siècle.)

elle contient, à notre connaissance, la plus ancienne figure de possédé se faisant remarquer par un trait naturaliste décisif, qui n’est autre que l’extension exagérée du torse. Il s’agit de la guérison du fils possédé (Fig'. 12).

« Seigneur, s’écrie le père, ayez pitié de mon fils, car il est lunatique et il souffre cruellement; car souvent il tombe dans le feu et souvent dans l’eau. Et je l’ai présenté à vos disciples et ils n’ont pu le guérir. »

Et l’artiste nous montre le jeune homme au milieu d’une véritable crise, le

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tronc violemment courbé en arrière, la tête et les membres contracturés. Son père le soutient avec peine. Derrière le père, sur trois rangs, cinq hommes et une femme appuient sa demande de secours. Tandis que le père est représenté comme un homme riche avec une barbe blanche, des chausses rouges et un habit jaune descendant jusqu’aux genoux, le fils ne porte qu’un long vêtement blanc d’étoffe légère.

« Et Jésus gourai an da le démon,. eiMèfdémon sortit de l’ettfant qui fut guéri sur l’heure même '. »

D'n bas-relief èn bronze de- la même époque. (xie-siè'ele), et qui fait partie de la porte de l’église Saint-Zénon, à Vérone, nous fait assister à une scène fréquemment reproduite dans la suite, la délivrance d’une femme possédée (Fig. 13). Et ici la démoniaque n’est pgs de mince extraction. C’est la propre fille de l’empereur ; ; aussi est-ce saint Zénon lui-même, évêque dé Vérone, qui pratique l’exorcisme.

J’insisterai ici sur la pose de la possédée, qui n’est pas sans analogie avec celle du fils! possédé du manuscrit d’Aix-la-Chapelle.

Vêtue d’une longue tunique collante, elle sè renversé en arrière, faisant saillir Je ventre proéminent. L’exagération de cette attitude n’a rien d’excessif. Elle compte au !e.ghse h

1 Verone, xic siècle.)

nombre des sig’nes que nous observons chôz les malades hystériques au cours de leurs crises- convulsives. Derrièré elle, un moine lui saisit l’avant-bras d’une main, pendant que de l’autre il soutient les épaules et la tête qui se renverse également. En avant, l’évêque mitré, qui tient de sa main gauche l’autre bras de la possédée, élève la main droite et fait le geste de la bénédiction.

Au-dessus, le démon, sous la forme d’un génie, parait sortir de la bouche de la patiente.

Plusieurs manuscrits du xne siècle renferment aussi des scènes de possession naïvement peintes. Je ne ferai que citer un manuscrit grec de la Bibliothèque nationale (Supp. 27) dans lequel, à la page 67, les différents acteurs de la scène

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