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L'art et la révolution. Traduction de Jacques Mesnil

L'œuvre âe Wagiier, dont nous prése7iions au puhlic la pre?nière traduciioji fra7}çaise, peut se passer de tout commentaire : 9ious n'avons pas bewin, pour en saisir complètevioni la portée et le se?is profond^ de no?is reporter par l'imagination à l'époque où elle fut éciite. Elle parle directement à notre âme: elle exprime nettement ce que nous sentons eii 7ious-mêmes, elle éclaire des pensées qui tantôt e7icore demeuraient obscures à ?wtre conscience, elle formule des choses que nous connaissions, que 710US désino7'tS 7nais 7ie savio7is point dire, sa7is doute pour les a^^oir épro7ivées inoi7is vivetnent, 7noins vitale7nent que Vanteur. U71 de77ii siècle s'est écoulé depuis que ces pages 07it été co7içues, et les idées qu'elles co7itienne7it 07it gardé toute leur jeu7iesse et so9ii encore

aussi révolutionnaires aujourd'hui qu'elles Vêtaient alors : beaucoup rVe?itre-elles nous sont familières ; nous les rencontrons couramment dans les dents de tenda?ice anarchiste. Mais chez Wafjner elles nous apparaissent plus concrètes, pjlus vivantes, moins théoriques: elles vienneyit d"u7i véritable liomrae, elles sont le résultat de V expérience qu'il a faite de la vie, elle'i se son' développées avec lui, el'es sont V émanation de tout son être; elles ne sont 7ii un postulat de la raison, ni une prétendue conséquence nécessaire de ventés scientifiques La lecture de « V Art et la Révolution » a en ce sens quelque chose de décourageant : en corn,paraison des écrits de la plupart des prophètes de Vhumanité à venir qui délar/etit en une prose p)Ci>"f'^'i'^ ^i^^ insipide une science de mauvais aloi, se font une pjhilosophie des débris péniblement agencés de systèmes nés nonviables, et résolveiit en un tour de main les questions les plus complexes avec une assurance déroutante, l'ouvrage de Wagner nous paraît si solide, si profond, si vraime?it savant, si beau par le fond et la forme que nous sommes obligés de reconnaître Vabsence de tout progrès datis le se?is d'une précision croissajite des idées libertaires. Et nous ne pouvons calmer iiotre espnt reridu inquiet par une semblable constatation qu'en nous persuadant que si ces idées pendaiit ces cin-

quante dernières a7inées se sont émoussécs et parfois faussées, elles ont été du moins divulguées et ont pénétré profondément dans le peuple. Le fait qu'elles ont co?2quis bien des esprits grâce surtout au courant de pure p)assion humaiiie dont elles dérivent ptermet d'espérer qu'elles seront saisies sous leur vù)itahle aspect plus généralement quelles ne Vont été à l'époque où Wagner les expmma.

La présente introductio7i sera donc ava7it tout historique : mais elle ne contie^idra ptas U7iiquement des faits et dés dates. Je 7iiadresse à ceux qui da7is l'idstoire cherchent l'homme, s'efforce7ii de pé7iétrer a7nuureusemefil da7is rài7ie de ceux d'à ut refus et savc7it .s'// retrouver eux-mêmes.

En 1842, après trois a7is de séjour à Paris, R. Wagner revenait e7iAlle7nag7ie(i). Ces trois

(J) Concernant l'évolution de» idées de Wnijie)- j enduiit la i iyi.ode <l i.t il est question en cette yirrftice, et les éiênevtei.ts couleinvoroinx, covsitl!e,notamment : en premier lieu les œuvres mêmes de H. Wagner et purlivulieremeat *eine Mittht-ilung an meine frunide » 4e. vol. des « (itminii.tl;* Sehriflen und DiclitHiiyen * — les lettres de W'iKjner à Rockel. ( trad. p-ançaise de Maurite KafferùtU ) — Cei Ultres furent tirile-. uf^rè.s 18-40 : ma's les 4 premières d'entre elles dnelnjjeiit evcnre la cnvreitinn de la vit que Wagner avait à l'époque où U écrivit t l'Art et la Htvotuli'tn > et qn'H ttbandonn t êoas l'influence de S<lio^ enlmiier (ISôô).

HVGO DIMihR. liichurd Wuijuer's ijei.^ti4.e EntwUklumj. Voll.É^et •wv/a:;« cfnititnt <lei dttkiU Vi* imfirlahts sur lu /urtiiijaiiim fie H.

années avaient ètè pour lui pleines de rudes épreuves : il avait soufft;rt moralement et matériellement, mais il sortait de ces souffrances plus fort, plus mûr. Paris l'avait attiré par son éclat factice : il était allé là, espérant trouver un public compréJiensif, obtenir des succès rapides, triompher enfin. La vogue des 7nusiques française et itali^enne — toute d'effet extéiieur, d'apparence brillante — l'avait tin.

