‹ L'art et la vie de StendhalChapitre 7 sur 16 · XVI1I · texte numérisé non relu

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Le 7 mars 1839, M. le comte Molé ayant résigné la présidence du conseil et le porlefouille des affaires étrangères, Beyle jugea qu’il lui fallait retourner à son poste. Il s’y achemina péniblement. Sa santé l’attristait, en lui faisant sentir les symptômes prochains de la vieillesse. Il partit de Paris le 24 juin 18:39 et reprit sa vie ennuyeu.se de consul, résidant moitié du temps à Rome, moitié à Civita-Vecchia, employant la meilleure partie des heures à corriger d’anciens manuscrits ou à en composer de nouveaux.

Telle fut l’existence qu’il mena jusqu’au mois de novembre 1841. Dès l’année précédente sa santé avait

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éprouvé de graves altérations. De fortes migraines , suivies d’insomnies, affectaient le système cérébral et laissaient déjà entrevoir une issue funeste. Ce brillant causeur, (pii, lors de son dernier voyage à Londres, en 1838, étonnait encore le club des hommes de lettres ', et rivalisait de saillies avec MM. Sutton- Sharp et Théodore Hook, l’improvisateur qui passait pour le plus aimable conteur de l’.Angleterre, Deyle, moins de deux' ans après, éprouvait par moments certains accidents d’aphasie; il hésitait parfois f» trouver les mots dont l’usage est le plus habituel. A ce signe alarmant, s’ajoutait une torpeur générale , un affais.sement moral d’autant plus signilicatif que ses allures étaient d’ordinaires plus alertes et plus vives.

En mars 1841 , le goût de la chasse lui revint ; il allait sur le bord de la mer attendre les cailles qui, à cette époque de l’année, airivent d’.\fritpie pai' troupes nombreuses. La fatigue et la grande chaleur du soleil d’Italie lui rendirent nuisible cet e.xercice d’hygiène. L’état de sa santé l’obligea à demander un congé pour aller consulter à Genève M. le docteur Prévost; puis il prit la route de Paris et y arriva le 8 novembre 1841.

a Deyle reprit à Paris ses anciennes habitudes , observant plus ou moins e.xactement le régime qui lui

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était prescrit. Tinit allait assez bien, lorsque contrairement à la défense formelle de son médecin, il s’occupa de compositiitns littéraires ; tiiiil jours de dictées et tle corrections déterminèrent une attui[ue d’apople.'iie ; il en fut frappé le mardi 2-2 mars 1842, à sept heures du soir, à deux pas du boulevard, sur le trottoir de la rue Neuve-do.s-C.apucines, à la porte même du ministère des alTuires étran^ières.

» l’ar suite d’indices dus au hasard, vingt minutes après l’évènement, j’étais auprès de mon malheureux ami ; je le trouvai sans connaissance dans une boutii]ue, vis-à-vis le lieu oii il était tombé ; je ne pus obtenir de lui ni une parole, ni le moindre signe ; on le transporta à son logc.neut, rue Neuve-des-Petits- Cbarnps. Là, toutes les ressources do l’art furent épuisées sans succès, et il y remlil le dernier soupir, le mercredi 23 mars 1842, à deux heures du matin, sans soulTrance aucune, sans avoir prononcé un seul mol, et à l’âge de cin(iuanlc-neuf ans un mois vingthuit jours. »

Selon les intentions manifestées dans le testament de Üeyle, son corps a été inhumé au cimetière Mont-

* Stendlial ne craiunnit p.iH la inttri , m.’iiM il it’aiiimit pn» à en parler, la leiiant pour une rhoik} sale el vilaiiu* plultM que terrible. U se rilîtail Mîiî» doute, avwî Paneal, que si hnlle tprall élé la (’oimMie, le dernier aolc en Mn^îlanl. On jelic enllii «le la terre nur la ti'le, et en voilà pour jnmaiiâ. — Il eut la mort qu’il di^t^irait: i^oudainc et aanfl rellevion î

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martre (du Nord), dans un terrain acijuis à perpétuité. Le petit monument funéraire que lui a fait élever .son ami d’enfance, M. R. Colomb, est situé au rond point de lu Croix, 4-' ligne, n“ H. Il porte l’inscription suivante ' composée par lui-même :

ARRir.O BEYl.E,

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