‹ L'Art et les artistes (volume 2)Chapitre 23 sur 125 · I.AKT HT I.HS AKTISTHS · texte numérisé non relu

I.AKT HT I.HS AKTISTHS

« In gamiiu' d\.\ coloris japonais. 11 \a se l'appio- « prier en peignant plusieurs tableaux, où il pla- « cera des costumes et des accessoires japonais, <\ reproduitsdans toute la franchise de leur ton...»

L"E(;ran DORi-, la Princesse av pays dk i.a i'orcei.AiNE, le Balcon, autant de sujets peints par Whistler pendant la première année de son séjour à l,ondres, autant de tableaux dénonçant, en efl'et, l'inlluence qu'il subit à ce moment.

Puis, soudain, toutes les réminiscences s'évanouissent et la série des grandes œuvres commence.

En 1864, ce sont, successivement : la PhTm- hue BLANCHE, Symphonie en blanc ;;" jet la Symphonie en blanc w ?.■ puis, coup sur coup, de 1866 à 187a, le Portrait de ma ivére {Arrangement en gris ei noir), le Portrait de Carlyi.e {Ai rangement en brnn). le Portrait de Miss Alexandkr (Cecily- Henrietta) {Harmonie en gris et vert), si-s trois premiers chefs-d'œuvre.

Whistler est désormais Whistler. désormais aussi l'adversaire déclare des peintres alors acclamés et de leurs protagonistes. Et, si nous ne voyions les liens etioits qui rattachent la Fiur: BLANCHE, peinte à Paris en 1862. aux trois Portraits peints à Londres entre 1866 et 1872, nous pourrions croire que ces portraits furent une sorte de défi lancé à Burne-.Iones et à Ruskin, tant la conception et la manière de Whistler s'opposent à la manière de Burne-Jones, ;i la conception de Ruskin.

... Dès l'apparition de ses piemières toiles, notre peintre ressent les effets dune hostilité déclarée. En 1872, la « Royal Academy », qui jouit alors d'un véritable monopole poui' l'exposition des tableaux à Londres, refuse le Portrait de ma mère. ..

En 1874, Whistler organise une exposition d'ensemble de son œuvre ; il en souligne le caractère en appliquant à chacun de ses tableaux une des fameuses désignations, « harmonie », « symphonie », « arrangement»... Cette manifestation soulève contre lui non seulement ses confrères, les peintres, mais aussi toute la critique, tout le public.

Whistler, dont l'extrême sensibilité n'a d'égale que l'indomptable énergie, ne se décourage pas pour cela. En 1877. u,i riche banquier, sir Coutts Lindsay, ayant fait construire une nouvelle galerie, la « Grosvenor Gallery », convie les artistes de tous les partis et de toutes les écoles à v exposer leurs œuvres. Whistler et Bunie-Jones vont se trouver cette fois réunis.

Burne-Jones apporte huit tableaux, parmi lesquels 1 En<:iiantement de Merlin, les 4 jours de la Création, le Miroir de Vénus.

Whistler expose : le Portrait de l'acteur \R\'\}iG {Arrangement en noir //" ?): le Portrait de Carlyle {Arrangement en brun), une Harmonie en ambre et noir et quatre Nocturnes, deux en bleu et argent, un en bleu et or et un en noir et or.

C'est le dernier qui va provoquer la colère de Ruskin et faire naître le contlit que l'on sait.

Ecrivant, en effet, sur l'exposition de la <,s Grosvenor Gallery ^\ l'esthéticien exalte d'abord les (cuvres de Burne-Jones : ^^ ...Je sais, dit-il. que vs ces choses seront immortelles...»; puis, prenant à partie Whistler, il ajoute : <•;... Dans l'inté- « rét de M. Whistler, non moins que pour la « protection de l'acheteur, sir Coutts Lindsay « n'aurait pas dû admettre dans la galerie des « ouvrages où la suffisance mal éduquèe de l'artiste <s approche de si près l'impostuie volontaire. J'ai « vu et entendu citer beaucoup d'exemples dimvv pudences de Coc/;neys d:\ns ma vie, mais je ne sN me serais jamais attendu à entendre un Coxcomb « (faquin) demander deux cents guinees pour vs avoir jeté un pot de couleur à la ligure du public.»

Whistler n'est pas homme à supporter sans mot dire une paieille critique : il attaque Ruskin devant les tribunaux.

On connait l'histoire de ce procès fameux qui tint les audiences des 2^ et 26 novembre 1878 à la Cour de l'Echiquier, à Londres. Un mot du peintre aurait dû suffire pour lui faire obtenir gain de cause. L'avocat de la partie adverse lui ayant demandé s'il était vrai, comme venait de le déclarer Burne-Jones, témoin cité par Ruskin, qu'un des Nocturnes n'exigeait qu'une heure de travail : « Une heure de travail et l'expérience de toute ssune vie! » repondit froidement Whistler... Quelques instants plus tard, parlant à son tour des tableaux de Burne-Jones, il ajoutait : ss Ils peuvent «être finis, mais ils ne sont certainement pas com- Nv mencés. »

Whistler reclamait 1000 livres sterling de dommages et intérêts : les douze jurés, bourgeois et boutiquiers, à la justice incompétente desquels il s'adressait, lui accordèrent i farthing, ce qui équivaut à notre liard ou à notre centime !...

De cette aventure, le peintre sort ruiné. Il essaie bien de se débattre quelque temps; mais tousses efforts sont vains. Il ne peut plus vendre une toile. Son nom seul suftit. à cette époque, à provoquer les railleries.

Il connait la gêne et bientôt la misèie. H habite alors, dans Tite-Street, une maison qu'il a décorée lui-même : il y a disposé, entre autres choses, une admirable collection de porcelaine bleue et blanche chinoise. En 1879, la belle collecfion s'en va. avec le reste : plaques du graveur, études du peintre, tout est vendu au profit îles cièanciers.

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Mnis il est dit que rien n'entamfi'a l'énergie de l'aitiste. Accablé par la mauvaise fortune, il entrepiend une nouvelle série de chefs-d'œuvre.

C'est à ce moment, en effet, qu'il s'en va giaver dans la ville des doges, pour le compte de la « Fine Art Society >\ les eau,x-fbrtes merveilleuses dont la suite prendra le nom de Vues de Venise.

L'exposition de ces gravures n'a pas été un des moindres attraits de la manifestation qui vient d'avoir lieu à Londres, en l'honneur de Whistler.

Le roi Edouard Vil avait bien \'oulu envoyer à la <\ New Galleiy >- touie la série des épreuves luiappaitenant. C'est là devant que j'ai fait connaissance avec Whistler graveur.

Celui-ci se distingue par les mêmes signes qui distinguent le peintre : la pointe aussi sûre et aussi légère, à la fois, que la brosse; la pointe, comme la brosse, ne fixant rL^n qui ne soit juste, vrai, caractéristique: une manière de graver aussi originale que la manière de peindre: et.

par-dessus tout cela, la plus exquise réseive jointe à la plus parfaite aisance.

Parmi les Vues de Venise, lesuucsjd petite l^ei/ise. la petite lagune, par exemple, sont faites de rien ; des petits traits légers et courts créant un ensemble dont la simplicité fait le singulier caractère : les autres, au contraire, se font remarque]' par une richesse de détails, par une puissance de gravure admirables : de ce nombre, les palais aux

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