SITUÉE SUR CET EMPLACEMENT
Nous avons le regret d'apprendre la mort de notre collaborateur Georges Riat, sous-bibliothécaire au Cabinet des Estampes, auteur d'ouvrages d'art très appréciés, décédé à Malesherbes (LoiretI, à l'âge de trente-cinq ans.
Académie des Beaux-Arts.
L'Académie a procédé à l'élection d'un membre titulaire dans la section de sculpture, en remplacement de M. Paul Dubois, et à celle d'un membre libre, en remplacement du baron Alphonse de Rothschild.
Les candidats au fauteuil de M. Paul Dubois avaient été classés ainsi qu'il suit : MM. Tony Noël, de Saint-Marceaux, Gardet, Peynot, Hugues. A ces noms, l'Académie avait ajouté ceux de MM. Cariés, Lombard, Michel et Verlet.
M. de Saint-Marceaux est élu à une majorité absolue.
Ses principales œuvres sont : le Forgeron florentin, Génie gardant le secret de la tombe, YArleqiiin, etc., etc., les monuments d'Alexandre Dumas fils et de Félix Faure.
Les candidats au fauteuil du baron Alphonse de Rothschild avaient été classés dans l'ordre suivant sur la liste de présentation :
MM. Camille Bellaigue, Jules Comte et Mounet- SuUy, Louis Gonse, le docteur Paul Richer, professeur à l'École des Beaux-Arts. L'Académie avait ajouté les noms de MM. Charles Normand et Soubies.
Le docteur Paul Richer est élu.
Professeur d'anatomie à l'École des Beaux-Arts où il a remplacé Mathias Duval et membre de l'Académie de Médecine depuis 1898, il fut le collaborateur de Charcot pour l'Iconographie de la Salpètri'ere. Non content d'être un savant, il est encore un artiste
de talent, tour à tour sculpteur et graveur de médailles.
Comme les comédiens, les artistes peintres, sculpteurs, graveurs et architectes vont avoir leur maison de retraite. M. Tony Robert-Fieury. président de la Société des Artistes français, vient, en effet, de mettre à l'étude le projet d'un établissement de ce genre, dans lequel seront admis une vingtaine de ses confrères vieux, infirmes et sans ressources. La Société dispose déjà, pour cette intéressante fondation, d'un legs de 400000 francs, auquel elle ajoutera une somme de 600000 francs pour parfaire le million strictement indispensable aux premiers besoins.
On vient de maroufler, sur les murs du Panthéon, la grande composition d'Edouard Détaille : Vers la Gloire, que le maître avait exposée au Salon de cette année.
Par décision du Ministre de l'Instruction publique, des beaux-arts et des cultes en date du 12 juillet igoS, le nombre des places mises au concours d'architecte en chef des monuments historiques qui s'ouvrira le i5 novembre prochain à l'administration des beauxarts, est porté de six à neuf.
Par arrêté ministériel, en date du 4 août igo.^, pris sur la présentation du Conseil supérieur de l'enseignement des Beaux-Arts, M. Bernier (Louis), architecte, membre de l'Institut, a été nommé, sur la proposition du sous-secrétaire d'État des Beaux-Arts, professeur chef d'atelier d'architecture à l'Kcole nationale des Beaux-Arts, en remplacement de M. Scellier de Gisors, décédé.
Le Président de la République française.
Vu l'arrêté du 23 brumaire an V du Directoire exécutif relatif au comité central d'artillerie;
L'arrêté du 8 frimaire an \'I du Directoire exécutif concernant l'administration du dépôt central de l'artillerie ;
Le décret du 8 juillet 1872, relatif à la réorganisation du comité de l'artillerie et du dépôt central de l'artillerie ;
Le décret du 3i octobre 1896 portant création du Musée historique de l'Armée ;
Sur le rapport du ministre de la guerre.
Décrète :
Article premier. — Le Musée historique de l'Armée et le Musée d'Artillerie sont réunis en un seul établissement, qui prend le nom de : « Musée de l'Armée ».
Le Musée de l'Armée relève directement du ministre de la euerre.
Par décisions ministérielles prises sur la proposition du sous-secrétaire d'État des Beaux-Arts, ont été nommés membres de la Commission chargée
d'étudier toutes les questions relatives à l'organisation des musées de province et à la conservation de leurs richesses artistiques : MM. Aynard, Baudon. Lafferre, députés ; BufTenoir, Georges Gain, P. -A. Chéramy, Gaston J. Sell, Guillemet, Georges Lecomte, André Mellerio, W.-H. Riggo, Kdouard Rouveyre, Valentino ; M.Jacques Schmoll est nommé secrétaire adjoint de ladite commission.
l.e maître graveur \'ernon vient de soumettre à M. Doumer, président de la Chambre, le modèle d'une nouvelle médaille parlementaire. Ce nouvel insigne porte à l'avers la tête de la République et au revers deux figures de femmes dont l'une, qui svmbolise la France, remet le drapeau de la patrie à Tautre, qui représente la Chambre.
