‹ L'Art et les artistes (volume 2)Chapitre 75 sur 125 · PORTRAIT DE JEANNE SAMARY · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE JEANNE SAMARY

MM. l'rudhon .Iules Trut'tier Mnunet-Sullv .Iules Claretie administrateur tie la Comédie-Fr:inv.iisc Silvaiii ai; koyer (photographie faite le ii juillet igoSj

bilités) la tigure de Mlle Desbrosses, reste de provenance inconnue. Mlle Desbrosses : dernière du nom fut cette charmante comédienne qui, après avoir étc' longtemps aimée de Dazincourt, et lui ayant survécu, demanda à être enterrée avec le créateur du Mariage de Figaro, au cimetière Montmartre, où ils reposent ensemble.

Cette autre toile : Une Lecture au Comité de la Comédie-Française, est peinte par M. H. Laissement; on y reconnaît Alexandre Dumas fils lisant Francillon au Comité, le jeudi 4 novembre i88('). C'est sans doute à cause de la saison que nos camarades sont tous un peu sombres... à moins qu'ils pressentissent déjà qu'on supprimerait ce Comité de Lecture que M. Claretie, — nous en sommes persuadés, — fera rétablir quelque jour.

Ce beau mi-corps de Fleury, placé dans la pénombre d'un couloir, et crevé pendant l'incendie, a été restauré un peu à coups de pâte et de bitume. On \' lit cependant encore, sous la crasse qui noircit le papier blanc que tient le créateur des Deux Pages : Gérard « à son ami Fleury <• i~<l4. Notre ami Monval. avant la fâcheuse restauration du tableau, avait trouvé, dans un coin, les initiales A. R., et c'est ainsi qu'il le donne

comme une copie de Mme Romance dite Romani, dans son catalogue.

Le portrait du Rieur est d'auteur inconnu. Noté dans le catalogue de Monval sous cette rubrique : Sganarelle, il est l'image présumée d'Armand ou celle d'Augé. Armand joua, pendant quarante ans, les comiques; il fut célébré par Dorât :

Que i'aiiiiais snn adresse et sa naïveté! Sun œil étineelait du feu de la gaité....

Lekain l'appelait : " le modèle de tous les comédiens ". Armand, après les débuts d'Augé, en avril i7()3, dit. parait-il :

« J'ai fourni ma carrière; il faut que quelqu'un me remplace.... Je ne sais que celui-ci qui puisse me faire oublier!! » Au fond, Armand, comme nous tous, n'en devait pas croire un mot... et il devait rire à part lui, comme il rit sur cette toile....

Dans le couloir conduisant du foyer à la scène se trouve une verveuse improvisation deBoldini. Ce portrait exquis de Céline Montaland fut oHert par MM. Davray frères.

Dans le petit foyer, dit « des travestissements «, on remarque volontiers le sosie féminin de la

regrettée Ludwij;, dans l'imago prcsumce? de Mlle Dangeville qu'on suppose être représentée dans le rôle de Colette des Trois Cousines. Cette pièce de Dancourt eut un énorme succès, auquel participa beaucoup la populaire et protccsqiic Dangeville.

Ainsi que la plupart des actrices de l'époque, elle excellait dans le comique et dans le sérieux: elle chantait et dansait à ravir; en un mot, elle était de cette race d'acteurs qui savaient tout faire supérieurement, et qui dédaignaient cette spécialité moderne, consistant à jouer toujours le même rôle, quel que soit le personnage.

Ce pastel, attribué à Vigée père, fui donné, en 1845, par M. Hippolyte Prieur, tils.

Signalons aussi, dans l'un des couloirs de l'administration, le portrait de Rachel par Deveria. L'illustre Roxane semble un peu bien " grise " de peau, mais l'interprétation du peintre est assez curieuse et justifie la bonne pensée de notre administrateur M. Claretie, qui nous a otiert ce portrait il v a quelques années.

L'aquarelle enlevée de verve par Eugène Giraud, d'après feue Jouassin, dans le rôle de Bélise des Femmes savantes, a été choisie par moi dans l'un des deux souvenirs que nous offraient les avants droit de l'excellente duègne. Je n'hésitai pas entre cette ressemblante pochade et certaine grande diable de peinture toute sèche, au cadre somptueusement exagéré. M. Claretie et Monval approuvèrent ce choix, qui avait surpris les bra\es héritiers.