Wuffiier au moiiveineiU iiuturrectioniiel de Dresde de Mdi IStO, l'auteur lujxnt pu conmilter les idivei du procè.i ijui s'ensuivU. En ce nui eoiicerne la pxifcholoijie de Wii'jiier, il fiut ne dJ.,1ey de ce livre comme en ijénéral de tous ceux qui De publient aujourd'hui sur ce sujet en Allemu- (jiie : /e.< biofjmphes allemind-i tendent à finre de ^Yii juer exclunioement un ëlleinand dans le sens polili/ue du mol et cheifchent à lui prêter en quelque soi-te le rôle d'artiste et de prophète de l'unité allemnnde ( il s'ajil «le l'unité artificielle réalisée enlS70-71 J : ils ne comprennent pas la portée huiniinc d'un tel ijéni*. Coimncnt ces esprits serviles, soumis à tou,i l«< firmilisines, acceptant toutes les disciplines sans oser se demander si elles sont justifiées, bornés de toutes parts par des règlements et des lois, comment ces esprits pourraient-ils comprendre uns personnalité indépendante, uuton'tme comme celle de H. ]V l'iner ? Aussi pardnnnent-ds ci Wayner sou réuolutionnarisme comme on pardonne une erreur de jeunesse, sans s'apercevoir que Wajmr a en somme toujours été un révolutùmuaire, — et que c'est là — ce qu'il a de comm-in avec tous les ijrandjt ijénies.

Le liore de GLASE\APP D is Lehen R-chard Wt/ner's, 3e. édU. entière nent refondue de • Richard ^Ya(Jner's Leben uud Wirkeii » du même aul,;ur fies 2 premiers volumes, comprenant la période de 1S13 à Î853, ont seuls paru), constitue une honorable ecception parmi les truoaiux aile'' m.infii, (jrâee à la liberté d'esprit avec laquelle il est conçu.

.4. ROECKSL. Safhsens Erhehun<j und dus Zuclithaus zu Waldheim. — Dim la Ire partie de ce livre, l'ami de W'ar/uer a nettement résumé les événements des années ISIS et 40 en Saxe,

M. SETTLA U — RlojraplM dt Rikouninf, tre partie, chapitre XVI. — li.ik.ounine in Oresden. — 0>e Drcsd'ner M ù révolution. L'auteur y résume . les événr.m-nts prii\ri,pau.t de l'iusurru-tion de Dresde et y traite des rapports de R ikounine et de R. Wijuer. Ce chapitra a été publié en traductioii. flaminde dans • Yj.u \u en Straks • 2J/ie série. Sim» année, numéros- î-2, Mxi iS9S. L'veucre si importante de M. \;Ulau n'en pas encore terminée, et la primière j}art>e elle-mimc n'édite encore que auiofjraphiie à un petit nombre d'exemplaires. Il est à souhaiter que la possi'/ilité soit fiurnie-,-!^ M- yeVtlKU de publier son œuvre intégralement d,-s qu'elle sera achevée.

fnoment fasciné. Mais son éjarcment ne fat pas de longue durée et il connut bientôt la 7iullité de cet art et la frivolité du public qui Vapplaudissait. Il se retrouva, et dès lors pendant près de dix années, graduellement^ à force de luttes inténeures et de souffrances il se co?}quit et développa son génie dans sa véntable essence jusqu'à sa pleine jnatuiité.

Le grand succès obtenu jmr <Rie?izi», représenté pour la première fois en Octobre i8i2 à Dresde, amena dans les conditions d'existence de Wagner un brusque changement :

Wagner fut nommé chef d'orchestre du tliéàtre rogal de Dresde. Il avait été dans la misère, il avait du pour gagner son pain pratiquer les plus humbles îriétiers niusicau.Vy et voici que soudain il était appelé à une situation brilla7ite, le public allemand V applaudissait, il se trouvait à même de faire représenter ses œuvres dans de bonnes co?iditio?is. Une fois encore il se laissa tromper par l'apparence des choses et se fit illusion sur la nature même de son succès ; et cependant so?i instinct profond lui disait déjà que le public allemand n avait pas plus de réelle compréhension d'art que le public français ou tout autre public, car il hésita à accepter la place qu'on lui offrait, comme s'il pressentait ce que sa pure consdence d'artiste allait souffrir.

