‹ L'Art et les artistes (volume 2)Chapitre 72 sur 125 · MINERVE A LA CHOUETTE · texte numérisé non relu

MINERVE A LA CHOUETTE

Statuette bro'i^e.

mon si tristement au retour de sa mission. La photographie du jeune explorateur est là, entourée de crêpe. Une main pieuse a déposé des fleurs à l'entour.

Une salle, macabre, à coté du burt'et, est réservée aux fouilles d'Antinoé, auxquelles nous consacrerons un article spécial.

Hôtel des Ventes.

Situé au centre de la ville, n'ayant plus l'aspect sale, poussiéreux et sinistre d'antan, mais toujoursd'un spectacle aussi pittoresque qu'à l'époque où Henri Rochefort en sondait les mvstères, c'est un Salon permanent, non restreint à la seule peinture, mais halle qu'emplissent incessamment mille objets divers; on ne peut v entrer sans avoir l'espérance.

presque jamais déçue, d'y faire une trouvaille précieuse, le bon grain éparsà travers beaucoup d'ivraie.

En dehors des grandes ventes sensationnelles qui sont événements parisiens, dont les catalogues se rangent dans les bibliothèques, et qui motiveront ici même

des comptes rendus spéciaux, il v a chaque jour, çà et là, dans telle ou telle salle, des choses à regarder, de l'instruction à acquérir, des documents à connaître; une flânerie à l'Hôtel estpour nombre de Parisiens une habitude charmante, même s'ils n'achètent pas; on entre, on lit les affiches accrochées aux portes, on pénètre parmi la confusion des bibelots, et la curiosité excitée est satisfaite; à noter pendant un mois au fur et à mesure tout ce qui passe là sous le marteau des commissaires-priseurs forme un kaléidoscope intéressant.

Vingt-Lieux Monticelli. — Une éclatante chanson de couleurs vives, semblant d'autant plus fraîches qu'à l'entour somnolent des toiles vieillottes de Véron, de .Iules Noël; la palette de

LARAIRE DE

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TORTOSE — KORTINE ÉRIGEANT IN TRCIPHKE ET COURONNÉE l'AR LA VICTOIRE ieiix ï-'.v.ts fortant Jcs torches et debout sur Jcs f runes.

Diaz. des empâtements caillouteux comme une carte en relief des montagnes de la Suisse, des costumes moyenâgeux, des pourpoints et des soieries, des pages et des cavalcades, des princesses à traîne dans des parcs ombreux, des rouges et des bleus violents, une facture au couteau ainsi que l'emploie aujourd'hui Eugène Delestre, une audace outrancière, une vision élégante de poète, un art très à part, qu'on a méprisé, dont on a ri, et qui maintenant connaît les enchères, suscitant les regrets des amateurs trop tardifs, de ceux qui n'auraient pas osé acheter des Monticelli à Marseille ou à Paris, alors que son œuvre se dispersait à des prix dérisoires; la hausse paraissait improbable.

Les poi-traits du High-Life Taylor. — La

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L'ART l'T LKS AHTISTF.S

rcclame a ses vitrines. Le comnierçam. )M)iir attirer et retenir devant sa boutique la loule qui passe, invente de lui montrer, au hasard de Tactualité, les portraits des personnai;es en vedette : c'est de la caricature grand format et peinte à l'huile, des tableaux qui pourraient eiie des enseignes. La réunion de ces toiles est amusante à retrouver, comme il v a plaisir à feuilleter un album d'images, et c'est signé par Moloch, Sirai, Léandre, Sem. L'arrangement est allégorique, pimenté de détails drôles, d'une blague irrespectueuse, d'une verve très boulevardiére : Coppée en académicien ciievauche un pauvre vieux Pégase; Claretie, une cocarde tricolore à sa culotte, moud de la copie avec un orgue de Barbarie dont il tourne la manivelle; Alphonse XIH, long et maigre autant que son compatriote don Quichotte, est à califourchon sur un taureau: le Czar tient dans ses dents un coutelas d'où dégoutte du sang; Delcassé s'apprête à accompagner sur la petite Hùte le coq gaulois chantant le God save the Kiiig, lorsque l'ours russe lui tire le cordon de son lorgnon; feu Svveton a son fourneau d'Auvergnat d'où il débite des marrons; l'empereur d'Allemagne, debout sur un canon, fait un tableau d'une main, pince de la lyre de l'autre ; Arthur Mever est flanqué d'un cacatoès

étonnemment ressemblant; et voici Rouvier, le général André, monsieur Combes, Rostand l'amiral Bieiiaimé. Catulle Mendès, Pelletan Cleo de Mérode, Cassagnac, Drumont, Deschanel, (îaston Calmette, Coquelin, Sarah. etc., etc C'est évidemment un peu gros comme charge mais Gavroche qui s'amuse n'exige pas beaucoup de délicatesse; la caricature qui égratigne, qu ridiculise, fait toujours rire. Dans les iconogra phies, les portraits parfois les plus exacts sont ceux cravonnés par la satire.

Peintures, pastels et tiessins de Henri Boiitet. — L'inventeur de la petite femme au nez retroussé, aux cheveux noués d'un ruban, qui agrafe ou dégrafe son corset, et qui n'est pas discrète de ses dessous, se délasse de la gravure de l'atelier d'art par ces croquis croustillants qui ont fait sa réputation; c'est de la parisine en menus extraits.

Quelques Raphaëlli. — Pages retrouvées sur des cartons un jour de rangement, esquisses de tableaux, illustrations pour journaux, des notules utiles pour se rappeler les étapes d'une vie, de jolies acquisitions à faire pour qui se contente d'un simple échantillon d'un artiste.

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