Dans le fover des acteurs, sur le panneau faisant face à l'Hôtel du Louvre, nos meilleurs morceaux » sont assez bien éclairés et suffisamment en valeur.

Entre autres, le magistral portrait de Régnier par Jules-Elie Delaunav. don du fils de notre vieux maître et ami.

Que de vives critiques souleva cette toile à son apparition!...

La main gauche, crispée, donna lieu à maintes plaisanteries, et plusieurs d'entre nous ne peuvent se faire encore à l'aspect tabellionesque du léger, petit, svelte et brillant comique.

C'est pourtant une superbe page qu'on ne se lasse point d'admirer.

Il en est de même pour le Baptiste aine peint par Drolling en 18(12. Les détails vestimentaires sont d'une liberté, d'une grâce infinies.

La copie de cet original faite par un de nos anciens habitués, feu Ravergie, est bien vague et peut reposer dans le cabinet de notre régisseur Morière.

Le portrait présumé: de Mlle .lolv. attribué à David, nous ravirait moins, dans sa mièvrerie

de convention. .\Ion\al a raison d'émettre un doute sérieux sur l'authenticité de cette toile, à nous léguée par le statuaire .l.-P. Dantan jeune. Ce portrait ne ligure pas sur la liste dressée par David, avec sa précision habituelle, des portraits qu'il exécuta. La figure est cependant fort gracieuse,et je dois signalerqu'elle recueille toujours beaucoup plus d'éloges de la part des visiteurs que plusieurs autres « exécutions >■ certainement plus dignes d'admiration.

Nous ne pouvions omettre cet autre portrait de Rachel, donné à la Comédie, en juin i838, par M. John Mitchell. directeur du Théàire-Erançais de Saint-James.

La toile est signée, à gauche, Edouard Dubufe ( i85o, London .

M. Armand Davot a tenu je le comprends' à donner une reproduction de la toile classique de Nicolas de Largillière, léguée par Mlle Duclos. elle-même, à son exécuteur testamentaire « le sieur Saintard •.

On reste un peu rêveur en songeant aux effets du snobisme de tous les temps et de la mode, qui permirent à l'un des prédécesseurs de Monval, feu Lemazurier,d'acquérircetrésor, en août i8i5, pour la somme de 80 francs! Le marchand connaisseur, qui le céda à ceprix, s'appelait Adam!... On l'eiit déclaré, de nos jours, le premierhomme de son espèce!

Sous cette toile, et faisant pendant à la lumineuse esquisse de Jeanne Samarv, par Carolus- Duran, sourit la douce image du :

. . yctit oisc\iu cjiii Duiique à lit i-olicif.

selon l'exquise expression de Jean Richepin.

Au cours des événements douloureux que subit la Comédie en i()oo,le Directeur actuel de l'Ecole Française à Rome voulut bien reconstituer, d'après quelques photographies et d'après ses souvenirs personnels, le joli visage estompé de la regrettée petite camarade, de la charmante comédienne, si pleine de promesses, Jane Henriot, qui, maintenant, sourit parmi les Heurs, grâce au marbre de Puech, au cimetière de Passy.

Nous clorons cette courte et fantaisiste nomenclature en signalant 1 c'est bien le moins que nous puissions faire!^ le buste connu du Maitre de la Maison.

Ce buste, signé Houdon fccit. anno i-j-;S\ est, en tant que document, aussi vague que le joli portrait placé dans le jardin d'hiver; le joli Molière qui fut successivement attribué à Sébastien Bourdon, à Noël Coypel, puis à Charles Covpel, né vingt et un ans après la mort de l'auteur du Misanthrope'.

Douceur de croire ! douceur de croire ! descends en nous!

Il V aurait certes, bien des choses à dire encore sur quantité de toiles anecdotiques.

Monval en a résume le plus nécessaire dans son beau Catalogue dont nous parlions en commençant cet article.

Qu'on daigne excuser les fautes de l'auteur, un peu honteux de prendre la parole après ses devanciers... mais il n'est jamais trop tard

.... pour parler encore d'Elle'....

j'entends, de cette idée d'un Mtiscc de l'Ail Dra- H2a?/^He, à laquelleva bientôt l'aire allusion M. Frédéric Loliée dans un i^rand ouvrage sur la Comédie-Française.