Le succès de «Rienzi^ avait été considérable

et se ruaiiitmt; le succès du «Vaisseau fa^itôraey> représenté au cotninencenicnt de 1843, fut moindre et dura peu. La signification de la différence dans l'accueil fait par le public à ces deux œuvres n'échappa X)oint à Wagner : il savait trop bien laquelle des deux était vraiment sienne, laquelle avait surgi des profondeurs mêmes de sa nature iiitime ,.« Rienzi» était le fruit d'une époque où la puissance d'effet du théâtre modeime l'avait attiré, oii, séduit par la richesse des moyens, il avait oublié le véritable but artistique. «Rie7i2i» était encore u?i opéra : le public y retrouvait les caractères principaux du «genre» auquel il était accoutu7né. Wagiier n'y manifestait sofi oHgi?ialité que da?2s le cadre des form,e^ admises : il ne rompait poiyit avec les règles consacrées par l'usage, comme il le faisait da^is le « Vaisseau fantôme » afin d'aboutir à un*^ expression plus adéquate à sa conception artistique. Le public tolérait bie?i une certaineliberté d'allure, mais il était i^icapable de com^ prendre — et par suite ne pouvait admettre — la logique iiitérieure de ce revolutio7i7}aire qt4 cherchait avant tout à être d'acco7'd avec lui mé7ne. He7i7'eusime7it, Wagner avait une perso7i7ialite trop puissa7ite, une trop sûre mtuition de sa natiii-e pou)- se laisser longtemps detour7ier de sa vtiituble voie : attc le «Vaisseau fa7itÔ7ne » il avait fait un premier pa»

dans celte voie ; il fît le second avec « Tannhaii^ ^ser» et il savait qu'en le faisant il se séparait définitivement du public. Mais que lui importait désorw^ais le vague jugement de la mas'^e ? Son mépns du monde moder?ie allait grandissant. Quelques personrialités amies pouvaient seules le compre?idre complètement — il en possédait des preuves — ; c'est à elles qu'il voulait désortnais se manifester, il songeait à elles en composant : à mesure qu'il abandonnait la préoccupation de se rendre accessible à la masse et qu'il cherchait à se montrer entièrement tel qu'il était ^ ses moyens d'expression gagnaieyit en netteté, sa forme devenait plus précise.

La façon dont le public accueillit «TannhaUser» ne fit que confirmer les présomptions de Wagner. De telles œuvres déroutaient les fnvoles spectateurs du théâtre contemporain : leur succès momentané démvait surtout de Vétonnetnent qu'elles produisaient, et de leur puissance, qui malgré tout s'imposait à Vin" conscience commune. Mais elles ne demeuraient point au répertoire : le public devait éprouver en leur présence une sorte de malaise, comme en face d'appantions venues d'un mmide qui lui était complètement étranger.

Une impression de solitude absolue envahit alors l'âme de Wagner: il s' était élevé spintuellement au dessus de la vie ambiante, il avait

prix conscience de choses dont ceux qui V entouraient n'avaient aucune idée, il parlait un langagf-, que îa plupart des hovimes étaient incapables de saisir. Il était semblable à un dieu, emprisonné da7u son propre tni/stère, 7n%is à un dieu qui sentirait un incompréheiisible désir de se manifester aux ho^nnies. Et il souffrait : il aimait, il voulait communiquer à tous son amour : et tous passaient sans e^t tendre, sa?is compre?idre les paroles qu'il proférait, sa7is voir tout ce qu'il portait de lumière, sans ressentir tout ce qu'il émanait de beauté. La figure de « LoheîigHn » incarne ces souffrances : Lohengrin aussi iie?it d'un mo?id'3plus élevé : il vient parmi les hommes dans l'espoir d'être aimé pour lui-même comme un homme, non adoré à cause de sa dirinité. Mais toute son allure révèle le dieu, il trahità chaque instant sa nature supérieure : l'étonneme?it et Venvie le suivent partout où il va et rempécheiit de trouver dans l'amour d'u7ie femme toute la spontanéité, toute la siinple confUmce qu'if désirait. Il quitte, en proclamant son esseiu-t" divine, le livage d'où la foule regarde rét ranger se perdre da?is l'ékngnement de sa solitude.

Alors que, pour composer son Lohengnii,

Wagner eût souhaité un isolemeiit matériel en

accord avec son isolement moral, il subissait

jouriiellement la co?ttrainte d'une situation qui

le liait au théâtre moderne et le ramenait sans cesse dans so?i atmosphère détestée. Il eût voulu vivre franchement, sortir d'une situation qui lui paraissait mensongère, être dans la réalité extérieure ce qu'il était dans Vintimité de son âme : mais les 7iécessités tnatérielles de Vexisteiice le forçaient à faire des compromissions avec sa conscierice. Il subissait avec peine la co7itrainte des circo7istances: sa fière et forte nature souffrait de ne pouvoir s'épandre au dehors, de devoir se dissimuler sans cesse. Il ne pouvait dire toutes ses révoltes, il ne pouvait expn^ner toutes les vérités qu'il ressentait en lui : il lui semblait qu'en se taisant il se me)itait encore à lui-même. Et souvetit l'expression sincère, spontanée de son seiitinient lui échappait, à V étonjiement de ses auditeurs, qui ne le comprenaient plus, à la joie de ses ennemis qui, dénaturant le sens de ses par o- . les, s'en faisaient des armes contre lui. Ainsi il vivait au milieu de coiitinuels conflits, conflits avec le mo}ide, conflits plus douloureux encore avec lui-mêtne ; parfois son âme chancelait, pnse d'angoisse e)i face d'une situation irré^nédiable, envahie toute par le désir de la mort.

