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FIG. 10. — SCÈNE D’EXORCISME

(Miniature. Lettre ornée d’un sacramenlaire de Metz. ix« siècle. Bibliothèque nationale, n® 9128, fonds latin.)

agitations. Celle de droite lève le bras gauche, pendant qu’elle s’enfonce le poing droit dans l’estomac en sautant sur la pointe des pieds. Celle de gauche, lég’èrement renversée en arrière, a les deux mains derrière le dos, très vraisemblablement liées par les poignets, comme le possédé d’Oberzell.

Nous retrouvons, en effet, cette manière d’attacher les possédés très fréquemment représentée. Un manuscrit grec, entre autres, du xi° siècle, nous en fournit de nombreux exemples (n° 74, fonds grec). Ici, toutes les scènes d’exorcisme ont trait à la vie du Sauveur. Il n’y en a pas moins de huit. Et les possédés, figurés assez sommairement, ont tous les traits conventionnels que nous avons signalés. Ils sont nus, le milieu du corps à peine voilé par un linge ; le plus souvent, les mains sont attachées derrière le dos, les cheveux se

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hérissent, et de petites formes noires ailées s’échappent de leur bouche (Fig’. 11). Quant aux poses qu’ils affectent, elles n’offrent rien de caractéristique. Us semblent se démener ou courir. Et parfois, lorsqu’ils sont plusieurs, l’un d’eux est étendu à terre, tout de son long- sur le ventre, aux pieds du Christ qui les exorcise (Fig-. 339).

Les manuscrits de l’empereur Otton conservés à la cathédrale d’Aix-la- Chapelle, et qui sont également du xie siècle, contiennent des scènes de possession beaucoup plus importantes. Deux grandes miniatures y sont consacrées : l’une retrace l’épisode du possédé de Gérasa (Saint Marc,’ ch. v, 4), l’autre celui du fils possédé (Saint Mathieu, ch. xvn, 14). Elles méritent de nous arrêter un instant.

Le possédé de Gérasa, ainsi que nous l’avons déjà dit, demeurait dans les tombeaux et avait les pieds et les mains liés. Aussi voit-on, au bas de l’image, quatre tombeaux. Le malade est debout, mains et pieds liés, vêtu d’une ceinture de couleur sombre, devant le Sauveur qui lève la main et ordonne au diable de le quitter. Un petit fantôme aux longues ailes sort de la bouche du pauvre homme, et dans le bas on voit des figures diaboliques semblables à cheval sur trois cochons qui s’élancent dans l’eau, tandis qu’un quatrième cochon est déjà porté par les vagues.

Je n’ajouterai rien à la description précédente qui est celle qu’en donne

1. Les images des manuscrits de l’empereur Otton ont été reproduites par la photographie dans un Ouvrage récent dont nous devons la connaissance à l’obligeance du Dr Schuster (d’Aix-la-Chapelle) et intitulé : Die Bilder der Handschri/l des Kaisers Olto in Munster zu Aachen, etc. . . Von Stephan Beissel S. -J . Aacheu Rudolph Barth., 1886. — C’est à cet ouvrage que nous empruntons les détails que nous donnons ici.

M. Stephan Beissel dans son très intéressant ouvrage sur les manuscrits d’Aixla-Chapelle comparés aux évangéliaires de Trêves, de Gotha, de Brême et. d’Hildesheim, dans lesquels le même exorcisme est représenté d’une façon analog'ue.

La seconde miniature qui nous intéresse est traitée d’une tout autre façon;

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