.hi.i:s Tuikkii;r.

Sociétaire de la Comcdie-Française.

I. Bien que l'upcralion phulographique n'eut pas donné des résultats assez satisfaisants pour nous permettre de faire t;raver tous les portraits mentionnés par M. Truftîer dans son article, nous avons cru devoir néanmoins maintenir l'intégralité du texte. Le lecteur ne s'en plaindra pas.

FRANCESCHI — croizi;tti- Buste en marbre.

Edouard Détaille, Peintre Décorateur

LE propre des vrais maiires — des maiires dignes de mémuire — n'est pas seulemeiii de produire des œuvres de perfection, c'est surtout de pouvoir se renouveler et de grandir toujours. Quel contemporain sent mieux qu'Edouard Detaille cette loi première de la variété, cette ascension nécessaire! et qui de nous n'a pu noter, au cours de ces récentes années, ce vouloir formel du grand artiste, de se transformer et de s'élever plus au delà! Voici qu'à l'heure présente, cette décision s'affirme sans retour, en une œuvre grandiose. D'un geste qui relègue au passé son chevalet et ses charmantes menues productions. Détaille ambitionne, pour sa glorieuse maturité, la conquête du mur : la grande décoration. Laisser une large trace d'homme dans l'Ecole Française et faire preuve d'un tempérament de force, sont les deux justes visées du maître.

Pourvu d'une science de dessin et d'une aisance de couleur qui jamais ne le trahissent, sur de sa langue picturale au même degré qu'un poète l'est de sa prosodie, le grand artiste pourra désormais s'adonner aux inspirations de haut vol. Et de quel éclat s'accompagne cette entrée dans la région supérieure! Cela s'appelle les Traphces et s'en va couvrir l'abside du Panthéon.

Pour les décrire, — vision tumultueuse! — il faudrait un Hugo... manieur du verbe des tempêtes.

En un galop penché, d'une audace d'allure saisissante, une trombe d'hommes se rue, agitant les étendards conquis et clamant des hourras frénétiques.

Qui sont ces cavaliers? Ceux de .Temmapes, des Pyramides, d'Austerlitz et d'Iéna: les beaux sabreurs de l'époque hért)ïque, l'âge où le pain quotidien des Français s'appelait la victoire.

Sur quel terrain leurs chevaux précipitent-ils les foulées dévorantes? Est-ce l'humus léger des provinces belgiques ou bien le sable d'Egypte ? est-ce le sol profond de Moravie ou la

plantui-e des champs de la Saxe? Non : vous voyez ces centaures en pleins nuages d'apothéose.

Vers quel point de la zone éthérée s'en va CCI élan de force? Tout là-haut, sommet extrême de l'Empyrée des guerriers, la Gloire les attend avec sa couronne de triomphe, et c'est elle qu'ils veulent atteindre, elle l'unique éperon de leur vaillance. Au-dessus de la spirale de ces fulgurants court une poussée des]fantassins fameux, ces « grenadiers épiques I) qui de Marengo, de Montenotte jusqu'à Montmirail, firent le tour d'Europe de leurs enjambées invincibles. Eux aussi brandissent une foret de drapeaux, et, déjà sur les cimes toutes proches de la déité porte-lauriers.

WmÉ

Cllc'Ki DjULtC.

KDOIARD DETAILLE DEVANT SA GRANDE TOILE DECORATIVE « LES TROPHÉES », DESTINÉE AU PANTHÉON

cNLilunt de viiisincr d'aussi prcs la 'rccoinpcnsc. l'our assurer l'cein re. d'une unité souveraine, et que l'œil ne s'attarde nulle part aux détails, mais qu'il suive, d'un regard entraîné, la double ligne de ces tiévreux héros. Détaille s'est donné de garde d'y mettre aucun portrait. Plus encore: toutes les tètes tournées à gauche, et participant de cette courbe emportée, échappent, pour ainsi dire, au spectateur. Outre que d'un tel calcul technique résulte la plus entière unité d'impression, il y va d'une sorte d'équité morale. Le dieu moderne de la Guerre, dont la redingote grise et le petit chapeau sont ici sous-entendus, enflamma, d'un éperdu courage, cette génération de valeureux : valeur anonyme, valeur de foule; chaque soldat devenant l'égal de crànerie de son voisin, chaque officier l'émule d'honneur de ses frères

KTIDE DE HISSARIJ POUR •' LKS TROPHEES »

D'ciffcs une esquisse originale Je Détaille.

de

ETIDE DE CAVALU'.RS POIR « LES 1 ROPHEES » D\ifrès une esquisse originale de Détaille.

d'armes. Au peintre incombait la s\-nthèse l'àme française d'alors.