Wagner continua pourtant à vivre, souteiiu 2^ar le seul amour de son art, et s'efforça de reconnaître quelles possibilités lui offrait encore l'avenir. Il était à mêtne d'étudier à fond

le caractère <1it tlu dire mode} i\e : ce caractère, il fa défini d'unie wanière fi ajxante, tmtanmient dan8« l'Art et la Révoluiioii ». Ayant constate la décadence du théâtre, il en von lut reclierclier les caiises elles dt cour ni lien tôt dans la vie sociale de 7iotre époque. Rév(tiutio7maire par ttwpjerù^mnt, il ne s'était intéressé jusque là auœ événements politiques que dans la mesure où s'y manifestait la rettellion de la s-^irriple nature Jiumaine contre l'esclavage des lois eœtérieures. La liljoatio» lie eette pure nature humaine, dans toute sa spontanéité, dans toiite sa force p}-imordi aie , qui était S071 but en art, devait être son idéal en politieiue. Aussi entra-t-il dans le courant d'idées suivi par les penseurs les plus avancés de ce tempjs, courant que nous pouvons qualifie}', en nous servant de la terminologie o.ctuelle, ^ranarchiste.

Bientôt éclata la révolution de 1H.IS qui fit, de prime abord, co7icevoir aua; peiqdts d'Allemagne de sig}-andes espérances ; la révolutio?i était partout triomphante, elle avait surpris à l'imptroviste les p'}inces imprévoyants, qui conscients de leur faiblesse, avaient aussitôt promis de réalise}- toutes les réformes dcma7tdées, satis avoir, s'e7ite72d, l'i7ite7}tio7i d'en rien faire. Le peuple, co7n7)ie de co7Uuiue, se laissa duper: il attendit, se fiant à la pand^ donnée, Vaccimiplisse^neni des ser-

menls. Wafjner pai'tafjeait ses espérances et sa foi na'f'ne : il se cro//aii à la veille de la gracile révoliUùm humaine, celle qui doit non point modifier quelqu,es unes des formes sociales, mais transformer complètement la nature des relatio)ts entre les liommes et leur conception même de la rie. Il aîlaif jusqu'à s'iinarjiner que cette rérolutio?i 2^0Hrrait s'acconipli)' pacifiquefuent, que ridée nouvelle gagnerait de jti'tK'he en proche, qu'elle vivrait et se dévelopjiO'ait imr la. seuJe vei'tu des homm.es de bonne vidonté. Le discours qu'il prononça au, « 17/terlaiidsverein» en Juin 18 18 [i) est d'un enfant suJdime : son âme s'g montre semhhd>le Il ràm,e du, peuple, candide, enclin au, merri'illeu,.r, naïvement optimiste, toujours an- .'•ieu.se du ni{}-acleprocliain qu,i d'un seul cotij) doit faire surgir le moiide qu'elle rêv". Il // pousse la confiance dans le bon vou,loir de tous au point d'admettre que le roi de Sa.re puisse rotoncer spo)itanéme}it à son auAoritè, se monirrr le jdus sincère des républicains, n'aritirplus d'au,tre amhition que d'être le « jtrimus inter p)ar<';s » le nvilleur d'entre des hommes égaux.

Nous nous iïuaginons difficilement aujnird'hui que le mouvement révolutionnai i-e de iS /8 ait pu faire naître de semblables espoirs : .y) ans se sont écoulés depuis lors, le.s iiJées se

(i, Ce J.iicmir.'i Cil ft/tro l.iiil par (iLut;,ii;)j). I\i. c''. H. }>]' 'J"* c' •<'«'

sont répandues dans les 7nasses, le socialisme a fait de 7ionihreux adeptes; et cepe^idant nous ne nous croyons plus guère à la porte du inonde nouveau ; 7ious 7ie faiso7\s plus que l'enti^evoir da7is 7ios rêves, co7)i7)ie une possibilité loi7itai7ie que quelques U7is de nos descendants auro7it peut-être le bo72heur de réalise)-. Pour concevoir l'état d'â7ne des e7ithousiastes à cette époque il faut se représenter Vefferves. ce7ice des espints pe7ida7it les«a?i7iées^J0», Raye7nent Von vit se produire u7ie aussi tumultueuse précipitatio7i d'idées : l'esprit humain achevait de se délivrer, il faisait table rase du passé, il déclarait hauteme7it so7i i7idépe7ida7icey il ne voulait plus être sou7nis à aucun maître, qu'il se 7io7nmât dieu, p7i7ice, loi ou principe. Que l'07i so7ige à la gauche hégélienne, à Feuerbach, à Proudho7i, à Bakou7nne, que Von se rappelle que dès 1844 parut <^ Der Einzige und sei7i Eige7itum » de Stii^7ier, livre qui C07itie7it tout le côté critique ou desti^uctif de V a7iarchis7ne actuel, do7it le C07ite7\u est aujourd'hui e7icore co/tstitue 7io7ipar des idées précises 7nais U7iique7ne7it par des se7iii7ne7its et des impulsions, — et Vo7i saisira cet état d' orgas7ne des esprits co7iscie7its qui s'étaient puiifiés de toute ii^ace des esclavages passés et qui, oublieux des obstacles, C7'oyaie7it le 7no7ide mûr comme eux-7nê7nespour u7ie vie 7iouvelle. E71 1846 déjà Wagner s'était assi7nilé les