On se souvient du legs magnifique fait à l'Etat par M. Léon Dru, legs quicomprend le château historique de Vez et les riches collections qu'il renferme. Le Conseil d'Etat vient d'en autoriser l'acceptation par l'Etat au profit de qui le généreux donateur a constitué en outre une rente de quarante mille francs pour en assurer la garde et l'entretien. La seule condition imposée en retour à l'Etat est le classement du château de Vez comme monument historique et son ouverture au public trois fois au moins par semaine.
Le Louvre vient de recevoir quelques dons intéressants. D'abord, c'est la remarquable collection du baron Arthur de Rothschild, comprenant : deux Teniers, quatre Greuze, un Ruysdael, un Hobbema, un Backuysen et un Wouwerman. D'autre part, des amis du Louvre ont offert au musée la Pieta, de l'Ecole avignonnaise, qui eut tant de succès à l'exposition des Primitifs et qui est un morceau capital de l'Ecole française du xv' siècle. L'Etat vient d'acheter un très beau portrait de M. Ravaisson-Mollien par Maillard, qui figurera dans les galeries de notre grand musée dont le célèbre savant fut longtemps le conservateur.
Ont été remis au Musée du Louvre trois magnifiques tableaux de l'école anglaise : un portrait de .Mrs Forster par Lawrence, otîért par un groupe de souscripteurs « Amis de Bagatelle » ; une vue de Paris, te Pont Neuf, par J.-\V. Turner, don d'un Parisien de Paris, et un portrait d'homme de Revnolds, également offert par un « Ami de Bagatelle ».
Ces trois dons sont faits aux simples conditions suivantes :
Placer les trois toiles sur la cimaise, le Turner mis entre les deux portraits, et, sur les tableaux, inscrire les indications relatées plus haut.
Ces tableaux, on se le rappelle, avaient été très remarqués au musée projeté de Bagatelle.
«1 La conservation du Palais de Castille étant incertaine, la Commission du Vieux-Paris va demander à son nouveau propriétaire, M. Taubert, l'autorisation
de prendre, pour ses archives, des vues photographiques de la demeure de S. M. la Reine Isabelle et du jardin qui l'entoure, etqui va peut-être disparaître.
Le Comité de l'Exposition de la(jravure originale, rétrospective et moderne a décidé sa première Exposition pour novembre prochain au pavillon Marsan; celui de la Dentelle de France ouvre un concours pour
le mois d'octobre.
L'Exposition Jordaens se tiendra au Musée des Beaux-Arts d'.4nvers. du 27 juillet au i3 octobre. Elle sera ouverte tous les jours, de 10 heures du matin à b heures de l'après-midi. Le prix d'entrée a été fixé à
I franc.
Société artistique d.e Charenton.
Huiticme Exposition.
Article i". — L'Exposition des Beaux-Arts de la Société aura lieu, en 1905, du 24 septembre au 1 5 octobre inclus, Salle des Fêtes de la mairie de Charenton.
Art. 2. — Envois à l'Exposition. — Sont admis à l'Exposition les ouvrages des genres ci-après; r peinture; 2" dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, porcelaines, vitraux; 3' sculpture, gravure en médailles et surpierres fines; 4" architecture ; 3° objets d'art de toutes dimensions, orfèvrerie, bijouterie, bronzes, céramique, etc., à la condition expresse qu'ils soient présentés par leurs auteurs; G° gravure et lithographie ; 7" photographie et applications artistiques ou d'art industriel.
Art. 3. — Les ouvrages destinés à l'Exposition devront être adressés franco à M. le Président de la Société ou remis à la Mairie de Charenton, du i" au 10 septembre inclus.
N. B. — Adresser la correspondance, ainsi que toute demande de renseignements, h M. Leroux, secrétaire de la Société, 3, place Henri IV, à Charenton, qui recevra également tous les lots offerts pour la
tombola.
Le Congrès de l'L'nion internationale des Beaux- Arts vient d'inaugurer à Angers, à l'hôtel de Chemellier, boulevard de la Mairie, son exposition, sous la présidence de MM. Paul Adam, Auguste Rodin et Vincent d'Indy. MM. Marie, préfet de Maine-et-Loire, et Joxé, maire d'Angers, ont félicité les organisateurs de cette manifestation artistique.
La délégation de la Société Nationale des Beaux- Arts, que préside M. Roll, vient, avant de clore ses travaux, de prendre une intéressante résolution. Désormais, son Salon sera agrémenté d'auditions musicales, au cours desquelles les compositeurs de la jeune école pourront produire leurs œuvres inédites. C'est M. Paul Viardot qui, deux fois par semaine, présentera au public, avec son orchestre, ces primeurs qui seront d'abord soumises à un jury.
On a vendu à Londres une collection de tableaux ayant appartenu à lady Ashburton.
Parmi les très belles toiles qui ont atteint de gros prix, citons les portraits de Charles I' et de la reine Henriette de l'rance, par Van Dyck, qui ont été payés 446250 francs. Ces toiles avaient été achetées par lord Ashburton, en 1827, à un prix, croit-on, inférieur à 2? 000 francs chacune.