Afin de fournir de lumière l'abside mal éclairée du Panthéon, force était à Détaille de colorer \ ivement -sa trombe de cavaliers. Grâce au jour d'une baie, la partie supérieure de l'œuvre a pu rester dans des tons de doucetir. et tel uniforme de grenadier est d'une discrète harmonie. .Mais il ne s'agit pas seulement d'illuminer l'abside... pour elle-même : c'est l'éditice entier qui doit s'en irradier; c'est du seuil du Panthéon, dès le portique d'entrée, que le visiteur va recevoir, en plein regard, cette projection de lignes et de couleurs.

Pour comprendre la puissante souplesse d'un artiste, ainsi capable de passer de ses mesures mignonnes de peintre de chevalet à pareil ouvrage, de dix mètres de hauteur, souvenons-nous de deux œ'uvres antérieures d'Edouard Détaille, dont la tâche vigoureuse lui fut une école sini;ulièrement

LART KT LliS A l< T 1 S 1 !■: S

piatiquc. cl qu'il semble n'avoir cnireprisc alors que par une sorte d'intuition de ses besoins de l'avenir : les panoramas de Rf-oiivlllc et de Clidiiipii;-!!]-, tous deux les fruits d'une eollaboralion avec Alphonse de Neuville, et qui vinrent rompre Détaille aux formats d'étendue. Outre que Mars-la-Tour, Rezimville et Gravelotte étaient sujets épiques. il faut a \' o i r \ i s i t é ces vastes champs de mort et surtout le ravin de Gravelotte, du haut duquel l'indéniable Ljénie de Bazaine pouvait escompter,

avec raison, un désastre allemand, si

le nombre n'eût, à

la fin, débordé les

meilleurs coura-

i;es; il faut avoir

parcouru cette nécropole géante des

entours de Metz

pour sentir 1 a

l; ra n d e p o é s i e

qu'est la guerre.

Du sommet de la

tour de Gravelotte,

au plus loin que les

regards s'étendent,

vi)us apercevez des

amoncellements de

tombes, des ressauts de terrain où

dorment les ossements de ceux qui

furent de blonds

Germains, de gais

Gaulois. C'est un

semis de monu-

KTLDt: DE Cl llîASSn-.R POUR « LES TROPHEES

D'après une esquisse uri^inale de Détaille.

rialiste enlise dans la plus déprimante lâcheté de cceui'. a-t-elle pu s'ouvi'ir les veines pour cette large mare de sang: C'est donc qu'il ne tant désc'péi'er de sa vertu loncière de sacrihce.

Détaille eut à ressLisciter ces morts et ces gigantesques combats. Outi'e ses mérites intrinsèques, son Rf;ouvillc aNuit celui de l'à-propos. il n'est pas une ville d'outi-e-Khin de quelque iniportance, qui ne possède un p a n o r a m a m i 1 itaire. et tous lelatifs à la campagne de France, celle campagne que les Allemands, par im vocable tout aussi Haiieur pour nous qu'il l'esl pour eux, dénomment : la grande guerre.

Les peintures récentes de Détaille pour l'Hôtel de Ville de Paris annonçaient mieux encore : l'Euràlcment des VoUtnlaii'es de i ' ij i' et la Réception par la Municipalité de Paris des tnuipes revenant de Pnliiiriie après la campagne de iSo(jiSo-j. D'aucuns critiques — et non des moins écoutés — admiraient Detaille à l'égal d'Horace Vernet, de Pils et de Mcissonier,

ments et de monticules, tantôt espacés, tantôt mais paraissaient se chagriner de son semblant

par groupes épais, selon que les phases de la lutte d'indifférence pour la loi des sacrifices et les ques-

l'ont voulu. Que si vous cheminez au travers de lions d'enveloppe et d'éclairage. Ses quahtes de

ces gisants des deux races, et revivez i l'histoire précision ne risquaient-elles pas, en outre, de s at-

militaire en main, ces jours de carnage, une tarder à de minutieux procès-verbaux, a des in-

impression de cauchemar vous étreindra d'abord, ventaires non exempts de sécheresse? La poésie

mais suivie bientôt d'une inattendue fierté. Com- de l'histoire, les grandeurs du drame hniraient

ment l'espèce humaine, que notre époque maté- par se glacer, sous une facture détaillante et trop