idées des philosophes rèvolulionnaires et considérait la tra?is forma tio7i radicale de la société covinie prochaifie et iiiévitahle. Ce fut surtout son ami intime Rocket, fondateur en iSiS des « Volkshldtter, » condamné en 1819 à la suite de Vi7isurrection de Dresde qui Vinitia au înoiirement social et amena sa partici' pation directe aux évènc:t}icnls politiques. Cette 2)artici2iation fut restreinte : ce fut celle d'mi artiste enthousiaste non d'un révolutionnaire pratique; spectateur plutôt qu'acteur, recueil lant en lui les espérances l-es plus pjro fondes du 2)euple, vibrant à toutes les éviotions généi'euses, Waf/ner suivait avec intérêt le travail des Jiommes mêlés aii.v luttes sociales, qui devaient, par ne sais quelle magie, faire se lever un jour la brume où dormaie^it encore les merveilles dJ'un avenir plutôt rêvé que pressenti.

Mais il n'epronvait aucune si/rnpjathie à V égard des milieux politiques : leur atmospliàre lui semblait chargée de yniasmes, étouffante. Il n^g descendit que pour prononcer le discours dont je faisais tantôt mention : ce discouis d'une élévation de pensée et de langage itisolite en de tels milieux, saisit de prime abord V assemblée et la trayispjorta d'e7ithousisame; mais aussitôt l'impression directe dissipée, rimhécillité, la va?nté et l'envie s'en emparèrent et y trouvèrentmatière à iîisulter l'auteur

et à intnguer bassement contre lui. Un semblable succès dut éclairer Wagner et Vempécher de manifester dava^itage ses opinionsen public. C'était par amour de so?i art qu'il était sorti de sa solitude, croyant le momeiit venu de faire prévaloir de plus saiîies idées sur le rôle social du tJiéât)'e, et sa p))-emière« action politique » avait été la rédactio7i d'uyiprqjet de réorganisation du théâtre. Ce fut eiicore par amour de son art qu'il re7itra dans cette solitude, ca)' là seulement il pouvait être eiitièreinent vrai, il pouvait créer V œuvre da7is laquelle il mettrait toute so7i âine.

Si77iulta7ie7)ie7it les figui'es de Frédéric Barberousse et de Siegfried se p7'ése7itèrent à lui: mais conscient 7)iai7itena7it de sa véritable voie, il écarta la première comme trop co7itin' ge7ite, trop 7iécessaire7tient liée à des circonsta7ices spéciales de temps et de lieu et élut pour héros de son œuvre Siegfried, qui représe7itait à ses yeux Vhoimne dans toute sa force, da7is toute sa spontanéité primordiales, Vho77i7iie libre qu'aucu7ie loi exténeure, aucu7ie co7ive7ition ne co7npri7ïiait, ni ne dé7iatu7'ait e7icore : en lui l'amow 7i était poi7it voulu, 7i' était point le résultat de la i^é flexion, il était le ressort de la vie, il était la vie même. La Révoluiio7i que Wag7ier rêvait, c'est celle qui doit per7nettre le développe7nent d'une 7-ace dlwrmnes semblables à celui-là: Révolution

impossible peut-être, et pourtant la seule qui vaille d'être rêvée.

Pendant Vaulomne de î8iS, Wagner composa le poème de « la 7nort de Siegfried», première ébauche de la future « Tétralogie ». A cette époque il conçut égaleynent le plan d'un «Jésus de Nazareth», œuvre par laquelle devait s'exprimer ce désir de la mort, naturel à Vhomme comprimé par la société moderne, désir qui est une desprem^ières ma7Xife stations de V esprit de révolte. Mais il sentit ce qu'il y avait de transitoire dans ce sentiment et renonça à donner forme à son sujet, se trouvant d'ailleurs ramené par les circo7îs tances à prêter attention aux èvènew£nts politiques.