Parmi les autres tableaux, citons : /a Merge et rF.nfant, de Sandro Botticelli, i.îoooo francs, f";; .Icunc Homme, de Cliorgione, 40000 francs; un petit portrait ovale de Charles Fox, par Joshua Revnolds, l 'î 000 francs; un superbe portrait de ladv XN'hitbread, par Lawrence, 5oooo francs; un portrait de Mme Fullerton, par Rœburn, 42500 francs; un (jeorges Romney, 16000 francs; un Backuysen, 1 ? on;) francs, etc.
Les prix des beaux tableaux, on le voit, ne sont pas en baisse.
L'Etat belge vient d'acquérir, pour le musée du Cinquantenaire, la collection d'estampes et d'objets d'art japonais de M. Edmond Michotte, qui comprend environ 7000 pièces, parmi lesquelles 445o estampes, 616 ivoires et bois sculptés, 474 gardes de sabres et autres objets, 370 livres et albums illustrés, etc.
Cette collection fut formée d'achats faits à Paris, à Londres et en Amérique, depuis 1S80, notamment aux ventes Burty, Appert, Concourt, Gonse, I lavashi. etc.
Le tableau de Franz Halz, volé au AUisée de la Haye, a été retrouvé à Anvers.
Un habitant de cette ville l'avait acheté à un des voleurs pour une somme de 1000 francs. La bonne foi de l'acheteur ne saurait être mise en doute. Quelques heures plus tard, il apprit, par les journaux, le vol commis à la Haye. Un doute lui vint et il écrivit sans tarder à M. Bredius, conservateur du Musée de la Haye. Celui-ci pria, par dépèche, son collègue d'Anvers, M. Max Rooses, d'aller examiner le tableau. M. Rooses se rendit chez l'amateur, qui lui montra la toile. Il n'y avait pas de doute : c'était bien le tableau volé.
M. Rooses télégraphia la nouvelle à la Haye, cl le conservateur du Mauritshuis. M. Bredius, vint à .Anvers pour racheter le Franz Hais.
Un Rubens retrouvé.
N'oilà qui n'est certes pas banal. On vient de retrouver le fameux portrait de Charles le Téméraire, exécuté par Rubens d'après un tableau (jriginal attribué à \'an F!yck.
Il avait disparu depuis deux cent soixante-quatre ans... tout simplement, après avoir figuré parmi les objets laissés par le grand peintre flamand après sa mort.
On suppose que, lors de la dispersion des toiles de l'artiste, le portrait passa entre les mains de Philippe 1\', roi d'Espagne, et que le maréchal Souk le rapporta en France après la guerre d'Espagne.
M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, vient de donner au Musée de l'.Armée, à titre de dépôt, plusieurs toiles remarquables provenant des musées nationaux.
Ces tableaux sont de fort beaux portraits intéressant notre histoire militaire. Ils sont au nombre de quatre : portrait de Macdonald (École française, XIX' sièclei; portrait du roi Louis-Philippe en général, par \\'interhalter; portrait du duc d'Aumale en général 1 Ecole française, xix" sièclel; portrait d'un général d'état-major non identifié 1 École française, XIX" sièclei.
I ne nouvelle galerie au .Musée de l'.-Xrmée.
On travaille activement, en ce moment, au Musée de l'Armée, pour préparer une nouvelle galerie qui doit être ouverte au public après les vacances.
La nouvelle galerie est composée de six salles, situées au deuxième étage du Musée, et sera relative à l'histoire militaire du second Empire et de la guerre de 1870.
Le clou des nouvelles salles sera une exposition magnifi'que d'œuvres de Détaille, au nombre de deux cents environ, et pour la plupart inédites. Le grand artiste, qui combattit dans le rang pendant la guerre, a fixé ses souvenirs dans des scènes admirables. Il y a aussi des de Neuville de toute beauté.
On verra avec non moins d'intérêt les costumes militaires de l'époque : cent-gardes, lanciers, soldats d'Afrique, cantinières, etc., et une collection très complète des proclamations relatives à la guerre émanées du gouvernement impérial et du gouvernement de la Défense nationale.
L'Administration des Postes et Télégraphes de Roumanie met au concours le dessin du timbre-poste commémoratif de la quarantième année du règne du roi Carol. Des récompenses de i -^00, 3oo et 200 francs seront attribuées aux trois projets classés les premiers. S'adresser, pour prendre connaissance des conditions de ce concours, à la Légation de Roumanie, 12, rue de Longchamp, de une heure et demie à trois heures et demie. Le concours sera clos le 14 septembre 100.^.
Edouard Leonhardi. le dernier grand élevé de Ludwig Richter, le maitre allemand du paysage, est décédé à l'âge de soixante-dix-neuf ans à Loschwitz. Les musées de l'autre côté du Rhin sont pleins des jolies toiles de Leonhardi, dont l'œuvre la plus remarquable « Forêt allemande ■■ appartient à la Calerie Rovale de Dresde.