égale peui-éirc. Outre, qu'à se soustraire à la loi des larges partis pris, le péril était continuel d'annihiler l'effet, en l'éparpillant. Aussi, quelle joie ce fut, pour ces discrets donneurs de conseils, de voir, dans la Réception surtout, un mode tout nouveau de largeur et de fermeté de style. L'ingéniosité de la présentation, le choix des épisodes s'y montraient, à l'ordinaire, d'un bonheur extrême, mais ils n'étaient plus les éléments exclusifs du succès pictural. Le maître faisait preuve soudain d'atmosphère harmonisante et baignante, d'une belle animation des ciels, d'une ambiance générale : ce pouvoir de fusionner les êtres et les choses et de pénétrer, d'une force égale, l'àme et les yeux du spectateur. A la prose du conteur militaire, dont le babil se plait aux zigzags des détails, succédait le chant, de souffle profond, d'un poète du panache.

A \ ouloir découvrii'. parmi les ainésd'Ldouard Détaille, l'exemple de juinires se vivifiant au moven d'ceuvres de dimensions inaccoutumées, de même que les panoramistes, nous rencontrerions le modèle le plus piquant : Isabev le miniaturiste. Artiste des infiniment petits, il désira se risquer au contraste des infiniment grands et peignit... des décors de théâtre pour Napoléon! L'heureuse suite en fut le mélange de sa facture, à la fois large et menue.

Que n'espérer de cette haute ambition de Detaille! Elle saura conférer à tout mur que touchera le beau créateur l'éloquence imposante de la pierre. Lapides clamabitnt, les pierres crieront. Elles clameront, sous sa brosse d'une énergie toujours entraînante, les grands actes, les vertus, les dates illustres des annales 'françaises.

M'- Henry de Chenneviéres.

Conservateur au Musée du Louvre.

KTIDE DE CHEVAL POUR « LES TROPHEES » D'après une esquisse originale de Détaille.

^^^^feS»^^

*iC'WS

■-âx.,:»';-f.'rÙK/

màû

p;çi

î'À'^i^.îS

■<'mi

WyMA

LiiRT 8t LES ARTISTES

BellerocÀe.litti

r^'^ELi.E CLIFlON

LithoRi-aphLi onûinale uncdiie

Le Mausolée d'un Empereur

lAND le soleil a fui derrière les hautes mon- timent de crainte, quel respect on éprouve à tagnes et que s'est tue la symphonie tumul- les coudover de si près!

tueuse des ors et des rouges, la ville d'Innsbruck devient silencieuse. Au loin les horizons s'accentuent; chacune djs lignes et des formes, chacun des plans qui composent le paysage environnant, s'accusent et se précisent. Alors il s'élève de la terre une douceur indétinissable, mystérieuse comm sentiment d'un éternel repos. Tout contribue à rendre cet heure mélancolique. La brise devient si légère que les feuillages reçoivent ses baisers sans frémir, et les oiseaux se taisent. L'homme que je devine là-bas, à micôte, en marche vers sa demeure, chante, mais sa voix et sa mélodie rendent plus poignante encore l'agonie du jour.

C'està ce moment qu'il faut visiter le tombeau de Maximilien L' si l'on veut éprouverune réelle émotion, car la lumière est plus douce à l'intérieur de la Hofkirche :

il semble que les dalles se soient imprégnées du parfum humide des champs.... On entre dans ce sanctuaire et, sans transition, surgit au milieu de la nef le cénotaphe de Maximilien l" entre ses deux rangées de statues. Oh! ces statues de bronze, immobiles sur leurs socles bas, posées à même une marche de pierre! Quel sen-

Page 1