Ati début de l'année 1849 la situation en Allemagne devint déplus en plies tendue : la réaction avait eu le te^nps d'orgaiiisér ses forces, elle se préparait à étouffer par la violence la révolutio7i, et les véritables intentions des pnnces appaimissaieiit clairement. La promulgatio7i de la Co7istitution de l'Empire élaborée par le pai'le7ne7it de Fra7icfort (fin mars 1849) fit tomber les 7nasques : les plus puissa7its des pri7ices, notam77ient le roi de Prusse et le roi de Saxe, refusèrent de recon7iait7'e cette constitution, qui cepe7idant ne pouvait être co7isidérèe com7ne trop démoc7-atique et qui était loin d' anéantir leur pouvoir. Mais ils ne voulaient rien céder de leur autorité arbitrai-

re : ils avaient de leur côté la force brutale et ils se préparaient à en user. Le peuple vit enfin ou V avait conduit sa naïve confiance : il 7ie lui restait qu'un moyen de faire triovipher son droit: le reconquérir les armes à la 7nai7i, Aucune autre possibilité ne se présentait à lui, et celle-là même était bien faible, vue Tiiifènonté maténeUe de sa situatio7i.

A cette époque de tensio7i des esp))its, où le peuple près s e7itait Vapproche d'évè7W7ne7its qui devaient décider de so7i sort, Wag7ier lui aussi subissait cet état d'attente a77œieuse qui s'était emparé de râ7ne de tous. Il avait acquis la co7ivictio7i que Va7icie7i état de choses se maintiendrait intég7^aleine7it si la Révolutio7i ne 'réussissait p,as à boulevey^ser tout Vordi^e social. Ba7is l'expectative d'ujie solution imminente, il avait abandonné tout travail de C7'éatio7i et suivait avec atte7iiio7i les pèiHpéties de la politique. Grâce à son ami Rockel il co7i- 7iut de près la plupart de ceux qui devaie7it jouer un rôle dans l'insurectio7i de mai etjut mis en 'relatioji avec Bakou7ii7ie. De prime abord Bakou7iine dut faire su7' Wag7ier U7ie vive impression : tout son aspect exté-neur, son allure, son visage énei'gique 7'évélaie?it i7n7nédiatement cette puissante 72ature qui avait S7ir les hom7nes un si gra7id pouvoir de suggestio7i. Par plusieurs traits de so7i caractère il était appare}ité à Wagner : tous deux avaie7it U7ie

imngincfllon ètonnairDiient adiré, une imagination capable de les rarjr aux ^ietites réalités ♦7«5 re.vistence commune et de les transporte)" d'un seul coup dans un luinlain et rai/onnant avenir ; tous deux étalent possédés de cet « esprit toujours insatisfait^ toujours en quête de rJwses nouveUes» qui est le don de tout ce quil */ a de grand, de génial dans Vhumanité. Mais Bakoiinine^ attiré par les décevants ndrages de Faction extérieure^ s'élait jeté dans le 'Courant tuniultueit.c de la rie politique, et incessamment balloté, se heurtant à de contin uels obstacles, e?itraùié de ci. de là^ il allait (le V avant sans xiouvoir s'arrêter un iiislanl^ sans pouvoir se rendre compte jatmais de sa rentable position, obéissant à son impulsion première, à Vinslinctive impulsion qui le poussait plus loin,xjlus loin toujours. Wagner plus heureux vivait siirlout inteneureynent, et ses .<.ou:ffra7ices n'étaient pas vaines, car il jm avait ^e réaliser complètement, liaj'moniquement <.lans son œuvre^ il pouvait déposer en elle la jilus pu)-e essence de son être, La force qu'il sentait en lui surabo/idanle et qui demandait é s'épandre an dehors, il pouvait la renfermer làdans cette œuvre, avec la certitude qu'elle en ■•iurgirail pour se manifester dans toute sa puissance le jour où il y aurait wi public capable de la comprendre.

Un goût commun rapjprochait encore ces

deux homynes : Balwimine était passionné de la musique. Malgré le danger qu'il y avait pour lui suspect, qui vivait à Ih^esde sous U7i nom d'emprunt, à se mojitrer en public, il assista le diinanche des Rameattx ( i"* Avilit JH^9 ) à V exécution de la /.Y^'"« symphonie de Beethoven dirigée par Wagner. L'enthousiasme qu'il démontrait pour cette œuvre enchajitait Wagner; dans une de leurs conversations intiines, où ils jMrlaient de la révolution rêvée, Bakou?ii7ie s'était écrié « Tout, tout s' effondrera y plus Hen ne restera debout, — u7ie seule chose ne disparaîtra pas, Tnais demeuî^era : la IX^ syw^pho7iie. » Une semblable pa^^le devait établir entre ces deux â7nes u7ie commu- 7iion xwofonde et les unir momentanément dan^ le désir d'u7i monde nouveau dont elles se sentaient alœ^s si proches.

