PORTRAIT DE LA COMTESSE DE WALDEGRAVE, EN MADONE
in:iitrc nn<;l:iis, et le peinti'e gnicicux de la femme et de l'entant, le peintre exquis, un peu supeiiiciel, de la grâce blanche et rose des iadies aux robes légères et des babys aux yeux couleur de ciel ft aux cheveux d"or lin, se piosternait avec une ferveur passionnée devant les terribles peinluies de la chapelle Six'.ine et devant les tombeaux de la chapelle des Medicis.
Dans une de ses plus célèbres harangues académiques, dans la quinzième et dernière, apiès avoir résumé sesdoctrines d'art et lait, en quelque sorte, l'histoire de ses pensées, il s'étend, avec une superbe richesse d'expressions, sur le rôle éducateur de Michel-Ange. <% Pour recouvrer le grand style, s'écrie-t-il, cette langue morte qu'on pourrait appeler le langage des Dieux, il faut avoir continuellement sous les yeux les ouvrages de Michel-Ange, les plâtres de ses statues, les copies de ses dossiers, les estampes de ses peintures. »
Il va même jusqu'à recommander à ses élèves d'emprunter toutes leurs ligures à Michel-Ange en
les ad ipt.uil a la conception de leins table.iux. Et son discours liuil dcboidant de lyi'isme michelangelesque se termine par cette phrase vraiment surprenante dans la bouche du peintre de Mrs. 'William Hope. de Pénélope Boothbv, et de la nourrice de Cupidon : « Ce n'est pas sans orgueil que je pense que tous mes discours portent l'empreinte de mon admiration pour cet homme divin, et je fais des vœux pour que les dernières paroles que je prononcerai soient : Michel-Ange! Michel-.Ange! »
Avant de voir poser dans son atelier de Leicester-Square toutes les grandes dames et les célèbres actrices d'Angleterre : les duchesses de Devonshire, de Rutland, lady Spencer, si divinement belle sous son costume de chasse. Livinia vicomtesse .Althorp. la maïquise de Salisburv. Sarah Siddons en muse liagique. l'inoubliable Nelly OBrien... avant de pouvoir proclamei' qu'il avait peint deux générations de beautés, Reynolds avait très laborieusement visité la plupart des galeries de peintui'es d'Italie, étudiant avec une avidité inquiète les maîtres leuis manières el leurs procèdes, préoccupé, jusqu'à la lièvre, de devenir lui jour !e grand peintre de l'Angleterre, d'être le réel fondateui' de l'école de peinture de son pays, en résumant, dans une expression originale, et par un prodige d'habileté, le splendide coloiis des Vénitiens, le modelé lin el brillant de Van Dyck. le mystérieux et léger clairobscur de Rembrandt.
H oublia le dessin pénétrant et psychologique d'Holbein. Ht cela est regrettable, car un peu plus d'appaience de vie morale, sous la richesse épidermique de Ses personn.ages. n'eùl pas nui à l'éclat de son génie. 11 est bien entendu, ainsi qu'il ressort d'ailleurs de ses déclarations académiques, que Raphaël, le ritieii et le Tintoret n'absorbèrent pas toutes ses admirations et qu'il en garda une bonne part pour Michel-Ange.
Il faut loLilefois reconnaître que si rinlUience du peintie du Jiigciiicnl dernier se fait vivement sentir dans les exposés théoriques du maitre anglais, on n'en découvre nulle trace dans ses essais de peinture historique, religieuse et mythologique, où