‹ L'Art et les artistes (volume 2)Chapitre 29 sur 125 · LHERMITTE · texte numérisé non relu

LHERMITTE

pai'isicnilc. ;iii\iiii;c, sous la rubrique ■■ Paysages du I-raiicc ", des coins de nature C(K|ueUenK'iii aperçus a iraveis le friselis des leuilles. eonipiise des harmonies traies de loiis, de \ erdntes. d'eau x.\ silhnuelle nu peu d'iuinianiié a\ee le fîrouillenienl d'iui jour de marché: le \'illLii:c su/- la cnllinc esi une taraude page d e 1 i c i e use m e n i française, dont Taération, la ténuité' de couleurs, la légéi'eté d'atmosphère, la poésie, s'apparentent à notre .wiii'' siècle. I.hermilte n'ajoute rien aux qualités de ses passans habituels en mêlant à leur rusticité une figure laloie de (Ihrist; cette nulhologie ne Correspond plus à la pensée moderne. Maurice Denis, qui s'en tait une spécialité, après avoir trop copié les l^rimitils, ne noLis touche pas davantage: il lui manque de croire lui-même aux scènes qu'il reproduit: l'hiératisme volontairement naïf de ses personnages n'est qu'une i m pe ri ection.de va ut laquelle il est de bon ton de s'extasier: iiiiai;erie factice d'où la vie est

f'oyiri ;hl !'tnS hy I.lnniiitl CHF.Z LES HI'MBLES

exécute pour la salle du Théâtre-Français : dan

un tournoiement de soleil, c'est Apollon sur son absente.

cliar. et cela nous prépare à. la joie de voir, ter- La vie! Carrière en exprime toute l'intensité miné et en place, un chef-d'(euvre de plus du réelle avec simplement deux ligures, un fils accoté premier peintre de ce temps. au fauteuil de sa mère, les mains significative- Eugène Burnand a recommencé, malgré sa foi ment unies: de la tendresse, de l'atiection.

dévote et consciencieuse, une page de Muncaksv : ces têtes laborieusement étudiées sont fatigantes à passer en revue, ayant toutes la même valeur; aucun détail n'est esqui\e, tout a ime égale importance, sans émotion communicative. Muenier se contente de deux personnages, et svnihétise ce drame légendaire du retour de l'enfant prodigue; il ne le situe ni dans telle époque ni dans tel pavs. l'impression se concentre sur ce groupe de sanglots et de pardon, de repentir et de bonheur; il ne s'agit plus cette fois d'une anecdote, mais d'une grande scène pathétique, noblement rendue; des pavsages d'hiver, des vues de vieilles villes pittoresques, des maisons enneigées complètent son envoi. Ratlaelli. autrefois portraitiste des sites désolés de la banlieue

émanent du visage de bonté de cette xieille dame aux rouleaux blancs; c'est le soir heuieux de l'existence, la dernière strophe de ce poème si niei\eilleusement et tant de lois chanté par le nuutre. l'amour familial. Lebasque y a songé dans le Jiaiscr. élexant ainsi son art ensoleillé et vibrant de pavsagiste, concentrant dans un geste ses belles qualités jusqu'ici plus à l'aise dans les bords de rivière où lapent des las'euses, où travaillent des déchargeurs, dans les prairies herbues où des fillettes moissonnent des tieurs éclatantes. René Billotte, dont il faut regarder à la mairie de Courbevoie les vues décoratives, atlectionne la douceur des crépuscules, parmi les carrières il'Argenieuil ou bien au moulin de Sannois.

Henri Diihoni prcfcrL' l'aube indécise, v renconire le semeur, la cabane du berger que garde le chien: Marie Duheni peini la solitude CDiiiplèle. sous le soleil couchant ou sous la neige, avec une douceur de louche «-lue ne connaît pas Prins. dont le cabaret à Montmartre est pre-k'rable au Cîave de l'*au. Thaulow est toujours le très habile portraitiste des eaux torrentueuses, aussi limpides que sont noirâtres les jardins romanesques de Husiiiol; Alexandre Harrisson exagère la brutalité des nuages lourds au-dessus de la mer vive: Bernard Harrisson note habilement Saini- (ieorges Majeur à N'enise: Meixmoron a rapporté du parc de l.uxeuil mie pochade de haut régal.

Mi-;i.(;iii-.i<s

nuMi \ni;onm:

et des vues de Dienav. le pavs où villégiature .leanniot. (k-kii-ci, qui échappe, et il laui l'en féliciter, aux classifications commode^. altirme ses qualités de premier ordre aussi bien avec le paysage farouche de /'Oi/rtj^'tn; qu'avec les figures misérables de la Halte, les souvenirs pittoresques des Oiiled Naïls. ou son panneau de la Musique. la réalité contemporaine lemplaçant l'allégoiie désuète. Louis Picard a tait son propre portrait avec un de ces éclairages qui lui sont familiers, et a placé à coté une toile exquise, le Souper au biird de la mer. une lemnie en toilette de h, il se détachant sur la nuit piquée d'étoiles: il \ a dans ses luis une chasteté qu'ignore (jasion La Touche, témoin de passions violentes, les libertinages d'autrefois transmués par lui au temps de Rolla. les chairs déshabillées se tordant dans une buée dorée, oi^i s'endorment des parfums, où tiambent des lustres. Abel Truchet ne fréquente pas ce monde de luxe et de fête: il se cantonne sur la butte Montmartre, s'attarde au.x trivialités" grossières d'un café chantant, ou du comptoir d'un bar: il essaie inutilement de prolonger l'intérêt d'un pavs qui eut il y a vingt ans une vie réelle de poésie, et -de bohème charmante; le l'aree Domine de Willette nous évoque ces années de jeunesse, et la réapparition de cette peinture murale du L'/ki/ iVo/r prouve une fois de plus que le délicieux créateur de si pimpants, spirituels, délicats dessins, est le véi'ilable peintre décorateur de maintenant, et aurait di\ comme (Ihéiei être appelé ;l !'( )péra-(^)miqLie et ailleLirs, pour faire a la lin du xix' siècle ce quu les HoLicher et les Fiagonard ont fait à la rin dti xviii'': cette apothéose funéraire de Pierrot a sa place au Luxembourg maintenant, au Louvre plus tard; il faut espérer que M. Belin consentira à s'en séparer au profit des collections de l'Ktat. Tandis qiie la gloire justifiée de Willette, artiste probe, simple, modeste, se trouve tout à coup coiitirmée absolument et par une leLivre ancienne qui a subi victorieusement l'eprcLive du temps, il est des réputations qui semblaient solidement assises et dont les délailli lices surprennent.

De tous les genres, le portrait est cekii qui attire le plus l'attention du public, soit à cause de la personnalité demi on montre l'effigie, soit tout simplement il cause de la présentation même de l'eeuvre: il v en a beauct>up cette année. Casas a campé sur son cheval de même race que ceux vus )iar Vélasquez le roi d'r^spagne en costume de vovage; Sargent a fait de la duchesse de Sutherland une sorte de Junon aux lignes de noblesse, en robe verte décolletée: la (jandara, délaissant les chlorotiques au\ poniiiietles icin-

Page 1