Mais les voies de ces deiix hommes étaient si différe7ites qu'elles ne p07ivaient co^urir longtemps dans des directions parallèles. Ils s'étaient reyicontrés par hasai'd, ils s'étaient reconnus peut-être, et certes leur rencontre n'avait pas été sans leur causer itne joie i7ité- 7neure. On ne peut dire qu'ils eurent une influence quelconque l'un sur l'auto^: leurs caractères étaie7it ti^op nettement déUnéés et leurs façons de considérer la vie t7'op divei'ses pour qu'une action réciproque fût, en un court laps de te^nps, possible. Nous savons

d'ailleurs que dis 1818 les idées fondamentales de Wagner sur les questions sociales était complètement fonnées : d'autre part dans ses œuvres tliéoHques écntes de 1819 à 1851 nous ne trouvons aucun passage où se puisse déceler l'influence de Bahounine. (1)

L'insurection de Dresde éclata le 4 mai : mais les révoltés étaient insuffisamment organisés, les forces dont ils disposaient étaient trop faibles pour leur pjermettre de résister victoHeusement à l'armée saœonne, grossie des renforts envoyés par la Prusse. Aussi l'insurection fut-elle étouffée en l'espace de cinq jours.

Lès le premier jour Wagner s'était rendu au centre même de Vaction: il se tint quelque temps en observatio7i sur la tour de la « Kreuzkirche» tour haute d'une centaine de 7nètres, d'où Von domine la ville et les environs : selon les pièces du procès il surveillait de là les ?nouvements de Vennemi et prenait des notes qu'il

(i) Sotts r^e savons jtas de source certaine l'ojdnion dé Dukounine sur %V(Xyner. If. Dinyfr, qui a j)u rnmulter les pièces du procès intenté aux perstnmes impli(fué«s dans kl révolution de Mai 1849, cite la phrase suioante, tirée de la déposition de Dukounine : t en Wagner je 7-ecouniis aussitôt un fiintauiste, et bien que J'aie causé avec lui, souvent même de politique, jt ne me suis jiimaiâ uni à lui «n vue d'unt ucliun commune » Si t>!'e f .■/ !a véritable opinion dt Bakounine, elle ne lui fuit pas honneur, 'fais rnmme le dit avec justesse GlaseiMjyp, on ne peut se fier complètement (lu.r, pitvn 4'ttn procès dont la rédaction a toujours (pn-lque fhose d'arhitrai-e . il e«t probable que Bakounine ne s'est er.prrmé de la sorte que dans le but Ai décharger Wagner.

Of

iransraettail à la sentinelle postée au bas de la tour ! C'est à peu j^rès le seul chef traccusaiio?^ que Ton ait pu relever contre lui /

Le 8 Wag 71 er quitta Dresde : sa '>naison n'était plus à VahH des projectiles. Il se rendit à Tharandt et de là à FreiJ)ery, En chemin il rencontra une hande de rolontaires qu'il engagea rirement h se porter au secours de Dresde. A Freiberg il soupa en compagnie de Balîounine et de Heuhner qui voulaient tran.fporter là le ceiitre de la révolution. Il gagna ensuite Chemnitz où résidait son heau frère, commandant de la garde communale : il raconta à celui-ci tout ce qui s'était passé et lui comtnuniqua son intention de retourner sans retard à Dresde. Il ne vot/ait dans sa conduite Hen que de très innocent et ne se doutait guère que Von pût y i)^uver prétexte à le poursuivre. Heureusement son beau frère comptrit aussitôt la situation, lui montra le pjéinl qu'il courait et le décida à fuir. Peu de temps après: on publiait à Dresde le tnandat d'arrêt lancé contre lui. Wagner resta caché quelque temps dans les e?ivirons de Weimar. Le 29 Mai il arnvait enfin à ZuHch.

Quand il eut sunnonté la première impression pénible produite en lui ptar ranéantisscment de son espoir en la révolution, il éprouva nn véritable sentiment de délivrance : il élaif libre ei}fn, il ne devait plus ne mentir à lui

wrmp, il /If dèpeniJait pit/s (Tune institution qui soifs ilr faux (Jeliors artistiques dissimulait snn rrrildttlr caractère d\'ntre2ynse cotntnerfidle. Cri le joie de la liherté enfin conquise, cette j(ii(> (Ir jinurtiii' être sincè)'e et v)-ai sans retenue faistiii oublier à Wagner les difficultés utatèvifllrs dr sa 7iouvelle eœistence et tenipëmit la iris/rsse qu'il devait toujours éprouver da ns h' fuid île l'âme en prése?ice de Vimpossihilité oit il SI' trouvait de faire connaître à se^ uttiis loitli' sa pe?isée artistique sous la forme virante et directement active de V œuvre d'arts I*ensahl au'il ne lui serait jamais dojuié deroi r rejn-rsrnter l'œuvre qui mûrissait alors dans son rsjn-it, conscieiit désormais de tousles éléiiH'tits de son art, il voulut au inoinse.rprinii'r jiar le verhe les idées 7iouvelles qu^ }ias à j>(fs s'étaient développées et précisées en lui et faire eo?77îaitre thécniquement sa concepdion du drame musical arrivée enfin à sce ferme définitive.

Le peretuier de ces écrits théoriques est <(^r Art et la I\>'-roiatio7i» composé à Zu)ich en juillet 1819. Cet If étude fut d'abord destinée à être publiée en traduction française da7is u?} journal de Pat is « le Natio7ial », Mais les idées que Wagner g e.epyitnaii s'élevaient vraiment trop haut an ilfssus du 7iiveau de la politique coulurnte : l'on ne saisit p)as ce qu'il voulait dire et on lai ri'nroga son manuscrit. C est ainsi que

« VArt et la Révolution » fut publié seulement m langue allemande: éditée en 1819 sous forme de brochure par Otto Wigand de Leipzig, cette étude fut compnse dans Védition des œuvres de Wagjier — réunies j^ar ses soins mêmes — de 1871. Elle se trouve e?i tête du 3^ volume des œuvres complètes.

A « VArt et la. Réi^olution » firent suite de 1819 à 1851 deux ouvrages beaucoup plus considérables : «VŒuvre d'Art de V Avenir )f> et €. Opéra et Brame », et enfin le très important mémoire adressé x>ar Wagner à «. ses Amis > où il résume toute son évolution intérieure ; mais son besoin de création si longtemps compiimé se manifesta alors avec une telle force qu'il dut abandonner toute expression théorique de ses idées et enfanter V œuvre qu'il sentait déjà, se m^ouvoir et palpiter en lui.

Si je me suis expirimè clairement, le lecteur attentif aura com.pris que les idées et les théories de Wagner se distinguent par cela même qu'elles font corps avec lui, qu'elles sont l'ecp-

or

pression de sa vie : elles suivi t-eni toujours V évolution de son être, elles étaie?it le résultat de son eœpénence j^et'sonnelle, elles se modifiaient en même temps que lui. Jamais elles ne s' i'inmobilisèrent, jamais elles n'eurent un caractère dogmatique, jamais elles ne s'imposèrent à leur auteur comme les "inanif es talions de ventés immuables auxquelles il eût dû se soumettre. Il savait qu'il portait en lui se^ ventés, il savait que « la variabilité est Vessence du réel », qu' « il n y a de vrai que ce qui vane».

Mais à travers les vicissitudes d'une existence tourmeQitée, un sûr instinct le conduisit à développer pleinetnerit sa véritable nature et il consei^va le se?is délicat deso7i équilibre i?itime. La musique fut, comme il le dit lui-même, son ange gardien: le mot conserve toujows un caractère intellectuel et représeiite surtout des idées ; mais la musique est le langage de ce qu'il y a de plus p)rofo7id, de plus élé?ne?itaire dans Vâme Junnaine ; elle n'est pas seuleme/tt l'expression des sentiineîits^ elle jaillit de sources plus souterraines encore : elle vient de cet obscur domaine des impulsions et des instincts, de ce domai7ie de Vincoiiscient où gît accumulé tout Vhéntage ancestral, toutes les tejidances onginelles, toutes les forces in7iom,mées, tout l'inconnu où aucune scieyice n'a encore pénétré. Et c'est là le fond même de notre

nature hiimaAne, la base de notr'' ni-ùcité Htale : la raison 7ie peut nous e)i f>ntrnir a.n.cu7ie notion, VArt seul 7ious c/i iin/uie la connaissance i?ittiitive.

L'Art est en soninie Ve.rpressinii ih; tout le contenu xjositif de notre vie : il est fn/jnui'd'kuî la 7muiifestatio?i la plus haute d" /*. 1 moar qui ne peut encore se réaliser (Uri'i-h',ii''nL par Vunion complète, inatcrielle et Sj,i ril'/elle, île l'homme et de lafemme, union qifi jo'rniettrait aux deux êtres u)iis de dèrelopper tnutes leurs ptossihilités, de s' accompdir entiè v m >' n l r un piar Vautre. C'est cet avèneme7it de l' Amour quj'. souliaitent consciemment ou iv.consrie))i7nent tous ceux qui espèrent e?i U7i acc/ùr i/idlleur.

Il 7ne reste un 7nol à di}'e 2)ou.rj//sti/?er la faç.071 dont J'ai compn'is 7non rôle de traducteur :}' ai suivi le texte d'aussi près i\ue possible- Certaines phrases sembleront sans doute tropt longues au lecteur français, quelques 'C07Hparaiso7is lui pja.ractro7it d'un rnmanlisnie

e,ragêré:je 7i'ai corrigé 7ti les unes m les autres, craignant de modifier l'allure générale de l'œuvre. Il ne fanl point nufdier que la véritable la figue de ]]'ag?fer était la ninsique!

Je se)-ai reconnaissaoït a qi/7co?ique me fourni) a les 7no//e?is decojriger ou d'a'tnéiiorer relie traduction. Mo7i but umque est de re7idre ex acte^nent la pensée de Wagner, a /hi de la bien faire apprécier, et d'uispvrer au kcttur le désir d' fitudier à fond toute V œuvre d'un des plus grands gémies de ce siècle.

Jacoies Mesnil

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